Le Nom du Vent – Patrick Rothfuss

Par Cpmonstre

BON LES PIOUPIOUS !

Ça s'tartine de crème solaire, ça s'détend les roubi-bi sous la pergola, mais le BLOG ALORS ? Va falloir reprendre le droit chemin et revenir vous causer, à la fraîche, en détente plantaire, de bouquins SERIEUSEMENT.

D'autant que ça faisait un petit moment que je vous teasais sur cette fameuse lecture, ce paveton des familles incroyable et qu'il est vachement temps de lever le voile pour vous en dire plus.

Alors si il vous reste une petite (grosse) place dans votre valise ou que vous n'avez pas d'idées (ça arrive c'est pas grave) et que vous avez grandement envie de vous lire un truc qui va vous passionner,

C'est ICIPAR

Ladies and gentlemen, please welcome...

Dans les Quatre Coins de la Civilisation, un aubergiste au passé trouble demande à Chroniqueur, un conteur et recenseur de récits du continent, d'écrire son histoire et ses faits d'arme. En effet, Kvothe n'est pas un aubergiste comme les autres. Sa légende acquise au fil de ses aventures est connue de tous. Et pourtant...

" J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'ose évoquer durant le jour. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J'ai été exclu de l'Université à un âge où l'on est encore trop jeune pour y entrer. J'y étais allé pour apprendre l'art de la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.

Mon nom est Kvothe. Vous avez du entendre parler de moi. "

Ainsi, pendant trois jours, Kvothe racontera son histoire. Sa version. Celle que personne connaît.

Le Nom du Vent est le premier jour.

MAIS OUI ! Voilà salut je repars dans mon hamac.

* * *

OKAY. L'humour est toujours là.

L'histoire de Kvothe, notre héros, commence dans la troupe de comédien de ses parents où l'enfant acquière d'incroyables talents pour la comédie et la musique, mais également pour l'art de la magie enseigné par un vieux vagabond. Une vie douce qui va être brutalement interrompue lorsque d'étranges créatures surhumaines qui n'existaient que dans les contes, massacrent toute la troupe. Leur crime ? Avoir chanté une chanson les concernant. Et apparemment il fallait pas. Kvothe, seul rescapé, va alors vivre pendant quelques années une vie de misère jusqu'à ce que le désir de retrouver ces êtres se fait plus fort.

Il s'inscrit donc à l'Université, la plus prestigieuse institution qui enseigne les différents art de la magie et, entre autres, le nom du Vent (une technique ancienne qui permet d'appeler et d'utiliser le Vent). Kvothe est un adolescent très précoce et très malin ce qui lui permet de réussir son entrée haut la main faisant de lui le plus jeune étudiant de l'établissement. Sa légende commence désormais !

Mais s'il a été facile d'y rentrer, Kvothe sait qu'il va être difficile d'y rester. Déjà parce que ça coûte un pognon fou, ce qu'il n'a pas et qu'il va inlassablement essayer de trouver au fil du récit (ça m'a fait penser à moi et mes découverts #identificationMAXIMALE), et parce que le petit gars s'est fait des ennemis dès son arrivée. Dont le rejeton d'un des plus riches nobles de la région. Rien que ça.

On pourrait avoir peur de plusieurs choses :

  1. Que l'histoire à l'école tourne en peu en rond (sur 800 pages...)
  2. Que l'extrême précocité de Kvothe soit un peu " facile " narrativement.

Eh ben pas du tout ! Si le roman prend son temps pour mettre en place son intrigue - car on ne va pas se cacher, pendant 100 pages on ne sait pas très bien où va cette histoire d'aubergiste légendaire qui raconte son enfance - il faut compter sur la plume de conteur de Patrick Rothfuss pour être alpaguer dans ses filets. Le gars peut te raconter n'imp', il sait son affaire et le fait incroyablement !

Il y a toujours un événement qui va détourner Kvothe de son chemin qui semble tout tracé. L'imprévisibilité de la narration est superbement gérer avec Kvothe adulte qui raconte son histoire à Chroniqueur et il se permet des semer des petits cailloux sur le futur du récit. Et donc, nous, on est tenu en haleine TOUT LE TEMPS.

En ce qui concerne, sa précocité et ses talents qui surpassent tout le monde, on se rend vite compte que ça lui entraîne plus de problèmes qu'autre chose. D'autant que Kvothe est un adolescent de 15 ans qui s'il se montre parfois un poil arrogant et trop sûr de lui, il se fait vite rattraper par son tempérament et par moment par son innocence et son inexpérience. On a donc là un récit d'apprentissage des plus habilement mené avec un héros qui apprend que rien n'est facile JAMAIS même avec les meilleurs capacités du monde.

Mais les méchantes créatures alors ? C'est quoi cette histoire ?

Comme je vous l'ai dit, Kvothe est allé à l'Université pour en apprendre plus sur eux. Or voilà, il ne peut rien dire à personne ce qu'il a vu et ce qui est arrivé à ses parents de peur d'être pris pour un affabulateur. En effet, pour le reste du monde, ces créatures ne sont que des personnages de conte, elles n'existent pas. Lui-même n'est pas très sûr de ce qu'il a vu mais à travers des anciens récits racontés par les troubadours (et à ce moment-là on se retrouve avec les frissons d'un prologue à la Galadriel), il se rend compte qu'il y a dans ces contes une vérité caché de tous que Kvothe est bien décidé à élucider.

Je le ne répéterai jamais assez : Patrick Rothfuss est un conteur hors pair. Il a développé un univers riche avec cette capacité rare de donner vie à ses personnages (nombreux) et à donner de l'épaisseur à son monde. J'ai été parfois bluffée par la facilité à laquelle on reste accroché au bouquin pendant plusieurs heures sans vouloir en sortir, dans un récit qui au premier abord dit comme ça ne semble pas raconter énormément de choses ( alors qu'en fait si, beaucoup). L'auteur tisse patiemment sa toile, laissant des indices et des récits abandonnés qu'on retrouvera dans la suite de l'histoire, la grande Histoire de la Légende de Kvothe, cet apprenti adolescent destiné à de grandes choses !

Bref. Coup de coeur.