Moi ce que j'aime, c'est les monstres - Emil Ferris ♥♥♥♥♥

Publié le 16 décembre 2018 par Nathalie Vanhauwaert
Moi ce que j'aime, c'est les monstres   -  Emil Ferris

Monsieur Toussaint L'Ouverture
Roman graphique
Parution : 23/08/2018
Pages : 416
ISBN-13: 979-1090724471
Prix : 34.90 €
Présentation de l'éditeur
Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s'imagine même être un loup-garou: plus facile, ici, d'être un monstre que d'être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d'une balle dans le coeur. Mais Karen n'y croit pas et décide d'élucider ce mystère. Elle va vite découvrir qu'entre le passé d'Anka dans l'Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s'embraser et les secrets tapis dans l'ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants. Journal intime d'une artiste prodige, Moi, ce que j'aime, c'est les monstres est un kaléidoscope brillant d'énergie et d'émotions, l'histoire magnifiquement contée d'une fascinante enfant. Dans cette oeuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d'un Crumb et l'univers de Maurice Sendak.
L'auteure

En 2002, Emil Ferris (née en 1962 à Chicago), mère célibataire et illustratrice, gagne sa vie en dessinant des jouets et en participant à la production de films d’animation. Lors de la fête de son quarantième anniversaire avec des amis, elle se fait piquer par un moustique et ne reprendra ses esprits que trois semaines plus tard, à l’hôpital…
On lui a diagnostiqué une méningo-encéphalite : elle est frappée par l’une des formes les plus graves du syndrome du Nil occidental. Les médecins lui annoncent qu’elle ne pourra sans doute plus jamais marcher. Pire encore, sa main droite, celle qui lui permet de dessiner, n’est plus capable de tenir un stylo.
Le chef du service neurologie d’un des plus grands hôpitaux m’a dit que je ne marcherai plus jamais. Il en était sûr. — Emil Ferris
Alors qu’elle ne se voit plus aucun avenir, les femmes fortes à ses côtés l’encouragent – la thérapeute en charge de sa rééducation, ses amies et sa fille –, et Emil décide de se battre. Elle va jusqu’à scotcher un stylo à sa main pour dessiner, ce qui lui prend un temps fou… mais à force de persévérance, elle s’améliore. Emil décide de prendre un nouveau départ et s’inscrit au Chicago Art Institute, dont elle sortira, avec son diplôme, d’un pas déterminé.
Étudier à l’Art Institute était exactement ce dont j’avais besoin. Je n’avais pas d’éducation artistique de niveau universitaire et décider d’atteindre quelque chose de mieux était comme dire à l’univers que je refusais d’accepter la paralysie sans me battre. — E.F.
C’est à cette époque qu’elle commence l’écriture de son roman graphique. Elle mettra six ans à réaliser cette œuvre de 800 pages. Après 48 refus, l’éditeur Fantagraphics accepte le manuscrit.
Je travaillais sur un scénario basé sur la vision d’une fille loup-garou lesbienne blottie dans les bras d’un enfant Frankenstein transsexuel. Ces deux parias “monstrueux” ont été l’inspiration pour une nouvelle que j’ai écrite en 2004. Karen me parlait toujours (elle grondait plutôt, à vrai dire) et c’est en me fondant sur cette nouvelle que j’ai créé le livre.— E.F.
Le premier tome de son roman paraît en février 2017. Du jour au lendemain, Emil Ferris est propulsée parmi les « monstres » sacrés de la bande dessinée. Tandis que les réimpressions s’enchaînent, c’est unanime : il s’agit d’une œuvre d’exception.
Source : Monsieur Toussaint l'ouverture  
Elle nous en parle :

Mon avis
Attention énooorme coup de coeur c'est splendide, magistral , un nom à retenir Emil Ferris.
Ce n'est pas pour rien que ce roman graphique est le coup de ♥ de nombreux libraires. Emil Ferris est sans contexte à découvrir de toute urgence et ce pour de multiples raisons.
En 2002 l'année de ses 40 ans, lors d'une réception en son honneur, elle a été piquée par un moustique qui lui a transmis le virus de l'encéphalopathie provoquant rapidement une paralysie de ses membres.  Emil pensait ne plus jamais marcher, ne plus jamais dessiner.
A force de courage et de détermination, elle a peu à peu retrouver l'usage de son corps et de ses mains.  Au départ sa fille lui scotchait un stylo à bille dans la main...
Elle a décidé de prendre des cours de dessins et a commencé à dessiner dans des cahiers pour créer un grand roman graphique de plus de 800 pages, celui-ci en est la première partie.
Il fut compliqué de le faire éditer, faillite de l'éditeur, mais finalement il fut publié en 2017.  Monsieur Toussaint L'ouverture a fait le bon choix de se charger de l'éditer en français, sur un papier de qualité rendant au mieux ses fabuleux dessins.
Emil Ferris est sans conteste devenu un grand nom dans le genre "Comics".  Son travail est remarquable et l'originalité réside dans le fait que tout est entièrement réalisé au stylo à bille.
Osez cette expérience fabuleuse, croyez-moi vous n'en serez pas déçu.

L'histoire me direz-vous ?  J'y arrive.
C'est une double histoire qui nous est contée.  Nous sommes à Chicago dans le quartier Uptown fin des années 60.
Karen est une petite fille qui aimerait être mordue par un monstre pour qu'elle et sa famille le deviennent.  Les monstres la fascinent.  Elle lit le mensuel Ghaty chaque mois et dessine ces monstres dans un cahier.  Elle vit avec son grand frère Deeze et sa maman.  Elle nous raconte ses secrets et ceux de sa famille, de ceux qui l'entourent.
C'est aussi l'histoire d'Anka Silverberg, sa voisine.  Anka a été retrouvée morte, une balle en plein coeur, porte fermée.  Elle a été tuée dans le salon mais c'est dans son lit qu'on la retrouvée... Un mystère. 
Karen va enquêter sur sa mort et sur le passé douloureux d'Anka, rescapée juive des camps.
Ce roman graphique aborde la pauvreté, le commerce du sexe, la mafia, la discrimination, l'école, le racisme mais aussi la réalité des juifs durant la guerre, l'assassinat de Martin Luther King...  mais aussi les monstres qui se trouvent peut-être en nous !
Textes (assez denses) et dessins se partagent l'espace. L'art est omniprésent, l'auteure revisite les tableaux des musées avec Brio.
C'est une expérience UNIQUE , déstabilisante parfois, fantastique.  Un univers incomparable, onirique, original.
Les dessins sont SUBLIMES, EXTRAORDINAIRES, bluffants, chargés d'émotions.
Un travail remarquable.
Une expérience à vivre de toute urgence.
Un lire à offrir ou à s'offrir, vous ne serez pas déçus.
Immense coup de coeur ♥♥♥♥♥
Les jolies phrases

Si on pouvait voir avec un oeil de verre, le monde aurait-il l'air plus fragile ?
Il disait que quand les gens ont peur, ils sacrifient leur liberté à leur sécurité. Hitler l'avait compris !
Parfois des choses si terribles surviennent que les gens veulent que le monde soit à l'image de ce qu'ils ressentent au plus profond d'eux.
Les méchants, eux, le contrôle, ça les connaît ... Ils veulent que le monde entier soit effrayé pour pouvoir mener la danse.
Ne laisse jamais la noirceur des autres faire tomber la nuit en toi.