FANTASTIC FOUR DE JOHN BYRNE OMNIBUS : FANTASTIC 80s CHEZ PANINI

Par Universcomics @Josemaniette

 Fantastic Four! Une famille, une légende, un des titres emblématiques de l'univers Marvel, qui évoque tout de suite la grande époque de Stan Lee et Jack Kirby, des pionniers du super héroïsme tel que nous l'aimons. Mais quand on parle des Fantastiques, il y a d'autres grandes heures à découvrir, si on veut passer des heures de lecture inoubliables avec le quatuor le plus célèbre de la bande dessinée américaine. Il y a donc une autre période dans l'histoire de la famille Richards qui est considérée comme essentielle, celle de John Byrne. Panini Comics publie un Omnibus très attendu, qui comprend non seulement les premiers épisodes du run des années 80 de Byrne, mais aussi d'autres tirés des années précédentes. Oui, parce que le grand John a tout d'abord exécuté le dessin des autres (Marv Wolfman surtout) avant de prendre seul les commandes du vaisseau. Le volume s'ouvre ainsi sur les #61-62 de Marvel Team-Up, un mensuel dédié aux aventures de Spider-Man, en compagnie d'un invité de passage. Écrit par le légendaire Chris Claremont, avec qui Byrne a travaillé (je ne vous apprend rien...) sur Uncanny X-Men, il est centré sur le Tisseur de toile qui combat le terrifiant Super Skrull, aidé d'abord par la torche humaine, puis par Miss Marvel. Des histoires amusantes, voire agréables, où lecteur peut admirer ce que le dessinateur peut faire avec Johnny Storm, une sorte d'apéritif avant le grand repas qui va suivre. Arrive donc la période Wolfman, qui est clairement un cycle d'épisodes à vocation cosmique. Les grands personnages qui traversent ces pages sont ceux qu'on peut côtoyer quand on s'embarque pour les étoiles. Galactus, bien entendu, mais aussi Terrax, ou encore Blastaar. Point d'orgue de ces numéros, le vieillissement accéléré des Fantastiques (sauf La Torche) qui deviennent des vieillards décrépis, placés dans des caissons de survie. Et puis finalement la jeunesse revient, et le quatuor est plus bondissant que jamais, pour d'autres aventures. Qui seront cette fois l'apanage du grand Byrne, en solitaire. Byrne, qui a un don inné pour raconter des histoires simples, alliant super héroïsme classique et attention aux dynamiques personnelles des personnages. Les grandes lignes de la narration sont toujours entrecoupés de micro événements, de pistes qui n'attendent qu'à être exploré ou approfondi, et la richesse de la prestation se dévoile sur la distance. 
Les premiers épisodes de Byrne sont intéressants, mais ils manquent encore d'ambition, et ne sont que le tour de chauffe avant ce qui va suivre; On peut y retrouver des ennemis récurrents, comme l'alchimiste Diablo, ou des bandits plus classiques, comme Hammerhead. Le souffle épique gagne du terrain lorsque Ego, la Planète vivante, fait son apparition, mais surtout avec le #236, à l'occasion du vingtième anniversaire des Fantastiques. Reed et les siens sont enfermés dans une cité miniature "sous cloche" où ils vivent un quotidien parallèle, loin de celui réel où ils sont des super-héros. C'est Fatalis qui les a piégés et installés dans cette parodie d'existence. Liddleville a été "édifiée" uniquement pour satisfaire les machinations du dictateur de la Latvérie, et c'est une trouvaille très agréable, qui va être reprise plusieurs fois dans les comics, notamment dans un arc narratif du Punisher, qui va vivre plus tard le même type de (més)aventure. L'aspect plus "humain" n'est pas en reste, puisque Reed Richards continue de tenter de trouver une solution au problème de la métamorphose de Ben Grimm. La création des Fantastiques, c'est en grande partie sa responsabilité, et si son meilleur ami est devenu une chose en pierre, il n'a de cesse de mettre au point une technique pour lui rendre son corps d'autrefois. Une tentative qui va avoir des effets néfastes, amenant une régression spectaculaire et horrible chez l'infortuné compagnon. Il est aussi question de Frankie Raye, une des nombreuses compagnes de la Torche, qui vit un véritable cauchemar : voilà qu'elle a la capacité de prendre feu, et qu'une sorte de pellicule enveloppe son épiderme. Voici donc venir Nova, peut-être la compagne idéale pour Johnny, si ce n'est qu'un destin plus grand, dans les étoile, semble l'attendre. Et ces des étoiles que vient le grand danger; le retour de Galactus n'est jamais une bonne chose, et cette fois encore il va falloir que les FF trouvent un stratagème pour empêcher le géant de bouloter notre planète, faute de quoi il ne restera rien à écrire et Byrne sera déjà au chômage... Le tout avec cette touche plastique ultra reconnaissable, ce trait souple et soigné, qui est certes desservi par une mise en couleurs assez criarde, le papier brillant n'arrangeant pas les affaires de l'ensemble. Si vous ne souhaitez pas investir dans cette omnibus (erreur!) vous pouvez fouiner dans les brocantes à la recherche de vieux numéros de Nova, chez Lug. Mais vous aurez des trous dans votre collection, et des pages en petit format qui ne rendent pas justice au contenu de ces épisodes. Un bon conseil, donc, investissez vite avant que le tirage soit épuisé.