
En deux mots
Jade est une adolescente qui survit au deuil de son frère grâce à L’Attrape-cœurs de Salinger. Elle noircit des carnets, collectionne les mots, ment comme Holden Caulfield. Alors d’autres voix se succèdent pour raconter sa véritable histoire. À moins que… Un roman gigogne sur le mensonge, l’adolescence et le pouvoir salvateur de la littérature.
Ma note
★★★★ (j’ai adoré)
Ma chronique
« La vérité ment »
Gilles Paris signe un roman qui fait exploser les frontières entre vérité et mensonge. En suivant Jade et ses tourments d’adolescente, il rend aussi un hommage vibrant à J.D. Salinger et à la force de la littérature. Malicieux, prenant, brillant !
« À une lettre près, j’aurais pu m’appeler Jane, et non Jade. Comme Jane Gallagher, ma rivale dans L’Attrape-cœurs, même si Holden n’en fait rien, ne l’appelle pas non plus, parce qu’il n’est pas assez en forme, ou qu’il craint de tomber sur sa mère. Amoureuse d’un personnage de roman, vous trouvez ça impensable? J’en ai pris conscience à quatorze ans, alors que j’avais déjà lu ce livre plus d’une dizaine de fois. »
Aujourd’hui Jade Delaunay a seize ans et une mèche blanche inexplicable, comme son héros de papier. Depuis la mort de Liam, son petit frère emporté par la leucémie à onze ans, sa famille s’est disloquée. Son père Thomas, libraire, s’est mis à peindre compulsivement dans l’ancienne chambre de son fils. Sa mère, enseignante en disponibilité, erre dans l’appartement, rongée par le chagrin.
Quant à Jade, elle a trouvé refuge dans L’Attrape-cœurs. Elle jure comme Holden, brûle des allumettes jusqu’à ne plus pouvoir les tenir, collectionne « les mots adultes » dans ses carnets. « Pedigree. Indocile. Entrailles. Convertie. Vocation. » Des friandises qu’elle garde longtemps en bouche. Elle écrit des romans qui n’ont pas de fin, correspond secrètement avec sa tante Rose en Australie, vagabonde dans le quartier avec Noé, son meilleur ami.
Le lecteur s’attache immédiatement à cette adolescente blessée, férue de littérature, qui déteste les filles « idiotes » du lycée et respire moins qu’elle ne ment. Car Jade ment, constamment, fidèle au principe d’Holden : « Quand on a commencé pas moyen de s’arrêter pile. »
Puis tout bascule. Rose, la tante, prend la parole dans une seconde partie. La version de Jade vole en éclats. Une toute autre réalité se fait jour. Mais Rose sera elle-même contredite par Rubis, puis par Lilou et enfin par Archie. Qui dit vrai ? Qui ment ? Gilles Paris orchestre magistralement ce jeu de miroirs, cette polyphonie où chaque voix apporte sa vérité.
Le mensonge n’est pas ici une simple ficelle narrative. C’est le cœur battant du roman, un rappel à la vigilance dans un monde saturé de fake news. Mais c’est aussi, plus intimement, une interrogation sur nos propres arrangements avec la réalité. Nos mensonges à nous-mêmes. Nos reconstructions mémorielles. Nos fictions nécessaires.
Surtout lors de cette adolescence qui irrigue chaque page. Cet âge terrible où le corps trahit, où « nous passons du drame au rire avec une facilité déconcertante », où l’on se sent incompris. Jade développe une insuffisance respiratoire qui l’oblige à porter un masque à oxygène. Métaphore puissante d’une jeunesse qui étouffe, qui cherche son souffle, son identité, sa place.
L’auteur excelle à saisir cette fragilité adolescente, cette « dyspnée aiguë » qui n’est pas seulement physique. Il capte les codes, le langage, les obsessions. La fascination pour un livre-totem. Les carnets qu’on noircit compulsivement. Le premier amour qui se dessine. L’envie de ressembler aux autres tout en cultivant sa différence.
Car Jade collectionne tout ce qui touche à Salinger. Elle a consigné dans ses carnets « toute référence au roman de J. D. Salinger, cinéma, télévision, livre, bande dessinée ». Elle s’est parfumée avec le Guerlain L’Attrape-cœurs. Elle a repéré l’exemplaire sur la table de chevet du prince William dans The Crown. Cette obsession devient refuge, armure, identité.
Le style de Gilles Paris est limpide, incisif. Des phrases courtes qui claquent. Des images fortes qui marquent. Il a le don de l’observation juste, du détail qui fait mouche. Son écriture épouse les tourments de Jade, puis change de tonalité avec chaque nouveau narrateur. Une prouesse technique au service de l’émotion.
Car L’attrape-mots est un livre bien plus personnel qu’il n’y paraît. Entre les lignes, on y retrouve les épisodes marquants de sa vie, déjà explorés dans ses précédents livres, mais aussi la confirmation de ce que le titre suggère : toute sa vie, il aura été un attrape-mots. Pour en faire son miel. Pour les mettre au service des autres. Pour montrer que les livres peuvent sauver. « Sans mon héros de papier, je ne crois pas que j’aurais trouvé la force de me battre », confie Jade. Cette phrase résume l’ambition du roman : dire le pouvoir consolateur, réparateur, vital de la littérature.
Ce roman court est d’une richesse folle. Il nous incite à lire et relire. À ne pas nous fier aveuglément à ce qu’on nous raconte. À porter davantage d’attention à nos proches. À être acteurs de nos vies plutôt que spectateurs. À noircir des pages, même sans fin.
Ce roman gigogne est un bonheur de lecture. Pour son audace narrative. Pour sa tendresse envers les adolescents blessés. Pour sa conviction que les mots peuvent tout. Qu’ils soignent, qu’ils mentent, qu’ils construisent, qu’ils sauvent. Que la littérature n’est pas un luxe mais une nécessité pour continuer à vivre.
L’attrape-mots
Gilles Paris
Éditions Héloïse d’Ormesson
Roman
160 p., 18 €
EAN 9782487819269
Paru le 22/01/2026
Où ?
Le roman est situé en France, à Paris.
Quand ?
L’action se déroule de nos jours.
Ce qu’en dit l’éditeur
Jade, adolescente rebelle, est amoureuse de Holden, le protagoniste de L’Attrape-cœurs. Grâce à lui, elle échappe à la tragique réalité de sa vie. Mais qui est-elle vraiment : une enfant blessée, une affabulatrice ?
Plongée dans la fragilité de l’adolescence, L’Attrape-mots est un roman tendre, avec S.D. Salinger en guest star.
Le roman s’ouvre sur l’histoire de Jade, adolescente fascinée par Holden, le personnage mythique de S. D. Salinger dans L’Attrape-cœurs. Jade lit et écrit, mais uniquement des débuts de romans qu’elle n’achève jamais. Son quotidien est rythmé par son insuffisance respiratoire, la disparition de son petit frère victime d’une leucémie et la dépression de sa mère. Heureusement, elle a son meilleur ami, Noé, qui l’entraîne à travers la ville et la fait danser sous la pluie. Jade note les « mots adultes » dans un carnet et se les répète pour les apprivoiser. La littérature lui permet de s’échapper, au point d’en oublier qui elle est ?
L’histoire d’un amour fictif, à travers un roman doux et sensible sur l’adolescence et la quête de soi. Avec un ton poétique tout en délicatesse, Gilles Paris nous entraine dans un tourbillon d’émotions, et une série de récits emboités comme des poupées russes, allant du faux au vrai, du mensonge à l’apprentissage de soi.
Les critiques
Actualitté (Nicolas Gary)
Les premières pages du livre
« Jade
Nous ne sommes pas des anges.
Le personnage d’Holden Caulfield est né dans la tête de l’écrivain J. D.Salinger. Deux années après le succès de son unique roman – L’Attrape-cœurs paru en 1951 –, l’auteur s’enfuit de New York pour une petite ville verdoyante du New Hampshire. La célébrité, non merci. Son livre a fait polémique aux États-Unis et en France, en raison du langage familier et des thèmes qu’il aborde. Prostitution. Décrochage scolaire. Obsession pour la sexualité. C’est mal connaître les adolescents du monde entier. Nous ne sommes pas des anges. Depuis que j’ai lu L’Attrape-cœurs, je dis souvent «bordel», ou «sacré bonDieu», que j’ajoute à mes propres jurons, Va au diable! ou Fichtre ciel! J’ai de bonnes raisons d’être insultante envers la vie. Comme Holden avec Allie, j’ai un petit frère mort de leucémie à onze ans. Plus rien n’a été pareil au départ de Liam. Personne ne s’en est remis, ni mon père, encore moins ma mère. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à développer des symptômes d’insuffisance respiratoire. Je me suis demandé ce que j’avais fait au bon Dieu d’Holden pour en arriver là. Même si je m’applique à ne jamais m’en plaindre. Sans mon héros de papier, je ne crois pas que j’aurais trouvé la force de me battre.
Ce goût excessif de la littérature.
C’est à mon père que je dois ce goût excessif de la littérature. Pour l’instant, vous n’en saurez pas plus sur mon pedigree, m’identifiant plutôt à un petit animal indocile et surtout trompeur. Un drongo, par exemple, ce passereau chanteur qui vit dans le désert du Kalahari, capable d’imiter le cri d’alarme d’une cinquantaine d’oiseaux afin de les duper. Mais à dire vrai, ce ne sont pas nos parents qui nous définissent. Je ne crois pas qu’ils apprécieraient, en outre, que je parle d’eux d’une manière si personnelle. Mon héros aussi le précise à la septième ligne, dès le premier chapitre de L’Attrape-cœurs. Nos pensées se rejoignent au-delà des liens de sang. Dans ce livre, aucune description précise d’Holden Caulfield. On sait sa maigreur. Sa taille, un mètre quatre-vingt-six. Ses cheveux coiffés en brosse. Sa voix, grave. Sa mèche blanche inexplicable au-dessus de sa tempe droite, identique à la mienne. Je lui donne plusieurs visages, selon mes humeurs, comme on fait défiler, d’un doigt, les photos sur son portable. La plupart du temps, je l’imagine roux, pareil à ses frères D.B. et Allie, ou Phoebé, sa petite sœur. Le torse lisse, les yeux sombres, ouverts sur le monde. Le genre de visage que j’aimerais saisir entre mes mains pour me rassurer, car mon cœur bat trop vite, semblable au sien, mais pas pour les mêmes raisons. Nous, les adolescents, passons du drame au rire avec une facilité déconcertante. À la limite de l’inexplicable.
Je jure, ou je brûle des allumettes.
Jade, mon prénom, relève de l’univers minéral, dont l’origine espagnole signifie entrailles. J’ai l’âge d’Holden Caulfield. Des cheveux blonds que la lumière enfarine, tout comme ceux de mon petit frère. Cette mèche blanche, c’est ma différence. Pareil qu’un tatouage. Je n’aime pas les filles en général, je les trouve idiotes. Je refuse de m’afficher en leur compagnie. Je me suis battue avec Chloé qui s’était moquée de la maigreur de Liam. Le lycée m’a exclue une semaine. Ses parents n’ayant pas porté plainte, j’ai pu retourner au bahut. Les filles m’évitent depuis. Je lis la peur dans leurs yeux de biches craintives. Personne ne devrait rire d’un enfant malade. Quand il m’arrive d’être nerveuse ou en colère, je parodie mon héros. Je jure, ou je brûle des allumettes, jusqu’à ce je ne puisse plus les tenir. Puis je les laisse tomber dans le cendrier, j’ouvre également le robinet d’eau froide dans la salle de bains et je regarde le flot couler, longtemps, avant de tout refermer, puis je recommence. Ça me calme. Je ne suis pas amoureuse de ce personnage uniquement parce que je peux lui donner n’importe quel visage. Le fait qu’on ait seize ans tous les deux m’apporte bien plus que toutes ces chipies sans cervelle.
Les mots adultes dans mes carnets.
Sachez que je collectionne les mots adultes dans mes carnets. J’aime les prononcer avant de m’en servir. Un peu comme une friandise que je garderais longtemps en bouche, afin d’en savourer le goût. Un attrape-mots. Pedigree. Indocile. Entrailles. Convertie. Vocation. Hobby. Atrophiées. Leucocytes. Mimétisme. Littéralement. Opioïdes. Hypoxémie. Ne vous étonnez pas de les retrouver dans ce roman en italique, sachant que je n’irai pas jusqu’à la dernière page. Phoebé, la petite sœur Caulfield, n’a pas achevé un seul de ses livres. Ce qui ne l’a jamais empêchée d’en commencer d’autres.
Un nombre étourdissant de globules blancs.
Je n’ai jamais pensé que Liam puisse être responsable de ma maladie, mon petit frère emporté par un nombre étourdissant de globules blancs. Ma mère en est persuadée. Personne ne la fera changer d’avis. Rien ne s’assemble, ni ne s’éclaire dans la vie. En tout cas, pas dans la mienne. Mon père s’est mis brusquement à peindre, dans l’ancienne chambre de son fils convertie en atelier. Ce n’est pas son métier. Ni une vocation. Il n’avait jamais dessiné avant, ni suivi aucun cours. Ma mère dit que c’est un hobby, un mot anglais qui ressemble à un juron. Juste sa façon à lui de se cacher, comme les autruches dans le désert. Je déteste sa peinture. Le pinceau barbouille un Liam méconnaissable. Son visage est recouvert de petites bulles qui font davantage penser à de mini-tartelettes à la crème qu’à des leucocytes. Ses mains sont atrophiées. Son petit corps flotte, aspiré dans l’espace et ses milliers d’étoiles. Maman pense que ça lui passera. Moi non. Les toiles s’accumulent dans cette pièce sans lit où, Liam et moi, sautions à pieds joints. Si fortement, au point d’en défoncer le sommier.
J’ai perdu connaissance au milieu d’une phrase.
C’est arrivé, c’est tout. Je ne vois pas comment parler autrement de ma maladie. Je fumais des cigarettes, pas autant qu’Holden, ni par mimétisme vis-à-vis de lui. En fait, je clopais pour ressembler aux filles du lycée, sans jamais avaler la fumée. J’imaginais que les garçons s’intéresseraient à moi. Je recrachais tout, la tête en arrière, visant le ciel. J’ai commencé par m’essouffler lorsque je montais les escaliers. Un sifflement à l’expiration, pas celui d’un merle. Un son rauque surgi des boyaux de la Terre. J’étais constamment en nage, baignant littéralement dans mes tee-shirts. Mon pouls s’accélérait comme si je venais d’achever un 100 mètres de compétition. J’ai voulu épargner ma mère, après la disparition de Liam. Mais quand je me suis décidée à lui en parler, j’ai perdu connaissance au milieu d’une phrase.
Je ne tiens pas à savoir à quoi je ressemble.
Je me suis réveillée à l’hôpital, mes parents assis de chaque côté du lit, mon visage déformé sous un masque, front et menton maintenus par une sangle. Le docteur Bertin, dans sa blouse blanche lumineuse, s’est présenté face à moi, debout, un dossier à la main. Il m’a dit que je souffrais d’une dyspnée aiguë, que le respirateur auquel j’étais reliée m’insufflait l’oxygène nécessaire. D’autres examens s’imposaient avant que je puisse rentrer chez moi. J’ignore pourquoi, mais j’ai aussitôt imaginé qu’il s’agissait du père d’Holden Caulfield, dont on sait peu de choses dans le roman, sinon qu’il est susceptible et conseiller juridique. Les médecins ont cet air sérieux qui pourrait renvoyer à cette profession. Je ne crois pas un instant Holden quand il décrit le métier de son père ainsi: «ramasser du flouze et jouer au golf et au bridge et acheter des bagnoles et boire des martinis et être un personnage». Je ne suis pas seule à amplifier le trait. Et puis ce docteur est roux de partout, des cheveux, de la barbe, des sourcils, de ses mains tachetées de piqûres de soleil. Je l’ai d’emblée surnommé Grayson car, dans L’Attrape-cœurs, le daron d’Holden n’a pas de prénom. J’ai dit oui de la tête, convaincue que je ne pourrais pas m’exprimer autrement à l’abri de cette réalité déformée par le prisme d’un kaléidoscope. Le professeur a précisé que la ventilation non invasive ne pouvait pas faire de mal à mon organisme. Je ne tiens pas à savoir à quoi je ressemble. J’hésite entre l’alien et un cosmonaute lâché dans l’espace. »
Extraits
« À une lettre près, j’aurais pu m’appeler Jane, et non Jade. Comme Jane Gallagher, ma rivale dans L’Attrape-cœurs, même si Holden n’en fait rien, ne l’appelle pas non plus, parce qu’il n’est pas assez en forme, ou qu’il craint de tomber sur sa mère. Amoureuse d’un personnage de roman, vous trouvez ça impensable? J’en ai pris conscience à quatorze ans, alors que j’avais déjà lu ce livre plus d’une dizaine de fois. J’ai menti à mon entourage, suivant le principe d’Holden. « Quand on a commencé pas moyen de s’arrêter pile. » Il ajoute qu’il est « le plus fieffé menteur que vous ayez jamais rencontré ». On voit bien qu’il ne me connaît pas. En fait, je respire moins que je mens. Pas question d’être ridiculisée au bahut, ou à la maison. Je dis que c’est mon préféré, d’un ton désinvolte, puis j’évoque Boris Vian ou n’importe quel écrivain que j’ai lu pour ne pas m’y attarder. Mr Thurmer, le directeur du collège de Pencey Prep, ainsi que Mr Spencer, son professeur d’histoire, répètent à Holden que « la vie est un jeu, mais on doit le jouer selon les règles ». Je doute, fidèle à mon héros de papier, de vouloir suivre ce genre de prescription. » p. 20
« Sur la table de chevet du prince William.
J’ai consigné dans mes carnets toute référence au roman de J. D. Salinger, cinéma, télévision, livre, bande dessinée, dessin animé, théâtre, musique. J’ai écouté des centaines de chansons, regardé chaque film sur mon iPad, n’hésitant pas à mettre sur pause pour saisir l’instant d’un clic. J’ai même respiré ce parfum de Guerlain au titre éponyme, à la senteur de pêche et de rose. Un flacon doré, imprégné d’abeilles, dont je me parfume le soir, tandis que je regarde une série, ou que mes pensées musardent. Je ne vais pas vous énumérer tout ça, un dictionnaire ne suffirait pas. Mais sachez que dans The Crown, saison 6, on aperçoit un exemplaire de Salinger sur la table de chevet du prince William, à l’université de Saint-Andrews. Le groupe anglais London Cowboys a chanté Catcher in the Rye en 1982. Dans Shining, le film terrifiant de Stanley Kubrick, Wendy, l’épouse de l’écrivain Jack Torrance, apparaît dans le film en train de lire mon Holden. Cali se demande dans sa ballade, Il y a une question, « où vont les canards quand il fait trop froid ». Spandau Ballet cite également The Catcher in the Rye dans The Code of Love. Dans le film Sublimes créatures, que j’ai vu des centaines de fois, Ethan Wate suspend des couvertures de livres à une carte, dont celle de L’Attrape-cœurs. Indochine a écrit en 1990, Des fleurs pour Salinger. Dans le film Complots, avec Mel Gibson et Julia Roberts, des personnages manipulés collectent des exemplaires du roman. Un DVD raconte le voyage de Frédéric Beigbeder aux USA, à la recherche de J. D. Salinger qu’il n’a pas pu rencontrer. L’écrivain est mort deux ans plus tard. Et dans un livre paru en 2014, l’écrivain français raconte la brève et intense histoire entre J. D. Salinger et Oona O’Neill, avant que la vie les sépare. Comme il me tarde de vivre pareille aventure. J’ai découvert que le parfum sentait en outre la cannelle, l’iris, la violette, la tubéreuse et le jasmin. Il m’a fallu du temps pour identifier ces nuances. J’y ai aussi reconnu la mousse de chêne, le bois de santal et l’ambre. J’ai fait pareillement avec mes cahiers, noircissant des pages où chaque mot me rappelle mon héros de papier. Er cet senteur dépasse de loin le plus inventif des nez. » p. 65-66
À propos de l’auteur
Gilles Paris © Photo Didier Gaillard-Hohlweg
Gilles Paris est l’auteur de neuf romans, dont Autobiographie d’une Courgette, adapté en film d’animation, qui remporte, entre autres, deux César, Au pays des kangourous, distingué par six prix littéraires et L’Été des lucioles (Héloïse d’Ormesson, 2014). Il travaille dans l’édition depuis quarante ans et dirige une agence de presse. (Source : Éditions Héloïse d’Ormesson)
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