Seul le grenadier de Sinan Antoon

Par Krolfranca

Seul le grenadier

Sinan Antoon

Traduit de l’arabe (Irak) par Leyla Mansour

Actes sud

2017

315 pages

C’est l’histoire d’un laveur de morts qui aurait préféré être sculpteur.

En Irak, depuis la guerre du golfe jusqu’à l’invasion des américains qui cherchaient des armes de destruction massive, les habitants ont subi violences sur violences. Ce roman retrace cette période à la lumière de l’histoire d’une famille, laveur de morts de père en fils.

Le sujet est passionnant, instructif et relate d’une manière intéressante la vie des irakiens et leur rapport à la mort. On a tous entendu parler de ce qui se passait là-bas, je me souviens parfaitement bien de toutes les informations concernant ces événements majeurs pour l’Irak, mais ce roman permet d’avoir une vision poignante de ce que ces hommes et ces femmes ont réellement vécu.

Je n’ai pas été ébouriffée par le style, en revanche, j’ai été captivée par l’histoire. C’est un livre qui nous aide, nous occidentaux, à comprendre, à saisir ce que les médias relaient d’une manière factuelle. « Aujourd’hui, un attentat a eu lieu dans les rues de Bagdad… » un de plus, un parmi tant d’autres, bah oui, sauf que derrière tous ces morts, ces corps déchiquetés, il y avait des maris, des frères, des mères, des sœurs, des fils, des filles…

Le narrateur n’en peut plus de cette vie-là, il n’en peut plus d’ensevelir d’une main qui caressera plus tard le corps de son aimée, il n’en peut plus et son cœur se meurt…

Seul le grenadier est un livre utile pour qui veut ouvrir son cœur aux autres.