Editions Pocket, 2009 pour la présente édition ; 1913 pour la première.
Ce roman (me) prouve, s'il en était encore besoin, que chaque lecture a son moment, pour être comprise, appréciée et pour qu'elle résonne en soi.
C'est la troisième fois que je lis ce roman.
La première, c'était au collège, en classe de troisième. Une lecture scolaire tout à fait repoussante.
La deuxième fois, c'était quatorze ans plus tard. Je m'étais fortement ennuyée.
Puis, galvanisée par le défi de notre lecture commune avec Nathalie et Isabelle (qui ne l'avaient pas non plus aimé en premières lectures), je me suis lancée une troisième fois.
Jamais deux sans trois comme dit le proverbe.
Certes, ce n'est pas un coup de cœur, mais malgré ses quelques longueurs éparses, j'ai apprécié cette rerelecture.
François Seurel nous raconte l'histoire de son amitié avec Augustin Meaulnes et l'aventure qui les a liés, conditionnant la fin de leur adolescence et le début de leur vie adulte.
Dans un village de Sologne, en 189..
Augustin Meaulnes, grand adolescent, est laissé en pensionnant dans la famille Seurel, dont le père est instituteur.
Aussitôt, les deux garçons deviennent amis, et François l'admire.
Un jour de fin décembre, pendant le déjeuner, Meaulnes disparaît avec la carriole du père Fromentin et ne revient que plusieurs jours plus tard, comme si de rien n'était.
Le soir, François le voit vêtu d'une délicate chemise de soie qui contraste fortement avec le reste de sa tenue habituelle, sale et débraillée.
Où l'a-t-il eue? Grâce à qui? Et où est-il allé?
Malgré son jeune âge, François comprend que cette escapade a transformé son ami et que Meaulnes est amoureux.
Il le supplie de l'emmener avec lui la prochaine fois.
Mais Meaulnes ne connaît pas le chemin, ne sait pas comment il est arrivé dans ce domaine, parmi ces gens venus fêter des fiançailles, ni comment retrouver celle qui lui a ravi son cœur.
Il n'aura de cesse de chercher à retrouver ce chemin, ce lieu, ses occupants et cette jeune fille.
Promesses, absences, fuites, rêves, tristesses, amitié, amour, mélancolie, voilà de quoi est fait ce roman qui nous raconte le difficile passage de l'enfance vers l'âge adulte, de la construction de soi, mais aussi l'indéfectibilité d'une amitié, qui va jusqu'à l'effacement de soi.
Il y a des passages forts longs mais aussi d'autres fort beaux.
Et je ne regrette pas d'avoir persisté.