Nightflyers et autres nouvelles

Par Mana_


Depuis des temps immémoriaux, les volcryns traversent la galaxie. Personne ne sait d’où ils viennent, où ils se rendent... ni même ce qu’ils sont vraiment. Karoly d’Branin est bien décidé à percer ce mystère en lançant une expédition scientifique. Mais à bord de son vaisseau, les tensions s’accumulent très vite et une menace sourde glace ses participants...

Un grand merci aux éditions ActuSF pour ce partenariat.
Pourquoi ce livre ? En général j'aime bien les œuvres de George R. R. Martin, surtout quand il quitte l'univers de Game of Thrones.
Je l'annonce d'emblée, j'ai été agréablement surprise par l'ensemble de ce recueil. Pour des novelas écrites entre janvier 1972 et janvier-février 1973, à l'exception de la première en novembre 1978, les textes ne font pas du tout datés, tombent même dans l'actualité avec des questions existentielles intéressantes. On n'a peu de descriptions, de sorte que chaque cas peut très bien s'inscrire dans la Terre qu'on connaît, effet que j'apprécie plutôt bien.
Étonnamment, Le Volcryn m'a énormément plus. Ca se rapproche du premier Alien dans le décor et les personnages, toutefois les enjeux sont tout autre. Je dois dire que j'ai eu du mal à apprécier les personnages en dehors des deux qui prennent leur importance sur la fin. Celle-ci m'a d'ailleurs beaucoup plu, beaucoup d'émotions en si peu de mots, je pense que c'est l'une des novellas qui m'a le plus marqué.
Pour une poignée de volutoines m'a également vachement emporté. Malgré un titre poétique, c'est très centré sur une économie désespérée. Le message est fort, la fin est dure mais j'ai énormément l'ensemble. Je pense même que je la relirai avec plaisir.
Week-end en zone de guerre m'a davantage laissé indifférente. Ca tient plus d'un Hunger Games, dans une version où les participants veulent y aller, veulent tuer et sont récompensés pour cela. Le protagoniste ne m'a pas convaincu, je n'ai pas compris pourquoi il allait là-bas si ça ne lui convenait pas. Après la morale est intéressante bien que simpliste, j'aurais préféré quelque chose de plus poussé.
Une semaine après, je ne garde que peu de souvenirs de Sept fois, sept fois l'homme, jamais ! Pourtant le début m'a horrifié, on peut dire qu'on sent la cruauté de l'auteur qui a imaginé Game of Thrones. C'est une guerre, de religion, d'honneur, mais il faut croire qu'elle n'avait rien de spécial pour que je la démarque des autres.
J'ai beaucoup aimé Ni les feux multicolores d'un anneau stellaire. C'est très étrange, poétique d'une certaine manière, grâce à ce personnage décalé qui entend - imagine ? - et personnifie des robots. L'acte final m'a tiré un sourire par sa naïveté et son acte d'espoir, si peut appeler cela ainsi pour des consciences mécaniques (même pas articifiels).
Enfin, Une chanson pour Lya fut une lecture troublante. Elle brasse beaucoup de thèmes, de la religion à l'amour, en passant par ce qui nous différencie des animaux. Je trouve que l'intrigue dans son ensemble est complète et bien façonnée. Je me suis doutée de la fin dès les premières pages, cependant la dernière ligne est pour moi glaçante et révélatrice d'un comportement propre à l'homme.
Le style d'écriture évolue peu au fil des nouvelles, toutefois avec les dates on se rend compte de l'évolution de la pensée et de la réflexion de l'auteur autour de l'humanisme, ce qui rend la chose plus intéressante encore.

À une exception près ce recueil se révèle grandiose. Les textes nous marquent par leur proximité dans la réflexion et leur différence dans le traitement. Un recueil que je relirai avec plaisir.

15/20