The Cruelty #Tome1 - Scott Bergstrom

Par Boudoir Livresq @MonBoudoir2


Editions: Hachette (2017)

Collection :Hors-sériesNombre de page: 429Genre: Roman / Thriller Young Adult

Thèmes traités: Aventure. Découverte. Suspens. disparition. Survie. 
         
           

"Une femme qui cherche à s’élever dans ce monde doit être encore plus cruelle que les hommes."

                         "L’humiliation me rappelle les vents du                          Sahara, brûlants, violents et qui durent plusieurs jours."

Gwendolyn Bloom a à peine sept ans lorsque sa mère est assassinée sous ses yeux, et dix-sept lorsque son père disparaît brutalement, à la même date. Cette nouvelle épreuve s’accompagne d’une découverte accablante : son père n’est pas un diplomate, comme elle l’a toujours cru, mais un espion travaillant pour le FBI, dont les alliés semblent s’être retournés contre lui, après l’avoir accusé d’être passé à l’ennemi. Désespérée, Gwendolyn décide de partir seule à la recherche de son père qui, elle en est sûre, a été enlevé et reste vivant… Commence alors pour elle une longue traque dans les recoins les plus sombres et les plus dangereux d’Europe. Suivant les indices que son père lui a laissés, à Paris, Berlin puis Prague, Gwendolyn croise les pires spécimens de l’espèce humaine. Et surtout elle comprend très vite que, pour survivre à la cruauté de son un ennemi, il faut devenir plus cruel que lui.

Tout est dit dans la quatrième de couverture. On emballe et on livre. Au revoir tout le monde. 

Mais non... je plaisante. Revenez par ici

*Première réaction :  j'en ai voulu un peu à la personne qui a rédigé le résumé. J'ai pensé que cela ne se faisait pas de griller des points importants dans le livre comme le  fait de nous dire que le papa était un espion ou bien de citer les villes dans lesquelles se trouverait Gwen.

*La couverture de la version française: Bon choix de la photo qui rappelle un peu les héroïnes des dystopies : Hunger games, Divergent,... . Des filles toujours bien parées pour foncer et combattre.*La graphie du titre et du nom de l'auteur dans la version française [le 5 pour S et le 3 pour un E inversé] donne une petite particularité au livre. La couverture de la version originale me rappelle un peu le système informatique ou la carte qu'on trouve dans les PC (je ne m'y connais pas en jargon informatique) avec un titre en rouge qui rappelle le sang.                                                         


L'aventure de Gwen commence le jour où son père disparaît. Elle découvre qu'il n'a jamais été diplomate mais un espion. Quand l'Etat américain refuse de l'aider à le retrouver, elle prend la décision de partir à sa recherche.
Des Etats-Unis à Paris où se trouve un informateur palestinien, puis à Berlin où elle se heurte au monde nocturne déliquescent et enfin à Prague pour affronter la mafia la plus redoutée.  
Gwen va ouvrir les yeux sur un monde différent du sien. Pour y survivre, elle est obligée de devenir aussi cruelle que ceux qu'elle chasse pour retrouver son père.
Sa rencontre avec Yael , le personnage qui m'a le plus plu dans le livre, va l'aider à se préparer pour mener sa propre enquête. Elle va lui apprendre les rudiments du combat et de l'auto-défense. Gwen s'entraîne et fait un travail sur elle pour développer ses réflexes... Mais à quel prix? 
Foncer tête baissée dans un monde  irréel, pour une lycéenne gâtée qui menait une vie tranquille et aisée, est un risque pris par l'auteur. Passer de la fille  fragile à une meurtrière  émérite façon  G.I Jane rend le récit moins crédible. Heureusement que l'intrigue est plutôt bien menée et on tourne les pages à tire-d'ailes afin de découvrir l'aboutissement des aventures de Gwen. 

"Le monde qu’il me décrit est terrorisant. Mais si personne ne veut s’en charger, alors l’alternative est simple : rester une gamine et ne rien faire, ou devenir une adulte et m’en occuper moi-même. C’est précisément là, il me semble, que se situe la différence entre l’enfance et l’âge adulte, entre la petite fille traquée par des loups et la femme qui chasse la meute. "
Hormis le kidnapping, l'espionnage et le quotidien typique d'une adolescente solitaire, l'auteur a remis sur le tapis les histoires de trafic sexuel et  la traite des êtres humains, sources d'enrichissement chez les mafieux du monde. Et c'est là que je fais la moue. Eh oui! 
Qu'on m'explique comment une adolescente, brisée par l'assassinat de sa mère sous ses yeux, destabilisée par les différents déplacements qui l'empêchaient de se faire des amis, puisse se transformer en une machine à tuer avec sang froid, comme un professionnel. "À ma propre surprise, je ne redoute pas la défaite. La peur m’a désertée. Les paroles initiales de Yael, la première leçon du krav maga – se relever, toujours – ne me quittent pas. "

Ce que je veux dire, c'est que l'auteur a un peu abusé en mettant son personnage dans des situations déroutantes:

1. Une  gymnaste en surpoids.  ok.. Elle perd du poids en un temps reccord et devient acrobate par magie.2.Les combats presque chorégraphiés me laissent sans voix. D'accord elle s’entraîne avec une professionnelle. On ne devient pas ainsi après quelques semaines. C'est impossible.3. Au début du roman, il dit que c'est une fille discrète qui n'aime pas se faire remarquer : la couleur "flashy" de ses cheveux Heuuu c'est quoi?? 
J'ai vraiment aimé lire  ce  livre mais je déteste quand l'auteur avance des choses illogiques. J'ai apprécié l'aventure mais pour me convaincre, il faut un minimum de cohérence. 
Après des hauts et des bas, du sang, de la peur et surtout de suspens, la fin reste ... ouverte. Ce qui implique qu'une suite  m'attend et je la lirai avec grand plaisir.
Pour finir, je dirai que pour un premier roman, Scott Bergstrom a écrit un remake de Taken en inversant le rôle de la fille et du père. La lecture est agréable. L'écriture est simple, ce qui rend la lecture abordable. La description des lieux est fidèle à la réalité. 


P.S: Contrairement à ceux qui accusent Bergstrom d'avoir "cassé" le genre YoungAdult dans un passage de son livre (où Gwen  prend un livre, je vous laisse le découvrir), moi j'ai aimé le fait qu'il ne nous sort pas un triangle amoureux, ni une révoltée qui évite de tuer les méchants et leur donne une seconde chance, ni celle qui devient le porte-parole de tout un peuple. Tant mieux! Malgré les points négatifs signalés plus haut, notamment l'exagération de l'auteur quant au profil de son protagoniste, je trouve qu'il a bien fait d'éviter ces stéréotypes agaçants.
Scott Bergstrom est un voyageur, photographe et écrivain qui vit dans le Colorado."The Cruelty" est son premier roman.