

En deux mots
Une fille unique face à une mère atteinte d’Alzheimer. Un père absent, effacé de toute conversation. Trois évocations brèves en quarante ans. Puis la révélation : il est mort, mais n’avait jamais vraiment disparu. La fille décide alors de remonter le temps, de reconstituer l’histoire de ce couple silencieux, dans une Algérie en pleine décolonisation.
Ma note
★★★ (bien aimé)
Ma chronique
Quand les parents disparaissent
Dans son premier roman, Cathy Karsenty raconte sa vie de fille unique, aux côtés de sa mère qui l’a élevée seule. Elle essaie d’esquisser son histoire, celle de ce père qu’elle n’a pas vraiment connu et celle de cette mère qu’elle est en train de perdre.
« Je suis fille unique de parent unique. Ma mère était la maîtresse d’un homme marié qui avait laissé femme et enfants en France pour venir travailler en Algérie, dans l’administration. C’est là qu’ils se sont connus. Lui avait une double vie et ma mère une demi-vie, du moins l’ai-je pensé. Après leur retour en France, elle est tombée enceinte et a décidé de garder l’enfant plutôt que le père. Elle m’a élevée seule, je ne lui connais pas d’amoureux, nous étions juste toutes les deux, parfois avec un chien, fox-terrier, bichon, cairn terrier (Oscar, Nina, Lola). Nous n’étions pas complices, secrètes de mère en fille. J’ai quitté la maison dès que j’ai pu, avec son aide. » Voilà comment Cathy Karsenty pose le décor. Dès les premières lignes, tout est dit. Ou presque.
Car maintenant, la mère s’éloigne. La maladie d’Alzheimer l’emporte peu à peu. La fille doit prendre soin de celle qui l’a élevée, sans trop savoir comment. Les rôles s’inversent. « Personne pour m’aider à appréhender cette maladie. Personne pour me dire comment me comporter avec cette nouvelle mère qui a oublié qu’elle avait une fille. Personne pour remplir les dossiers, rassembler les pièces complémentaires, fabriquer des fichiers PDF par dizaines, passer devant la juge, refaire les dossiers car il manquera toujours un papier, jamais le même. (…) Pas d’accompagnement all inclusive, mais ce serait le rêve, quelqu’un qui prendrait en charge tous les choix pénibles — Quelle maison de retraite ? Quelle aide sociale ? Peut-on tricher dans les dossiers à la colonne « ressources financières » ? — pendant que je me consacrerais entièrement à elle, à lui apporter des photos souvenirs, son parfum, ses livres, pour la rassurer, grappiller ce qu’il reste de son esprit, échanger encore quelques miettes. Personne pour me prévenir que je ne serai plus la fille de ma mère, mais un jour sa sœur, un autre sa nièce. »
C’est le moment délicat de dire au revoir, définitivement. Le jour où Claudine quitte son appartement en pyjama, valise en main, elle ne sait pas qu’elle n’y reviendra plus.
Leur relation a toujours été distante. Deux décennies de déjeuners, d’anniversaires, de coups de fil routiniers. Une vie à deux dans laquelle le père n’existe pas. Ou si peu. Trois fois seulement, la mère évoque cet homme effacé. À 17 ans, quand une amie mentionne Pau où il réside. À 25 ans, lorsqu’elle raconte leur rupture. À 37 ans, quand elle apprend sa mort. Mais aussi qu’il continuait à téléphoner, à demander des nouvelles de sa fille.
Le choc est brutal. Comment cet homme dont on n’a jamais parlé pouvait-il s’intéresser à elle ? Pourquoi ce silence ?
Alors commence une quête. Retrouver tout à la fois l’histoire de ce père effacé et de cette mère silencieuse, raconter aussi l’Algérie française et les troubles liés à la décolonisation, l’aspiration à davantage de liberté qui va déboucher sur mai 68, les mœurs d’une époque où une femme seule avec un enfant devait se faire discrète.
Mais plus la fille creuse, plus elle s’éloigne de sa mère. Elle constate combien tout aurait pu être différent si seulement on lui avait parlé. Les non-dits ont creusé un fossé. « Comme si tout ce qu’elle ne disait pas me plaquait au sol et m’empêchait d’avancer. »
À l’heure du bilan, c’est un constat d’échec qui s’impose. « On est sans doute passées à côté l’une de l’autre, à se blâmer mutuellement de nos silences respectifs. » La relation entre la mère et la fille n’aura jamais vraiment existé. Trop de silence, trop d’absence. La narratrice avoue être « restée bloquée dans une adolescence butée et maladroite », attendant que sa mère cesse de faire obstacle.
Le style de Cathy Karsenty est simple, direct. Mais chargé de pudeur. Pas de pathos, pas de grands effets. Juste des mots justes pour dire l’essentiel. Une écriture qui va droit au cœur sans jamais chercher à embellir une relation délicate. Elle dit l’administratif kafkaïen, les coups de fil aux banques, les dossiers incomplets. Elle dit aussi la culpabilité : « Le jour où elle a quitté son appartement en pyjama, valise en main, elle ne savait pas qu’elle n’y reviendrait plus. Cette idée est brutale, je me raccroche à la pensée fragile que je n’avais pas le choix. Je l’ai trahie, néanmoins. » Une phrase qui résume tout.
Voilà un premier roman qui s’approche au plus près des sentiments. Il nous offre le portrait d’une fille unique face à une mère distante, dans une tentative désespérée de comprendre ce qui s’est vraiment passé. Ce faisant, il s’inscrit dans une tendance amorcée durant la rentrée littéraire de septembre. Cette envie ou ce besoin pour les enfants d’évoquer la figure maternelle. Comme Amélie Nothomb avec Tant mieux, comme Raphaël Enthoven avec L’Albatros, comme Justine Levy avec Une drôle de peine, comme Catherine Millet avec Simone Émonet ou encore comme Régis Jauffret avec Maman. Un roman sobre et bouleversant qui interroge les silences familiaux et la difficulté d’aimer quand les mots manquent.
La fille de ma mère
Cathy Karsenty
Éditions du Seuil
Premier roman
192 p., 19 €
EAN 9782021602944
Paru le 2/01/2026
Où ?
Le roman est situé principalement à Paris et Alger. On y évoque aussi Pau et le Sud-Ouest et notamment Dax et Toulouse la région parisienne avec Montrouge, Fontenay-aux-Roses et des vacances à Montalivet sur la Côte atlantique et dans une ferme près de Jumièges ainsi qu’à Étretat.
Quand ?
L’action se déroule des années 1960 à nos jours.
Ce qu’en dit l’éditeur
« Dans l’album, les photos de Claudine la montrent joyeuse, faisant la fête avec ses amies, déguisée d’un uniforme de soldat bien trop grand pour elle, en maillot sur la plage entourée de beaux garçons, sur une route au soleil avec de grosses lunettes noires, se photographiant dans un miroir, joueuse. Une femme affranchie, tel est le portrait que je lui ai composé. Évidemment, quand on ne sait rien on invente n’importe quoi. »
Fille unique d’une femme qui a décidé de garder l’enfant plutôt que le père, Cathy Karsenty recompose le drôle de duo qu’elle a formé avec sa mère, au moment où celle-ci perd la mémoire. Un premier roman désarmant de justesse et de grâce.
Les critiques
Les premières pages du livre
« Je pense à écrire un livre sur ma mère. Je prends des notes, j’en parle un peu autour de moi. L’Algérie, l’histoire clandestine avec un homme marié, mon père, puis Alzheimer, Rothschild. Oui mais ce sera drôle, je précise
Je suis fille unique de parent unique. Ma mère était la maîtresse d’un homme marié qui avait laissé femme et enfants en France pour venir travailler en Algérie, dans l’administration. C’est là qu’ils se sont connus. Lui avait une double vie et ma mère une demi-vie, du moins l’ai-je pensé. Après leur retour en France, elle est tombée enceinte et a décidé de garder l’enfant plutôt que le père. Elle m’a élevée seule, je ne lui connais pas d’amoureux, nous étions juste toutes les deux, parfois avec un chien, fox-terrier, bichon, cairn terrier (Oscar, Nina, Lola). Nous n’étions pas complices, secrètes de mère en fille. Jai quitté la maison dès que j’ai pu, avec son aide. D’ailleurs elle m’a toujours aidée financièrement, levant les yeux au ciel devant mon inconséquence. Je peux tenir une liste de tout ce qu’elle n’a pas été à mes yeux, mais elle a toujours été là. Apparemment c’est à moi d’être là pour elle, Pourquoi je n’y arrive pas ?
2
Elle a commencé à perdre la tête un peu après le confinement. Elle était restée seule, avec BFM en boucle, sans trop comprendre ce qui arrivait. Elle sortait quand même faire ses courses, elle n’avait pas peur Les petits jeunes du Carrefour Market lui portaient ses paquets contre un billet. Moi j’étais à la campagne dans le Var, avec Julien et sa famille. Quand je lui rends visite à nouveau, elle semble un peu vacillante mais à peine plus angoissée que d’habitude, c’est-à-dire très.
Quelques semaines plus tard, lors d’un déjeuner, elle me parle de ces personnes qui vivent avec elle. Un homme et ses enfants, dont une grande fille brune qui lui vole ses shampoings et son thé. Elle les connaît de longue date, ça remonte à l’Algérie. Elle ne les aime pas trop, surtout la grande, qu’elle trouve sans gêne. J’ai l’impression qu’elle parle de moi. Il y a un chien aussi, tout petit, quatre centimètres environ. C’est un porte-clé publicitaire, offert par Amnesty International. Elle s’y est attachée, lui parle et le nourrit. Il est posé sur la table devant une soucoupe et pique du nez dans la mixture de lait et de biscuits écrasés qu’elle lui prépare. Je n’ose pas lui dire que ce n’est pas un vrai chien. Je lui déconseille de lui donner du sucre. En rangeant sa chambre, je tombe sur des photos de sa sœur qu’elle a grossièrement maquillées et découpées. Le résultat est glaçant. Désormais elle vit entre la cuisine et sa chambre, de peur de croiser les intrus, et planque tout dans son lit. Sac à main, gel douche, Télérama, Doliprane, crêpes, L’été suivant, elle tombe et se casse une côte, seule chez elle. Elle ne m’en parle qu’après trois jours. Nous voilà aux urgences d’Antony, en plein mois d’août. Pour une côte fêlée, rien à faire sauf attendre et souffrir. Question de fierté, elle ne veut pas de mon aide et je n’insiste pas. Je n’insiste jamais d’ailleurs
Je prends rendez-vous pour un bilan à la Clinique du Château, service gériatrie. Je loue une voiture, je viens la chercher à l’aube. Elle se laisse faire, elle est contente que je m’occupe d’elle. Et puis cette ronde de médecins dédiés à ses maux l’enchante assez
– Comment il s’appelle déjà le docteur ?
– Messida.
– Ah. Comme le messie ?
-Voilà.
– Bon, on va l’attendre.
Quelques heures plus tard, elle a vu passer un généraliste, un kiné, une psy, une ergothérapeute et un cardiologue. Elle peut vivre jusqu’à cent ans, mais la tête ne suivra pas, elle est trop angoissée, me dit le médecin-messie.
Elle repart avec une ordonnance d’antidépresseur. Une idée qui me semble absurde, mais je saisis la stratégie sous-jacente : un traitement quotidien nécessitera la visite d’une infirmière tous les matins pour lui faire prendre son cachet. Voilà résolue mon angoisse n 3, celle de découvrir son corps plusieurs jours après sa mort. J’ai le droit d’engager quelqu’un qui le fera à ma place.
Alors j’organise. Je cherche les infirmières, les auxiliaires de vie, les femmes de ménage. Au service social de la mairie, je rencontre des aides à domicile / filles de substitution fort honorables, qui viendront la soulager pour la douche, le ménage et les repas, À chacune de mes visites, je ravitaille. Ma mère a trois congélateurs. Deux grands + le petit du frigo. Elle congèle tout : le beurre, le jus de citron, le pain les pâtes, le riz. Elle m’en a acheté un quand j’ai quitté la maison, c’était mon trousseau. Je pouvais vivre sans télé ni chauffage mais pas sans congélateur grand format. À chaque déménagement, il devait trouver sa place. Jai dû renoncer à un adorable deux-pièces parce que je n’aurais pas pu y caser l’engin, à moins de le mettre dans la chambre à coucher. Une machine allemande qui a presque trente ans et que j’ai toujours. Tiens, cette année j’ai oublié de le dégivrer.
Les derniers temps, elle avait perdu le réflexe, les siens étaient vides, juste quelques glaçons et des macaronis blafards en sachet plastique. Je remplis les tiroirs de plats préparés. Tout est bio, je fais attention comme elle faisait attention, c’est bien meilleur pour sa santé et pour ma conscience.
En quelques semaines, toute une brigade circule chez ma mère : infirmière, femme de ménage, aide-soignante, uniquement des femmes à part le médecin traitant. J’ai fait une douzaine de copies de sa clé, jamais récupérées. Beaucoup de coups de fil, je fixe des rendez-vous, annule, déplace, insiste pour avoir telle aide-ménagère plutôt qu’une autre, j’ai l’impression d’être une châtelaine qui gère ses gens en soupirant d’agacement.
Ma mère s’habitue à voir défiler des inconnues dans sa chambre. Elle a ses têtes, évidemment.
– Comment s’appelle la femme de ménage que i’aime bien?
– Madame Hémessia.
– Ah oui, comme le messie
Je me débrouille pour venir lorsqu’il n’y a personne. Quand je croise un visiteur, je suis instantanément mal à l’aise, je pense qu’on me juge. Je dis bonjour et je me justifie dans la même phrase, puis je disparais.
Le soir elle reste seule. Elle dort peu, m’appelle en pleine nuit sans prononcer un mot, envoie des vagues de SMS délirants.
Entre-temps, sur les conseils du médecin-messie, j’ai fait une demande d’habilitation familiale. Bientôt le juge m’autorisera à prendre toutes sortes de décisions pour ma mère. À moi la gestion de sa vie, je suis déjà tellement performante avec la mienne, n’est-ce pas.
3
C’est Julien qui me parle de cette fondation. Un ami d’ami lui en a dit du bien, sa mère était là-bas on s’est bien occupé d’elle. Et malgré le nom, rien de luxueux, au contraire, l’endroit est plutôt abordable – Claudine détestait vivre au-dessus de ses moyens, alors mourir n’en parlons pas. Le messie m’encourage, un collègue gériatre y a placé sa mère, c’est donc un établissement de confiance. En revanche son médecin traitant fait la moue, prononce le mot de « mouroir ». Comment être sûre ? Je me renseigne, je visite, l’endroit me semble correct. En pleine pandémie le hall est désert, mais c’est grand et lumineux, un paquebot. J’ai l’impression d’inscrire Claudine à une sorte de croisière. Covid oblige, la visite s’arrête au hall, je signe un peu à l’aveugle, sans avoir vu les cabines. »
Extraits
« Le jour où elle a quitté son appartement en pyjama, valise en main, elle ne savait pas qu’elle n’y reviendrait plus. Cette idée est brutale, je me raccroche à la pensée fragile que je n’avais pas le choix. Je l’ai trahie, néanmoins. » p. 21
« Personne pour m’aider à appréhender cette maladie. Personne pour me dire comment me comporter avec cette nouvelle mère qui a oublié qu’elle avait une fille. Personne pour remplir les dossiers, rassembler les pièces complémentaires, fabriquer des fichiers PDF par dizaines, passer devant la juge, refaire les dossiers car il manquera toujours un papier, jamais le même. Quand j’ai dû racheter son assurance-vie pour payer la maison de retraite, les formalités ont pris six mois. Six mois de mails énervés, de coups de fil et de musique d’attente, six mois pendant lesquels la banque s’est cramponnée au minuscule magot de ma mère, à vérifier quoi ? Qu’elle avait bien Alzheimer ? Qu’elle n’allait pas recouvrer ses esprits un beau matin, mémoire et facultés cognitives intactes, pour leur demander des
comptes ? Six mois pendant lesquels j’ai avancé des sommes que je n’avais pas pour couvrir les frais. Il n’y a pas de tuto « Comment Gérer Son Parent Sénile en Trois Étapes Simples, cliquez ici pour lancer le diaporama ». Pas d’accompagnement all inclusive, mais ce serait le rêve, quelqu’un qui prendrait en charge tous les choix pénibles — Quelle maison de retraite ? Quelle aide sociale ? Peut-on tricher dans les dossiers à la colonne « ressources financières » ? — pendant que je me consacrerais entièrement à elle, à lui apporter des photos souvenirs, son parfum, ses livres, pour la rassurer, grappiller ce qu’il reste de son esprit, échanger encore quelques miettes. Personne pour me prévenir que je ne serai plus la fille de ma mère, mais un jour sa sœur, un autre sa nièce. Mais je ne suis jamais complètement inconnue, je ne peux même pas devenir cette personne qu’elle ne reconnaît absolument pas qui ne lui sert plus à rien. » p. 32-33
« Deux décennies défilent sans que je puisse identifier aucun événement marquant entre nous. Deux décennies de déjeuners, d’anniversaires, de coups de fil écrits d’avance -elle fait les questions et les réponses car elle entend trop mal pour se permettre d’avoir une vraie conversation.
La voir n’est pas désagréable en soi, même si le plus souvent je pense à elle en levant les yeux au ciel, flûte, j’ai encore oublié d’appeler ma mère. » p. 131
« On est sans doute passées à côté l’une de l’autre, à se blâmer mutuellement de nos silences respectifs.
Elle ne m’a pas fait grandir, avec elle je suis restée bloquée dans une adolescence butée et maladroite, celle où on pleure pour un rien. D’ailleurs je m’habille des mêmes jeans, baskets, sweat-shirts que je portais à l’époque et ce n’est pas juste une histoire de mode qui bégaye. J’ai l’impression de n’avoir jamais vraiment démarré, attendant de sa part qu’elle cesse de faire obstacle, elle et son mystère décevant, et hop la vie est passée. Comme si tout ce qu’elle ne disait pas me plaquait au sol et m’empêchait d’avancer. » p. 137
À propos de l’autrice

Cathy Karsenty © Photo Julien Baer
Cathy Karsenty est née en 1969. Elle a été journaliste, conceptrice-rédactrice, directrice de création en agence de pub, avant de se consacrer à l’illustration et à l’écriture. La fille de ma mère est son premier roman (Source : Éditions du Seuil)
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