Madame Bovary, ma mère et moi

En deux mots

Salwa grandit dans le Nord de la France, fille d’immigrés marocains. Sa mère s’agite dans une cuisine-prison de neuf mètres carrés. Son père travaille dans les mines. À quinze ans, elle découvre Madame Bovary et devient son double littéraire. Entre les silences familiaux et les amours éphémères, entre le Maroc de sa mère et la France de ses études, Salwa cherche sa place. Le salut passera par les livres et la compréhension, tardive, de cette femme qui l’a mise au monde.

Ma note

★★★ (bien aimé)

Ma chronique

« Ce goût pulsionnel pour une autre vie que la sienne. »

Dans ce roman autobiographique, Samira El Ayachi explore les chemins de l’exil, de la transmission et de la liberté à travers trois parcours, le sien, celui de sa mère immigrée et celui d’Emma Bovary.

Il n’y a sans doute pas de meilleure manière de résumer ce roman que d’en décomposer le titre. Si on ne comprend qu’au fil de la lecture l’importance que revêt Madame Bovary, on appréhende dès les premières lignes le rôle essentiel joué par la mère de l’autrice dans la construction de sa personnalité. En retraçant son parcours, elle va aussi se révéler. Mais reprenons la chronologie des événements.

Le père quitte son Maroc natal pour travailler dans le bassin houiller du Nord. Au bénéfice du regroupement familial, il fait venir sa femme en France. Pour elle, ces retrouvailles sont plus un traumatisme qu’une fête. Elle se retrouve dans une région froide, en étant illettrée et sans références. Alors, elle s’occupe de son foyer, de ses filles. Elle s’agite « à préparer des repas pleins d’huile et de couleurs. À tourner en rond dans sa cuisine – prison de neuf mètres carrés comme dans son royaume en Reine-Mère. » Il faudra du temps à Salwa pour comprendre pourquoi, pour la comprendre.

Car Salwa n’a qu’un rêve : s’émanciper de sa famille, gagner sa liberté. Un salut qui passe par les études et par la littérature. Par Madame Bovary que sa prof lui fait lire à quinze ans. Toute la classe râle face à cette lecture obligatoire. Trop long, trop de pages, du français « trop bien » qui sonne comme du vieux langage. Mais Salwa est conquise.

« Emma, elle me troublait. On n’aurait pas voulu être copines avec elle, pas vraiment. Elle était trop excessive, trop capricieuse, trop mal à l’aise dans sa propre vie. Mais en même temps, entre filles, on s’y retrouvait un peu. (…) Emma paraissait à la fois ridicule et immense. On riait d’elle, mais on la suivait quand même. On aurait voulu la repousser, mais elle nous happait. Et ce trouble, je crois que c’est ça qui est resté. Ce goût pulsionnel pour une autre vie que la sienne. » On ne dévoilera pas l’épisode du baccalauréat qui aurait dû dégoûter l’étudiante de Flaubert, mais qui au bout du compte ne fait que faire croître son attachement. Salwa s’identifie à cette femme malheureuse qui veut s’inventer une nouvelle vie et qui veut croire que l’amour la sauvera. Comme Emma, elle cherche une issue. Comme sa mère, elle est prisonnière, mais d’autres chaînes invisibles. Entre des « instants amoureux qui ne sont plus que des collages », elle éprouve le besoin de respirer.

Samira El Ayachi réussit un double geste : dire la douleur de l’exil et célébrer la richesse des racines. Elle évoque « ces femmes comme ma mère, qui souffrent d’un syndrome d’effacement. Effacement d’elles-mêmes, de leur récit, de leur corps. Elles sont partout et invisibles à la fois. » Elle interroge la santé mentale de ces mères arrivées en France dans les années 80, déracinées, silencieuses. Elle montre comment le regroupement familial a pu être, pour certaines, une seconde déportation.

Mais le livre n’est pas qu’un récit de souffrance. C’est aussi une ode à la littérature comme espace de liberté. « J’ai oublié que le Livre est sexy. Que lire c’est un moment de désir. J’en ai fait une activité intellectuelle. J’ai oublié que lire est une activité physique. Prendre par la main l’objet, toucher le papier, tourner les pages, déchiffrer, transformer les lettres en sons, puis en sens, j’ai oublié que lire, en quelque sorte, c’est faire l’amour au papier, à mes idées arrêtées, c’est avoir une relation intime avec des personnages que je ne connais pas. Je ne lis plus, car j’ai peur de l’intimité. Cette intimité, pourtant, que je vais chercher comme une furie dehors, je peux la toucher, en vrai, à chaque instant, on ne le dit pas assez, lire c’est baiser. »

Le roman n’adopte pas une chronologie linéaire. Il se construit par fragments, allant d’une histoire à l’autre, d’une temporalité à l’autre, par variations qui dessinent un kaléidoscope d’impressions et de sensations. On passe de l’enfance aux rituels de maquillage au khôl, des amours adultes aux réflexions sur Flaubert. Cette construction fragmentée épouse le mouvement même de la mémoire et du désir, en phrases brèves ou longues, rythmes syncopés, répétitions incantatoires — autant de gestes qui restituent la pulsation intérieure. À l’image de la danse dans laquelle Salwa plonge avec envie, tournoie pendant des heures. Les mots dansent eux aussi, portés par une urgence, une nécessité de dire avant que tout ne disparaisse.

Entre tendresse et incompréhension, entre amour et révolte, Samira El Ayachi explore ce nœud où se mêlent transmission, héritage culturel et émancipation : « C’est pas compliqué les relations mère-fille. C’est juste qu’entre nous, il y a des millénaires de violence, de luttes, contre un chewing-gum collant, le patriarcat. » Pour sortir de cette spirale infernale, elle construit une sororité au-delà du temps et des générations. Trois femmes — Emma, la mère, Salwa — qui finissent par se trouver, se comprendre, dans une complicité qui dépasse la réalité. Un chant d’amour aux livres, aux mères, aux filles qui cherchent leur place.

Madame Bovary, ma mère et moi

Samira El Ayachi

Éditions de l’Aube

Roman

265 p., 19,90 €

EAN 9782815971133

Paru le 09/01/2026

Où ?

Le roman est situé au Maroc, à Agadir et environs, Ouarzazate, Zagora et la vallée du Drâa, ainsi qu’en France, à Paris et dans le Nord, à Lille, Lens, Wazemmes, Boulogne-sur-Mer.

Quand ?

L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Quand le médecin demande : « Avez-vous des antécédents familiaux ? », Salwa reste muette. Elle réalise qu’elle ne sait presque rien. Ni sur les maladies des femmes de sa lignée, ni sur leur histoire. Rien de ce qui a pu se transmettre à son propre corps. Pourtant résonnent en elle des douleurs sans nom, une envie folle de vivre, le silence d’une mère… et l’écho d’Emma Bovary.

De ce silence naît une quête. Entre une mère et sa fille se déploient les secrets, les exils, les tensions, les non-dits, et un chemin pour se rencontrer enfin.

Samira El Ayachi explore avec finesse un angle mort de notre histoire collective : la santé mentale des femmes arrivées en France avec le « regroupement familial », au tournant des années 80.

Un roman de filiation et d’émancipation.

Les critiques

Babelio

Mondafrique (Patricia Bechard)

Les premières pages du livre

« 1

On n’en a jamais parlé. Mais je crois que je n’étais pas prévue au programme. Juste avant moi, un enfant est né, avec lequel il y a neuf mois de différence. Je suis sûrement l’enfant d’un retour de couches. L’enfant qui arrive par surprise. L’enfant qui s’est accroché pendant que la maman priait pour que je m’en aille loin dans les couloirs d’avant la création. L’enfant de trop. Est-ce pour cela que j’ai toujours l’impression de déranger. Est-ce pour cela que je m’excuse souvent. Est-ce pour cela qu’on ne sait pas se regarder dans les yeux.

Je la regarde s’agiter souvent, dans la cuisine, à préparer des repas pleins d’huile et de couleurs. À tourner en rond dans sa cuisine – prison de neuf mètres carrés comme dans son royaume en Reine-Mère. Nous sommes le peuple affamé et nous arrivons la bouche pleine de bave chaude. On veut. On veut des frites, du ketchup, de la sauce mayo. Son plat traditionnel aux citrons confits finit sur un coin de la table. Abandonné.

Nous allons à l’école, nous revenons tu es là. Nous allons au collège, nous rentrons tu es là. Nous allons à la bibliothèque, au cinéma, à la piscine, nous rentrons tu es là.

Nous avons 7 ou 8 ans. Maman nous attrape dans sa chambre. Elle ouvre des tiroirs fermés à clé, et nous voilà là, émerveillées. Elle déploie des tas de boîtes, défait des sachets plastiques, l’air est étrange, pour nous ça pue, mais pour elle, ça sent son monde. Elle tend un petit miroir. Et patiemment, ouvre des tubes. Elle saisit un petit bout de bois qu’elle porte à sa bouche, y dépose sa salive, puis plonge ce bâton dans un récipient marqué Doliprane, et le retire tout noir. Elle attrape mon visage, me force à ouvrir l’œil, colle le bâton sur ma paupière inférieure, je sens comme des cailloux pénétrer sous ma peau, je pleure, je pleure, ma mère rit, maintient ma tête, recommence de l’autre côté. Elle juge son œuvre, fière d’elle. Je me regarde dans le miroir, j’ai l’œil au beurre noir, j’ai de la terre dans l’œil, du charbon dans les yeux, cette pâte noire, qui était autour de son œil, est maintenant dans le mien. J’ai eu mon baptême de jeune fille, un trait de khôl dans l’eau de mon regard. Maman observe son chef-d’œuvre. Je suis grande maintenant, je suis belle. Et enfin, quand mes yeux, rouges et brûlants, commencent à se calmer un peu, j’ai droit aux tubes de rouge à lèvres de toutes les couleurs. Une des petites sœurs arrive et subit le même sort que moi, à son

2

Elle s’est mariée à 16 ans dans son village natal avec mon père. Mon père raconte qu’on lui a donné cette femme-là. Qu’il n’a rien choisi du tout. À l’époque c’était comme ça. Il a eu son paquet contre une dot à vingt balles, son paquet c’est sa femme, sa femme c’est ma mère, vos enfants, c’est nous, nous + sa femme, c’est sa famille, c’est pour ça qu’ils sont là et nous aussi, c’est la famille, on est restés comme ça tous ensemble, restons groupir, c’est comme ça et puis c’est tout.« Toi alors, t’as le choix, et t’es toute seule à 37 ans, pas d’enfant. Ça sert à quoi tout ça. »

Nous allons au lycée, à l’université, en boîte de nuit, nous ne rentrons pas, ou alors nous rentrons, parfois oui parfois non. Tu es là.

Je te regarde de haut. Tu me regardes de travers. Ton mari rentre, ton mari s’en va, ton mari à toi s’occupe de tout pour toi, tu as des enfants, des petits-enfants, tu n’as pas d’argent à toi, tu ne manques de rien. J’ai mon indépendance, j’ai ma voiture, j’ai ma carte bleue, je suis libre d’aller où je veux, je suis sans entraves, je suis seule.

Qui a tort, qui a raison ?

Ces petites cases innocentes qu’on coche racontent la violence d’être née femme dans un monde taillé pour les hommes.

À la fin, chacune de nous est définie par son statut marital.

Tout prendre. Se voir. Juste pour un cinéma. Juste pour un café. Juste pour un demi-baiser. Tout prendre. Se vivre. Même si c’est au quart du tiers. Juste un brin de caresse. Même les yeux fermés. Se donner rendez-vous. N’importe où. Là où les amants peuvent. À l’arrière d’une bagnole. Les cœurs et les corps collés. Se prendre. Dans une cage d’escalier. Surprendre. Sortir. Même si ce n’est pas l’été. Même si dehors ça neige des cafards. Tout prendre. S’écrire. Même si c’est avec un doigt malade. Même si c’est un bout de phrase orpheline. Même si ce ne sont que des ratures. Des débuts de rien déjà avortés. Tout prendre. Marcher. Dehors. Même sous la pluie noire. Même le cœur crevé. Tout prendre. Tout avaler. Lire. Même si ce n’est qu’un demi-vers. Une demie-page d’un roman raté. Garder les sens ouverts. L’aurore ne viendra pas. L’aurore c’est ce qui se lève entre mes jambes. Bonjour l’amour sans contrat.Il m’aime jusqu’à la mort.

Il s’en va.

Je suis allée marcher avec ma voisine d’il y a longtemps. On s’est raconté nos histoires. Je lui dis que je ne comprends pas ces codes d’aujourd’hui où un garçon avec qui tu partages un temps d’intimité ne prend pas de nouvelles, pas la peine, d’envoyer un message, rapide et gratuit en plus. L’intimité est désormais discontinue. Tu passes d’un espace de désir, à un espace de silence, puis à nouveau à un espace de désir, avant l’oubli, le nexting, le suivant. Une vie sous forme de cuts. Les instants amoureux ne sont plus que des collages et le centre de ma vie se déplace sans cesse.tour, nous sommes des petites poupées ; je suis maquillée de travers. Elle appelle la grande sœur, réclame l’appareil Kodak jetable, et nous avons droit à une photo. »

Extraits

« Le livre est un débordement, qui contient, que je peux contenir. Le livre a des contours rassurants, et même si ça déborde, s’il déborde dans ma vie, il reste silencieux, il ne viendra pas prendre toute la place comme tous les hommes que j’ai aimés, Il est une bonne compagnie, il a de la conversation, de l’humour. Il est interactif. Qu’est-ce qui fait que je ne lis plus ? J’ai oublié que le Livre est sexy. Que lire c’est un moment de désir. J’en ai fait une activité intellectuelle. J’ai oublié que lire est une activité physique. Prendre par la main l’objet, toucher le papier, tourner les pages, déchiffrer, transformer les lettres en sons, puis en sens, j’ai oublié que lire, en quelque sorte, c’est faire l’amour au papier, à mes idées arrêtées, c’est avoir une relation intime avec des personnages que je ne connais pas. Je ne lis plus, car j’ai peur de l’intimité. Cette intimité, pourtant, que je vais chercher comme une furie dehors, je peux la toucher, en vrai, à chaque instant, on ne le dit pas assez, lire c’est baiser. » p. 18-19

« « Qu’est-ce qu’elle a, Salwa ? »

Salwa, elle a rien. Elle a juste envie de hurler à la mort à la face de Dieu, elle a juste envie de leur dire qu’elle se sent à l’étroit dans leur existence misérable, faite d’entraves invisibles et de mains qui vous attrapent par les cheveux, et vous amènent vers l’arrière, serrés comme des sardines dans une maison de deux pièces alors qu’on est huit, emprisonnés dans des baraques en brique toutes pareilles. L’horizon fatigué ne lève même pas le bout de son nez pour nous dire bonjour, réveillez-vous, je suis là. La gueule grise de toute la cité et ces gens qui sourient pour un rien, puis qui en une seconde se plaignent de leur dos, de leurs factures, de leurs enfants, jamais contents. L’espérance a foutu le camp. Salwa en a juste marre, elle a tout raté, elle va finir comme elle, à tourner dans 9 mètres carrés, elle en a marre, elle voudrait lui dire de toutes ses forces, à sa maman. » p. 49

« J’avais 15 ans quand on nous a imposé Madame Bovary. Lecture obligatoire. Toute la classe râlait : trop long, trop de pages, du français « trop bien » qui sonnait comme du vieux langage. Moi, ça m’amusait de les entendre gémir.

Emma, elle me troublait. On n’aurait pas voulu être copines avec elle, pas vraiment. Elle était trop excessive, trop capricieuse, trop mal à l’aise dans sa propre vie. Mais en même temps, entre filles, on s’y retrouvait un peu. Il y avait quelque chose de familier dans son ennui, dans ses rêves qui débordaient.

Ce qui me fascinait surtout, c’étaient les scènes amoureuses. J’aimais les lire en silence, comme si c’étaient des passages secrets dans le livre, des morceaux de cinéma cachés que personne d’autre ne pouvait visiter. Elles ouvraient une porte vers un autre monde, un monde qui restait inaccessible, mais que Flaubert, avec ses phrases d’une grande maîtrise, rendait si réaliste, si sublimement réaliste : rendre beau le réel.

C’était bizarre : à 15 ans, Emma paraissait à la fois ridicule et immense. On riait d’elle, mais on la suivait quand même. On aurait voulu la repousser, mais elle nous happait.

Et ce trouble, je crois que c’est ça qui est resté. Ce goût pulsionnel pour une autre vie que la sienne. » p. 103

« Je pense à ces femmes comme ma mère, qui souffrent d’un syndrome d’effacement. Effacement d’elles-mêmes, de leur récit, de leur corps. Elles sont partout et invisibles à la fois. » p. 207

« C’est pas compliqué les relations mère-fille.

C’est juste qu’entre nous, il y a des millénaires de violence, de luttes, contre un chewing-gum collant, le patriarcat. Déguisé en amoureux transi. Une bulle puante, qu’on se refile comme une patate chaude.

Auquel s’ajoute un biais, plein de bave et de sang dont on ne sait se départir : notre passé colonial. » p. 236

À propos de l’autrice

Samira El Ayachi © Photo DR

Samira El Ayachi est une romancière française qui se consacre entièrement à l’écriture depuis 2009. Lauréate à 16 ans du Prix Littéraire Louis Germain, elle signe à 27 ans son premier roman La Vie rêvée de Mademoiselle S. (Sarbacane). Ancienne étudiante en Hypokhâgne-Khâgne, elle mêle littérature et spectacle vivant à travers des textes pour la scène. En 2013, elle publie Quarante jours après ma mort (éd. de l’Aube), puis Les femmes sont occupées en 2019, roman engagé sur la condition féminine contemporaine. (Source : Éditions de l’Aube)

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