
Résumé :Les Costwolds n’ont jamais été aussi enchanteurs !
Aux yeux de tous, Imogen est un génie du marketing. Seulement, si son image de professionnelle accomplie est réelle, les histoires d'enfance heureuse qu'elle raconte sont aussi fausses que son prétendu enthousiasme pour Noël. Travailler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 a toujours été sa solution pour survivre aux fêtes de fin d'année, jusqu'à ce que l'épuisement professionnel la conduise à commettre une erreur catastrophique. Et voilà Imogen obligée d’accepter un congé. C'est alors que Dorothy, sa cliente préférée, l'invite à séjourner dans sa maison d'hôtes dans les Cotswolds. Du toit de chaume à la cheminée confortable, le cottage est un havre de paix parfait... à moins que la neige, un golden retriever remuant et un séduisant vétérinaire ne viennent faire voler en éclats toutes les règles et les attentes d’Imogen !
Mon avis :C’est une lecture qui m’a été recommandée par La Malle aux livres, et il ne m’en fallait pas beaucoup pour me laisser tenter. J’aime énormément cette autrice, sa manière de parler des émotions, des petits touts et des grands riens. Je l’avais un peu perdue de vue depuis ses fabuleux Un Noël romantique en Laponie et Les vœux secrets des sœurs McBride, qui parlaient déjà de rapports intrafamiliaux, de secrets et de non-dits qui abîment et fracturent pour longtemps.Ici je ne m’attendais pas du tout à l’histoire qui m’a été proposée !
La première partie du roman reprend les codes d’une romance de Noël assez classique. On suit Imogen, qui déteste les fêtes de fin d’année, au bord du burn-out, poussée vers un congé forcé après ce qui ressemble à une erreur professionnelle. Une décision prise par une directrice qui l’apprécie et respecte son travail, ce qui rend la situation encore plus lourde. Très vite, on sent le poids de son passé familial et une solitude bien installée. Tout semble nous mener vers une mise au vert dans les Cotswolds, dans la maison d’hôtes de Dorothy, sa cliente préférée, avec le décor parfait du cottage paisible, un golden retriever envahissant et un vétérinaire séduisant en arrière-plan…
Et pourtant l’autrice prend un virage que je n’attendais pas du tout ! Le retournement de situation m’a profondément bouleversée. Les rapports familiaux sont quelque chose de très précieux pour moi et j’ai eu le sentiment qu’on avait volé une part de la vie de l’héroïne. À partir de là, le roman devient une histoire de reconstruction, faite de petits pas. Rien n’est précipité, mais rien n’est artificiellement étiré non plus. Les personnages sont volontaires, proactifs dans leur volonté d’aller mieux, de reconstruire, de panser leurs blessures.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la place donnée à une communication saine, à des décisions difficiles, mais nécessaires. Le roman parle sans détour de la coupure familiale quand elle est indispensable, sans idéaliser la famille à tout prix. Dans ce type de romance, les sacrifices sont souvent édulcorés. Ici ils sont douloureux, mais justes. L’autrice fait le choix de décisions saines pour ses personnages et c’est presque doux dans la manière dont c’est raconté.
Imogen est une héroïne qui s’est construite en se fondant dans la masse, en multipliant petits et grands mensonges anodins. Quand ces mensonges se retournent contre elle, ils la tourmentent profondément. J’ai trouvé ça très sain qu’elle en parle, qu’elle ne cherche pas à les camoufler davantage et qu’elle décide à un moment donné de balayer cette façon d’être pour se rapprocher de ce qu’elle est vraiment. C’est une héroïne de grande qualité, très intelligente, dotée d’une intelligence émotionnelle impressionnante. Elle est joviale, vulnérable, fragile parfois, mais avec un rapport au monde profondément sain.
Une lecture qui touche juste et qui fait beaucoup de bien.
Au plaisir.

