Douleurs miroirs

Par Sophie Dessongesetdesmots

Auteur : Laurence Barjy et Charly Reinhadt

Éditeur : Mix éditions

Date de parution : 10 octobre 2019

Lien d’achat : Amazon

-Résumé-

Un regard sur notre histoire de Barjy L.

L’intolérance…

Jonas la connait bien, il la côtoie tous les jours.

Il la subit.

Il en est responsable aussi, parfois.

Est-ce qu’une après-midi et un vieux photographe pourraient changer les choses ?

Peuvent-ils suffire à transformer le regard des autres, et celui qu’on pose sur sa propre existence ?

***

De bleu et de rouille de Charly Reinhardt

Pour lui, tout n’est que couleurs et sexe.

Des corps, de la crasse, des teintes qui l’obsèdent et dont il ne parviendra jamais à restaurer les nuances. Une addiction trop ancrée en lui pour qu’il puisse s’en défaire.

À moins que la rouille et le bleu qui s’invitent dans sa vie ne constituent un début de réponse ?

Deux histoires. Deux douleurs.

La première se passe dans un lycée, une classe de cancres, de celle qu’on trouve dans les quartiers dit ‘sensibles’.
Cette fin d’année 2004 marquera Jonas définitivement. C’est une de ces journées implacables, qui ravage tout sur son passage, de celles qu’on n’oublie jamais.
Sur le tableau une inscription « L’intolérance ». Puis un vieil homme, Paul, qui viendra renverser le monde de Jonas avec son témoignage poignant. L’histoire d’un homme qui en aime un autre, celle d’un amour interdit, en temps de guerre. Un amour a jamais perdu, avec l’emprisonnement pour conséquence.
Un passé qui confronte un présent, et le bouleverse sans crier gare. Une journée, dans la vie de cet adolescent de 17 ans, ou plutôt une putain de tornade.

Ce texte n’a sûrement pas chamboulé que Jonas et sa classe ce jour là, je suis toujours scotchée de voir combien les mots de Barjy entaillent ma peau, je les sens toujours qui s’infiltrent pour y rester chaque fois un peu plus. Cette histoire qui au final en est deux, m’a fascinée, j’ai revécu comme ces gamins l’épopée de cet homme, ce grand-père qu’on aimerait tous avoir. Un conteur qui captive son public, même les plus récalcitrants.
Je suis resté d’abord subjugué par ce vieil homme, pour petit à petit m’émerveiller de Jonas. Ce jeune qui va se battre avec ses armes, et à sa façon pour ce qu’il croit. Ses choix et sa force face à l’amour m’ont transcendé.
L’auteure m’a une fois de plus embarquée, je noterai juste que j’aurais aimé en savoir plus, ce fût trop peu pour moi. Même si l’histoire est posée, et les détails parfaitement choisis, j’aurais voulu faire davantage parti de la vie de Jonas. J’ai ce goût de trop peu, il a été ma tornade personnelle, il est venu, m’a retourné et a disparu, me laissant un immense vide.

La deuxième, je rentre dans le vif immédiatement, une réelle mise en garde s’impose, cette histoire n’est pas pour tout le monde, elle repousse les à prioris, et une certaine forme de morale.
Greg, le personnage est un homme dans une recherche constante d’extrême. Une vie gouvernée par une envie d’autodestruction. Le tout condensé dans un corps de mal-être, une épave ni plus ni moins. Ce besoin de s’oublier dans le cul, la came, l’alcool et tout ce qui peut faire mal, et se blesser davantage. Comme une pénitence, une réponse à une vie de chien ou de chienne en l’occurrence.

J’ai eu du dégoût en lisant, je parle de dégoût car je me refuse une pitié pour cet homme, il ne la mérite pas et ne la voudrait pas de toute façon. Il est le reflet de ceux qui côtoient la noirceur, sans l’envie de voir le jour. C’est en cela que cette histoire m’a moins touchée, ça n’engage que moi, et ne remets pas en question la superbe plume de Charly, non c’est que je n’idéalise pas cette recherche du toujours pire.

C’est tellement plus facile n’est-ce pas ?

Ce ressenti, mon ressenti est purement personnel, je le précise, c’est ma façon d’appréhender un tempérament comme le sien. Certaines de ses déviances me parlent sûrement trop, et je n’y vois qu’une profonde antipathie.
En tout cas chapeau bas à l’auteure, ce flirt quotidien avec la mort est sublimement dépeint, et j’imagine qu’il a fallu mettre de côté une forme de morale, s’oublier un tant soi peu, pour donner vie à ce genre de personnage.
Ecrire, dessiner c’est comme une envie de pisser. Ça gêne, ça fait mal, c’est inconfortable, ça t’obsède au point de te rendre taré. Faut que ça sorte. Maintenant. Pas demain. Pas dans trois semaines quand t’auras fait un beau petit planning. Maintenant ! T’as envie de pisser, de cracher, de baiser. Tout ça à la fois. Alors tu pisses, tu craches et tu baises. En couleurs, steuplait.

Encore merci aux éditions Mix pour ce service presse que je voulais tant. Et merci aux auteures.