

Éditions Albin Michel, 2021 (338 pages)
Ma note : 15/20
Quatrième de couverture …
À peine installée à Carsely, Jill Davent, une psychologue aux airs prétentieux, attire déjà l’antipathie. Non seulement elle flirte avec James, l’ex-mari d’Agatha, mais en plus elle fouine dans le passé de l’enquêtrice : la petite peste a même engagé un détective privé pour lever le voile sur ses origines… jugées populaires ! Excédée, Agatha la menace aux yeux de tous. Pas de chance, deux jours plus tard, Jill est retrouvée étranglée, et la première suspecte est toute désignée. Mais lorsque c’est au tour du privé d’être retrouvé froid comme le marbre, il ne reste plus qu’une solution à notre détective : mettre la main sur le vrai coupable avant que lui-même ne se charge de la faire partir les pieds devant !
La première phrase
« Après la grisaille d’un hiver triste, le printemps était arrivé dans le village de Carsely, niché au cœur des Cotswolds, apportant l’éclosion des fleurs, le ciel bleu et la douceur de la brise. »
Mon avis …
Agatha Raisin n’apprécie guère que l’on évoque ses origines modestes et son enfance malheureuse. Alors quand Jill Davent le lui rappelle, la voici qui voit rouge. Jusqu’à menacer de mort cette thérapeute tout récemment installée à Carsely. Lorsque le corps sans vie de la psychologue est retrouvé peu de temps après, la coupable est donc toute désignée. Or Jill était loin de faire l’unanimité. En parfaite langue de vipère, elle se servait des petits secrets des uns et des autres… Ses diplômes quant à eux relevaient de la pure fiction. Lorsque le détective privé, engagé par la victime afin de creuser le passé de notre héroïne, trouve également la mort, le doute n’est plus permis : tout porte à croire qu’un tueur en série s’est installé à Carsely !
Secrets sur canapé signe mes retrouvailles avec notre détective quinqua qui n’a (toujours) pas la langue dans sa poche. Alors que je m’ennuie ferme depuis Voici venir la mariée, le tome 26 de la série sort enfin un peu du lot. J’en suis la première ravie, et cela tombe à pic tant j’avais été déçue des deux dernières intrigues (Gare aux empoisonneuses et Au théâtre ce soir).
M. C. Beaton continue de nous proposer quelques surprises au niveau des personnages secondaires. Nous découvrons ainsi une Mrs Bloxby transformée et délurée, ou encore une nouvelle aventure amoureuse pour Simon qui s’entiche d’une policière.
J’apprécie plus que tout l’univers de cette série cosy, et donc réconfortante à souhait. Les protagonistes finissent toujours par me manquer lorsque je laisse filer trop de temps entre deux enquêtes. Je commence à réellement apprécier sir Charles qui se fait moins antipathique malgré ses passages en coups de vent dans la vie de notre héroïne. Et j’aime plus que tout voyager dans les villages anglais, me faufilant dans les couloirs de ces charmants cottages au toit de chaume ou sirotant un café en compagnie d’Aggie et de ses chats. Même si je ferais une piètre détective, j’apprécie également mener l’enquête. Et s’il m’arrive parfois de deviner rapidement l’identité du coupable dans cette série de romans, l’autrice aura cette fois-ci réussi à totalement me mener en bateau.
Le coupable est cette fois-ci un tueur en série. Tapi dans l’ombre, il observe et traque notre pauvre Agatha jusqu’à parvenir à l’enterrer vivante (!) ou à la suivre sur son lieu de vacances. Dés le démarrage, les meurtres s’enchaînent. Il suffit même parfois d’une simple plante, puisque notre meurtrier utilise la toxicité de l’aconit pour parvenir à ses fins. Quoique rocambolesque, le final est quant à lui glaçant et réussi.
Le point fort de ce récit reste donc pour moi, si je mets de côté son atmosphère cosy que j’aime beaucoup, tout le côté enquête policière. Le profil inquiétant du tueur ainsi que les attaques répétées contre notre détective font qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde. D’autant plus qu’Agatha a le chic pour se mettre en danger : collectionnant une fois de plus les rendez-vous amoureux, la voici qui partage ouvertement des éléments de l’enquête avec ses potentielles conquêtes ! Si elle se montre bien inconsciente, elle peut au moins remercier James et Charles qui veillent discrètement en coulisses.
Malgré quelques facilités au niveau de l’intrigue (car Agatha réussit toujours à s’en sortir grâce à l’arrivée inopinée de la police ou d’un ami au moment crucial), j’ai plutôt passé un bon moment en compagnie de ce récit. Aggie se montre toujours autant cœur d’artichaut, et cela en devient pénible à la longue, mais le tout aura cette fois-ci réussi à me tenir en haleine. Pour la première fois, on découvre également une Agatha éprouvée par cette chasse au coupable. Elle n’aura jamais été autant traquée, attaquée. Jusqu’à ce voyage à Venise qui vient clôturer le roman. M. C. Beaton semble en tout cas poser quelques jalons avant d’enchaîner sur la suite : Les pissenlits par la racine (que je compte lire au printemps).
Extraits …
« À cet instant même, Charles, qui avait fait un saut chez Agatha sans la trouver, frappait à la porte de James. Il lui demanda s’il savait où elle était passée. James se lança dans une diatribe sur le manque de moralité d’Agatha, qu’il conclut par ses mots :
“Je ne la crois pas une seconde quand elle me dit que ce n’est pas un rendez-vous galant et qu’elle n’y va que pour les besoins de son enquête.
– Je pourrais essayer de vérifier, dit Charles. Il habite où, ce Davent ?” »

