La sorcière oubliée

Par Tatiana

Traquée, Béa ne sait plus à qui faire confiance, ni où elle est en sécurité. Elle a des visions étranges, entend des voix… et se découvre un pouvoir très rare, celui d’invoquer les esprits. Lars, le mystérieux, le séduisant skateur avec qui elle s’est entraînée pendant l’été, connaît son secret et la prend au piège d’une relation toxique. Manipulée, elle se met à douter de tout -sauf des conséquences de ses actes.

⋅ Sortie le 21 novembre 2019
⋅ Fantastique/jeunesse

1/5
TW : violences physiques/verbales/émotionnelles, viol, pédophilie, grooming, victim blaming

SPOILERS

La sorcière oubliée est un livre qui m’a immédiatement attirée par son résumé assez court, dans lequel on ne connaît finalement pas grand-chose de l’histoire qui va se dérouler dans ces pages. J’ai aussi commencé ce roman en ayant en tête de bons premiers retours sur la VF, et surtout je ne suis pas allée faire de tour sur Goodreads pour voir les avis sur la plateforme… J’aurais dû, vu les retours des anglophones dessus. Retour sur cette catastrophe.

La sorcière oubliée est un roman jeunesse, et pour être tout à fait honnête je ne comprends absolument pas le pourquoi du comment de cette cible vu le contenu. On ne parle pas de scènes un peu violentes, non, mais de violences physiques et psychologiques, de pédophilie et de viol décrit comme une scène d’amour : refus répétés, fille bourrée, et d’ailleurs elle a été kidnappée par le mec en question à ses 13 ans et vit donc enfermée chez lui depuis un an et demi, le mec a la vingtaine, et c’est pas une petite scène. On nous décrit pendant une longue page qu’elle n’a pas envie, mais finalement elle pas le choix en fait donc ils « font l’amour ». Euh voilà l’auteur est mignon mais c’est un viol ça, en fait. Et le terme n’est employé à aucun moment. Je pourrais continuer un moment tellement certaines scènes sont violentes. Béa la protagoniste est manipulée du début à la fin, elle subit un lavage de cerveau et c’est elle la victime dans cette histoire, pourtant elle est traitée comme coupable et traîtresse par ses pairs pour avoir eu une relation (forcée je vous rappelle) avec un ennemi. Les horreurs balancées par certains personnages durant le procès de Béa (oui toujours par rapport à ça et ce qu’elle a fait en étant manipulée) m’ont fait halluciner, et le mot « abus » n’est mentionné qu’une seule fois pour décrire ce qu’elle a vécu, par un perso plus que secondaire, et est d’ailleurs très vite balayé du revers de la main, sa position de victime effacée à coup de « t’as pas le droit de te pardonner », « tu seras jamais pardonnée », « t’as pas le droit d’être heureuse », « t’a qu’à pas être aussi bête »… Elle avait treize ans, et elle s’est fait kidnapper, hein. Je dis ça je dis rien. Mais tout est quand même sa faute, même si personne ne s’est inquiété de sa disparition pendant deux ans, même si c’était une gosse : tout est sa faute et puis c’est tout.
Rien. Ne. Va. Surtout qu’aucun de ces éléments n’est utilisé pour dénoncer quoi que ce soit. A aucun moment (allez dans le résumé VF on a la mention « relation toxique », mais bon c’est pas une relation du tout là : c’est un kidnapping.)

En plus de ça je n’ai pas trouvé l’intrigue fascinante, j’ai terminé ce livre uniquement pour voir jusqu’où allait aller la bêtise et ça n’a pas manqué. Le système de magie est tout simplement incompréhensible à mes yeux, il y a un gros manque d’explications sur à peu près tout, des scènes sans queue ni tête et tellement de choses inutiles que les éléments pertinents se retrouvent noyés dans la masse d’infos déjà oubliées. Je n’ai probablement même pas compris la moitié du bouquin tellement tout était flou mais pour être honnête est arrivé un moment où je n’ai plus eu envie de comprendre. Il n’y aucune construction de l’univers et on nous balance des infos sorties de nulle part sans rien expliquer derrière : tout est survolé.

Je ne vais pas m’étaler en long en large et en travers sur les personnages parce qu’ils n’ont tellement pas de personnalité que j’ai déjà oublié leurs noms. Sauf celui de Bea bien sûr, aka la fille qui n’a pas le droit au bonheur parce qu’elle était coincée dans une relation abusive avec son kidnappeur donc elle mérite tout le malheur du monde. C’est peut-être ça, la morale de l’histoire : ne te fais pas kidnapper. Qui sait. 
L’écriture quant à elle est enfantine, j’avais l’impression de lire un très long article de journal vu sa pauvreté stylistique (qui pourrait venir de la traduction mais bon tu te doutes que je vais pas tenter la VO). Ce qui me surprend d’autant plus que j’avais de super souvenirs des autres romans de Melvin Burgess… je ne vais pas les relire, du coup.

Bref, j’ai pas aimé. Et si tu penses que j’exagère, voici la page Goodreads du roman, qui ajoute quelques éléments intéressants aussi.

Merci à Gallimard pour l’envoi