Virus – tome 01 – Incubation

Par Un_amour_de_bd @un_mour_de_bd

Chronique « VIRUS T01 – Incubation »

Scénario de SYLVAIN RICARD, dessin de RICA

Public conseillé : Ado / Adultes

Style : Thriller / Catastrophe
Paru le 9 janvier 2018 aux éditions DELCOURT,
136 pages
18,95 euros
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Ça commence comme ça…


Quelque part dans une banlieue française… Une équipe d’intervention hautement protégée (combinaison et casque intégrales) débarque, arme au poing. Ils donnent l’assaut d’un appartement, défoncent la porte et se jettent sur la jeune femme qui y habite. C’est la petite amie de Guillaume, l’homme qu’ils cherchent. Hier, il y a eut un accident au labo et Guillaume a disparu. Sa copine leur apprend qu’il est parti pour 3 jours de croisière sur le “Babylon of the seas”.
C’est une catastrophe, car l’homme est porteur d’un virus mortel !

Ce que j’en pense


Pour la nouvelle année, Sylvain Ricard (scénario) et Rica (dessin) vous offrent une BD-CATASTROPHE digne des meilleurs films hollywoodiens du genre. Il faut dire que Sylvain Ricard a de quoi se documenter sur le sujet. Ce scénariste atypique est co-créateur de “La revue dessinée” (un heureux mélange entre documentaire et BD) et ingénieur en biologie moléculaire de formation…

Le point de départ de cette “pure fiction” ? Un risque majeur dû aux essais en laboratoire sur des éléments pathogènes extrêmement dangereux. Comme Sylvain l’explique parfaitement dans les appendices en fin d’album, la communauté internationale a depuis longtemps interdit la fabrication et l’utilisation d’armes biologiques (accords de Genève de 1925), mais pas les recherches qui y sont liés. Car officiellement, ces tests permettent de se prémunir de nouvelles épidémies qui pourraient voir le jour.
Depuis 2010, des “accidents“ se sont succédés et en 2014 la communauté internationale a réagi en signant une convention de destruction de ces virus mortels. Malheureusement, depuis le 20 décembre 2017, Donald Trump et son gouvernement ont autorisé la reprise des recherches…

Comme le risque zéro n’existe pas, Sylvain a imaginé qu’un “accident” de ce genre se produisait dans un laboratoire français. Le problème vient d’un laborantin nommé Guillaume, porteur sain du virus extrêmement agressif. Cette belle saloperie est une mutation entre du H5N1 (grippe aviaire), de variole létale à 90% et capable de muter comme le SidaAutant dire que les chances de survie des individus qui croisent Guillaume sont proches du zéro…
Le Guillaume en question s’est offert un petite croisière sur un beau et luxueux yacht, entouré de quelques milliers de fêtards de tous âges et conditions… Une petite assemblée qui va bientôt être plongée dans l’horreur absolue…

Comme le titre de ce premier épisode le laisse supposer, Sylvain Ricard expose le conflit et les risques. Tandis qu’il nous fait suivre de prêt quelques groupes de personnages, les premiers morts se déclarent. En haut lieu, les risques sont cernés et le sacrifice de quelques milliers de personnes (pour sauvegarder l’humanité entière) ne semble pas poser de problèmes…

Au dessin, Sylvain Ricard a embarqué dans sa “croisière” le jeune dessinateur Rica. Son dessin semi-réaliste s’accompagne d’un sens aigu de la caricature. Le trait, en noir et blanc et en niveaux de gris (avec des trames comme dans un manga) rappelle les meilleurs “Survival Horreur”. On pense à “Batlle Royale”.
Le découpage est classique et la composition très dynamique s’enrichit de gueules qui se déforment à l’envie.

Pour moi, ce premier tome de BD-catastrophe a bien commencé l’année. On vous dit depuis longtemps que la fin de l’humanité approche avec le réchauffement climatique. Sylvain Ricard, lui, suggère une fin plus expéditive et un dénouement tout aussi apocalyptique…
J’attends la suite avec impatience !