Valiant sort une nouvelle série X-O Manowar menée par une toute nouvelle équipe créative, Dennis "Hopeless" Hallum au scénario et Emilio Laiso aux dessins, nous montrant le Wisigoth Aric jouer les Superman dans un monde qu'il ne comprend pas.
Il n'est pas nécessaire d'avoir lu les deux précédentes séries afin de suivre les nouvelles aventures de X-O Manowar ; tout ce qu'il faut savoir avant d'entamer la lecture est résumée sur la page de garde. Aric de Dacia est un guerrier wisigothe du Vème Siècle qui a été capturé par une race d'extra-terrestre. Il a pu s'enfuir grâce à l'aide d'une armure consciente, Shanhara, et ensemble ils deviennent X-O Manowar.
Jusque-là, le héros avait eu des aventures plutôt "militaires", sur la série écrite par Robert Venditti aidait avant tout les forces armées à combattre des menaces que la technologie terrienne ne pouvait arrêter. Dans la série de Matt Kindt, beaucoup plus personnelle et centrée sur la relation entre Aric et Shanhara, les histoires s'intéressaient au Wisigoth qui a perdu tout repère. Mais le héros vivait des aventures centrées sur lui et la situation dans laquelle il se trouvait. Avec cette troisième série qui lui est dédiée, Dennis Hallum semble vouloir s'intéresser à l'homme hors-temps qui vit à notre époque et qui n'en comprend pas toutes les règles et, surtout, avec ses pouvoirs, il joue au super-héros, ce qui n'est pas son fort puisque, à chaque fois, il fout le bordel autour de lui.
Finalement, ce premier épisode a une tonalité plus proche de ce qu'on peut lire chez DC Comics ou Marvel Comics que ce que Valiant nous avait alors proposé jusque-là. Il faut dire que l'éditeur avait cette ambition de donner une spécificité à son univers super-héroïque et évitant justement de nous montrer leur quotidien façon Spider-Man ou d'aider la veuve et l'orphelin façon Superman. Mais, voilà, Dinesh Shamdasani, l'homme derrière la renaissance de Valiant, est parti et, depuis quelques temps, nous sentons sa vision disparaître petit à petit. La série Bloodshot est en le parfait exemple ; nous avons perdu la spécificité du personnage pour avoir des aventures plus "communes". Il semble alors que les nouvelles séries des stars de Valiant - alias celles qui devraient être adaptées au cinéma en premier - soient les premières à vivre ce changement.
Je n'écris pas que je n'ai pas aimé ce premier épisode, d'autant plus que Hallum avait fait des merveilles sur des séries comme Spider-Woman qui reposait un peu sur le même principe. Au moins sur cette série, ce changement de direction me paraît plus intéressant - et Heather Antos est une éditrice très douée garantissant le meilleur pour la suite.
Emilio Laiso est un artiste que je découvre avec ces pages et c'est dommage parce qu'il propose un travail vraiment irréprochable : les scènes d'action sont dynamiques, les dialogues sont traités avec la même aisance. En plus de ça, Hallum lui propose une quantité de choses variées à représenter, chose qu'il réussit à chaque instant.