Le collier du géant de Michaël Morpurgo

Par Krolfranca

Le collier du géant

Michaël Morpurgo

Traduit de l’anglais par Diane Ménard

Illustré par Briony May Smith

Gallimard jeunesse

2018

84 pages

Une petite fille ramasse sur la plage des cauris roses pour faire le plus grand collier du monde, un collier de géant. Elle ne rentrera que lorsqu’elle aura le nombre de coquillages voulus. Seulement, voilà, elle n’a pas remarqué les nuages qui s’amoncellent. La mer était pourtant belle, calme comme jamais mais elle se transforme rapidement en monstre mangeur d’enfant trop rêveur. Morpurgo veut-il prévenir les enfants du danger de la nature ou leur permettre d’accéder à un monde onirique ?

Ce petit roman est bouleversant et il faut saisir les indices semés par l’auteur pour comprendre la portée de l’événement tragique qui se joue sous nos yeux. En le lisant, je me disais : « Non ? Ce n’est pas ce que je pense ? Je me trompe ! Pas dans un roman pour enfant ? Et bien si… » Je l’ai prêté à une élève de CM 1 qui n’a compris qu’à la toute fin ce qui s’était passé. Je lui ai demandé de revenir en arrière pour lire entre les lignes, pour saisir le changement d’époque. Ce n’est pas si évident pour les enfants. Une chose est sûre : son opinion du roman, malgré un thème on ne peut plus délicat, est très positive. Elle l’a vraiment aimé. Ceci dit, c’est une excellente lectrice qui aime à peu près tout ce que je lui prête…

C’est une histoire terrible écrite avec subtilité.  Et la beauté des dessins éclaire (et je pèse mes mots car l’illustratrice a accordé une place importante à la lumière) le texte et le rend plus lumineux qu’il ne l’est en réalité.

Réalisme et évanescence, surnaturel et innocence, ce petit roman joue sur plusieurs tableaux et il n’est pas si simple à appréhender pour de jeunes enfants. C’est une lecture qui se doit d’être accompagnée.

Une histoire magnifiquement glaçante  sur la mort.

On peut tout lire de Morpurgo, c’est toujours d’excellente qualité.