Chronique : Les fleurs sauvages – Holly Ringland

Par Valentine @abookcatcher

Lorsqu’une tragédie change à jamais sa vie, la jeune Alice Hart, âgée de neuf ans, part vivre chez sa grand-mère qu’elle ne connaît pas. Quittant le bord de l’océan où elle a grandi, elle trouve refuge dans la ferme horticole de June, où celle-ci cultive des fleurs sauvages d’Australie.

Au fil du temps, Alice oublie les démons du passé et apprend à perpétuer la tradition familiale en utilisant le langage des fleurs pour remplacer les mots lorsqu’ils se font trop douloureux.

Mais l’histoire des Hart est hantée par de nombreux secrets que June cache à sa petite fille. Une sorte de fatalité semble accabler les femmes de leur famille, aussi June préfère-t-elle tenir Alice à l’abri de la vérité, quitte à la tenir à distance de l’amour.

Une fois adulte, révoltée par ce silence et trahie par celles qui lui sont le plus chères, Alice se rend compte qu’il y a des histoires que les fleurs seules ne peuvent raconter. Si elle veut être libre, elle doit partir et inventer l’histoire la plus importante de toutes : la sienne…

Je remercie les éditions Mazarine et Netgalley France pour la lecture de ce roman. 

C’est d’abord la sublime couverture qui a attiré mon attention. Je la trouve très réussie et je dois dire qu’elle donne vraiment envie de lire le livre. En tout cas, c’est ce qu’il s’est passé avec moi, qui ne lis pas énormément de romans contemporains de ce type. Avec ce livre, je sortais un peu de ma « zone de confort » et je suis vraiment ravie, après coup, d’avoir lu ce roman qui m’a beaucoup touchée.

Les fleurs sauvages est un livre qui traite de sujets divers et néanmoins actuels, tels que les violences conjugales, le deuil, l’amour, la famille et ses secrets… Plus encore, ce roman s’attache à mettre les femmes en avant, leur sensibilité et leurs faiblesses mais aussi indéniablement leur force face aux épreuves auxquelles elles doivent faire face tout au long de leur vie. 

« Savoir qu’il y avait une sorte de magie capable de faire naître des fleurs et des bébés l’emplissait d’effroi – c’étaient encore plus de choses précieuses auxquelles son père pourrait s’attaquer. »

Dans ce roman, les femmes sont à l’honneur mais aussi les fleurs qui parsèment poétiquement chaque début de chapitre avec de jolies illustrations. A travers l’histoire d’Alice et des femmes de sa vie, l’auteure nous apprend le langage des fleurs, celui grâce auquel les sentiments les plus profonds et refoulés peuvent s’exprimer, celui qui permet de guérir et d’avancer.

«  Elle voulait se souvenir longtemps de ce moment, le garder en elle à jamais : l’éclat de la lumière, le chant des oiseaux-bouchers, le murmure de la rivière verte derrière eux. Le désir qu’elle éprouvait pour lui courut dans ses veines comme une fièvre, il était l’être qu’elle aimait le plus au monde. »

Alice est une héroïne qui m’a beaucoup plue. La vie ne va pas lui faire de cadeaux, elle va évoluer, parfois reculer pour mieux sauter, ne pas toujours faire les bons choix, aimer, souffrir, aimer à nouveau. C’est une héroïne des temps modernes, elle n’est pas parfaite, elle a ses secrets, ses tourments, comme d’ailleurs toutes les autres femmes qu’Alice va rencontrer au cours de sa vie, et notamment à Thornfield.

« Elle ne pensait qu’à sa mère. A ses yeux, emplis de lumière. Aux chansons qu’elle fredonnait dans le jardin, à leur mélancolie envoûtante. Elle se rappelait les gestes de ses poignets délicats, ses poches pleines de fleurs, son haleine si douce le matin. Le bonheur de se nicher dans ses bras, sur le sable froid dans la chaleur du soleil, sentant le mouvement de sa poitrine quand elle se gonflait d’air, et le rythme de son coeur et de sa voix quand elle racontait des histoires, tissant autour d’elles deux un cocon chaud et magique. Tu étais le véritable amour dont j’avais besoin pour me défaire d’un sortilège, Lapin. Tu es mon conte de fées. »

Les fleurs sauvages, c’est aussi un dépaysement total à travers les décors de l’Australie, de la côte océanique au bush profond où les fleurs s’étendent à perte de vue, au désert aux couleurs rougeoyantes… Ce livre m’a fait voyager, et j’ai été pleinement embarquée dans ces paysages magnifiques, n’ayant aucun mal à me les imaginer. Les lieux où se déroulait l’histoire ont pleinement contribué à me faire un passer un excellent moment de lecture.

Néanmoins, la force de ce roman réside clairement dans ses personnages. Alice, June, Twig, Candy, Agnès, Sally… Tant de femmes différentes mais tellement semblables. Des femmes courageuses, pleines de ressources, tantôt assaillies par les souvenirs et les malheurs mais ne baissant jamais les bras. Ces femmes m’ont toutes bouleversée, chacune d’elle a réussi à m’émouvoir, à me prendre les tripes à un moment ou à un autre. Chacune a suscité mon admiration pour leur force de caractère, la façon qu’elles avaient de tenir tête aux évènements et de rester dignes, droites, malgré les mensonges, les omissions, les secrets… J’ai vraiment eu un gros coup de cœur pour ces personnages.

Ces personnages sont la clé de voûte du roman qui en soit, n’a rien d’exceptionnel au niveau de l’histoire en elle-même et des secrets qu’elle renferme. Il n’y a rien de vraiment très surprenant et pourtant je me suis laissée prendre au jeu, appréciant de découvrir les révélations au fur et à mesure qu’elles intervenaient.

«  Elle voulait se souvenir longtemps de ce moment, le garder en elle à jamais : l’éclat de la lumière, le chant des oiseaux-bouchers, le murmure de la rivière verte derrière eux. Le désir qu’elle éprouvait pour lui courut dans ses veines comme une fièvre, il était l’être qu’elle aimait le plus au monde. »

Si je dois faire un reproche à ce livre, c’est le fait qu’il soit assez lent. L’histoire prend du temps à se mettre en place, et j’ai eu un peu de mal à pleinement rentrer dedans. Toutefois, j’ai bien plus apprécié la deuxième partie du roman où l’on suit Alice quand elle est plus âgée, et à partir de là j’ai vraiment été complètement plongée dans l’histoire, ayant même du mal à décrocher de ma lecture qui avait été un peu laborieuse dans un premier temps.

Pas passé loin du coup de cœur, ce roman fera certainement partie de mes meilleures lectures de l’année tout de même, car il a beaucoup des qualités que je recherche dans mes lectures : des personnages attachants et bouleversants, des sujets forts, des décors dépaysant, de l’émotion, une pincée de secrets… Et une écriture très belle, insérant beaucoup de poésie grâce à un langage nouveau qui a su complètement me charmer.

Si vous hésitez encore, j’espère que ma chronique vous aura convaincu car ce roman mérite plus qu’un coup d’œil. A lire !

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