Les bijoux de la Castafiore • Hergé

bijoux Castafiore Hergé

bijoux Castafiore Hergé

Éditions Casterman, 2024 (62 pages)

Ma note : 17/20

Je vous l’avoue tout de go, Les bijoux de la Castafiore (1963) fait partie de mes Tintin préférés. Sur le podium, Les cigares du pharaon ainsi que Les sept boules de cristal viennent l’y rejoindre, mais cet album garde pour moi une saveur particulière. Il y a bien évidemment Moulinsart. Hergé en fait un personnage à part entière avec sa roseraie (ô combien choyée par le professeur Tournesol), la chambre au mobilier Louis XIII qui semble éblouir notre Castafiore en personne, ainsi que cette malheureuse marche cassée… responsable de bien des malheurs !

Je dois donc me rendre à l’évidence. Si j’apprécie les aventures de notre reporter belge pour ses voyages dans des pays exotiques et pour ses folles courses-poursuites, je me sens également très bien à Moulinsart et souris face aux tribulations du capitaine Haddock, transformé pour l’occasion en gentleman farmer. Cette relecture fut un véritable coup de cœur.

Alors qu’un attroupement de gens du voyage est invité à s’installer sur les terres du capitaine, un drame se produit : la Castafiore en personne annonce son arrivée à Moulinsart le jour-même. Cataclysme ! Catastrophe ! Calamité ! Le capitaine Haddock envisage de prendre ses cliques et ses claques séance tenante. Du moins jusqu’à ce qu’une marche en bien mauvais état lui en retire la possibilité. Cloué dans un fauteuil roulant, il devra supporter la présente tonitruante (et quelle voix !) de notre diva qui se sent pour le coup comme chez elle. Accompagnée de sa camériste, Irma, et de son pianiste, monsieur Wagner, Bianca Castafiore souhaite avant tout une retraite incognito… avant d’accepter illico la présence des médias et des paparazzi. Au grand dam du capitaine !

Rapidement, des bijoux disparaissent. Pire encore, des intrus sont repérés puis pris en chasse dans le parc du château ! Et c’est ici qu’Hergé fait un véritable pied de nez à son lecteur. Pas de malfrats armés. Pas de scènes d’action remarquables, non. Le coupable se montre bien plus petit, et innocent, qu’il n’y paraît. Avec sa perspicacité habituelle, Tintin parviendra bien sûr à découvrir le pot aux roses.

De l’humour, cet album n’en manque pas. De nombreuses scènes réunissent ainsi la très mondaine Bianca Castafiore et le (pour le moins bourru) capitaine « Kappock ». Et c’est très drôle tant le décalage entre nos deux personnages est ici poussé à l’extrême. Lorsque la Castafiore manque de découvrir toute l’antipathie qu’elle suscite chez le capitaine, celui-ci s’en sort d’une pirouette (bienheureux miroir) ! Les Dupondt sont également présents dans cet album, et la venue d’un perroquet (le fameux Coco) vient ajouter encore plus de vie et d’animation au château.

Les bijoux de la Castafiore occupe donc une place à part dans l’univers d’Hergé. Il s’agit d’un album réconfortant qui a le mérite de réunir, sous le même toit, de nombreux personnages récurrents et emblématiques de la série. Les scènes de drôlerie s’enchaînent, et l’on s’amuse assurément.


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