Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin

Par Acecilia

Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin, éditions du Rouergue Jeunesse (Collection Doado), 2015.

Ce titre attendait sagement sur l’étagère de ma bibliothèque. Depuis le temps qu’il me faisait de l’oeil, j’ai pris le temps de l’ouvrir enfin. Pourquoi ne l’ai-je pas fait avant ? ce court roman est une petite perle à mettre dans toutes les mains, d’autant plus que le sujet, le cancer du sein, peut nous concerner toutes. Anne Percin en parle en toute pudeur, sans tomber dans le pathos et ça fait du bien !

A la vue de la couverture et à la lecture du résumé, on devine le sujet de ce roman. Une maladie, le cancer, une mère et sa fille, leur relation et leur réaction face au « crabe ».  Récit réaliste et teinté d’humour, il s’adresse avant tout au public ado, mais il trouvera chez les adultes des lecteurs conquis. En effet, court et impactant, il amène le thème du cancer de manière simple, sans édulcorant, sans tragédie.
Anne Percin met en scène Tania, 14 ans, qui découvre que sa mère a un cancer du sein. Après la surprise, vient l’angoisse, l’entraide, la solidarité et l’amour, entre elles deux. Face à cette aventure, Tania grandit, mûrit, de coups de folie à coups de sagesse, elle fait front, avance sans se décourager, sans jamais se laisser aller à la déprime. Bien au contraire. Elle combat aux cotés de sa mère la maladie et ses effets néfastes avec humour, poigne et chaleur. C’est un personnage qui évolue positivement tout au long des lignes. D’anti-sport, elle arrive à participer à une course de cross. Elle découvre dans le sport une manière d’expulser les tensions, de se recentrer, se retrouver, lâcher prise avec les difficultés du quotidien. Cette transformation la rend encore plus attachante, plus forte.

Quant au style narratif, là encore, Anne Percin nous surprend avec un ton humoristique mais profond. En effet, Tania a le chic pour redonner le sourire et rendre lumineux ce qu’elle raconte : les épisodes difficiles avec sa mère, ses amies, Zlatan et ses commentaires, son blog, ses goûts… Cette manière de s’adresser au lecteur, comme interlocuteur privilégié de ses états d’âme est très accrocheur et prend aussitôt. On embarque immédiatement avec l’héroïne, on vit avec elle, on ressent les mêmes émotions. Cela crée un lien puissant entre le personnage et le lecteur, la rend vivante et présente et l’acte d’identification fonctionne parfaitement.

Quant au sujet, c’est du lourd, de l’actuel, du délicat. Mais traité avec justesse et pudeur, loin des drames pathétiques et des larmes pesantes et gênantes. Et en cela, le roman dégage une grande force, un optimisme incroyable et de l’espoir face aux grandes épreuves de la vie. Se plaindre n’est pas au programme pour Tania et sa mère, ni au déluge de pleurs, au contraire, la joie et la bonne humeur s’invitent au tournant pour faire face, ensemble, à la maladie. Beaucoup d’émotion se manifeste également au fil des pages. De plus, la relation entre l’héroïne et sa mère est tout simplement magnifique, sans faux semblant, complice dans l’adversité, amies et surtout pleine d’amour.

Le roman d’Anne Percin est un petit bijou à lire et à savourer, pour se faire plaisir mais aussi pour comprendre et réaliser que la maladie, comme le cancer, n’est pas insurmontable ni tragique, quand on sait s’entourer des personnes que l’on aime et qu’on avance, avec espoir et humour.

Résumé éditeur : 

La mère de Tania est atteinte d’un cancer du sein. Pendant les six mois du traitement, mère et fille vont partager le pire, mais aussi avoir bientôt un attitude positive de combattantes. Face à ce sujet « difficile », Anne Percin apporte une nouvelle fois la preuve de son humour ravageur et nous fait rire… jusqu’aux larmes.

L’auteure :

Née en 1970 à Épinal, Anne Percin vit en Saône-et-Loire où elle partage sa vie entre l’enseignement et l’écriture. Elle écrit à la fois pour la jeunesse et les adultes. Elle est notamment l’auteur à succès de la trilogie pour adolescents, Comment (bien) rater ses vacances. Dans la brune, elle est l’auteur de quatre romans : Bonheur fantôme, Le premier été (adaptation télévisée sur France 3), Les singuliers (sorti en Babel en août 2016) et Sous la vague.
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