Chronique : Meg, En eaux troubles - Steve Alten (Pygmalion)

Par Frédéric Fontès 4decouv @Fredo_Fontes

Une fois n'est pas coutume, je vais faire un petit préambule avant de parler du contenu.
Celles et ceux qui me suivent sur le net connaissent ma passion pour les romans de Steve Alten.
Cela fait quelques années que je prêche la bonne parole au près des éditeurs avec qui je suis en contact, pour qu'ils reprennent la traduction de la série abandonnée il y a presque 20 ans par les éditions du Rocher après la traduction des tomes 1 et 2, respectivement Mégalodon et La Terreur des abysses. Quand on sait que le premier a été publié en 1997 et le second en 2000, si on voulait à l'époque planter le lancement de cette série prometteuse, il ne fallait pas faire autre chose qu'attendre 3 ans pour publier la suite...
Bref, depuis 2014, j'ai eu l'occasion de faire le tour des maisons d'éditions avec mes trois fiches de lecture (Meg, La Terreur des abysses et le tome 3 inédit en France, Primal Waters). Personne n'était intéressé. Dommage, mais dès que j'ai l'occasion, j'en parle.
En aout 2015, j'ai pu en papoter de vive voix avec une éditrice, que m'avait présenté Anna Pavlowitch de chez Flammarion. Échange de mails afin de lui transmettre mes trois fiches, avec mes recommandations : intérêt des lecteurs pour les créatures préhistoriques avec la sortie à l'époque de Jurassic World, annonce de la mise en chantier de l'adaptation de Meg en film avec Jason Statham, publication aux USA d'une version remaniée par Steve Alten avec intégration d'un prologue jusque-là disponible en ebook, traduction à revoir et corriger.
Le soir même j'envoie les fiches. À ce jour, je n'ai jamais eu aucune nouvelle de l'éditrice malgré une relance quelques semaines plus tard... Je n'ai rien fait de plus, pour moi, le projet ne l'intéressait pas.
Alors oui, il s'est certainement passé pas mal de choses en 3 ans. De nombreux autres contacts ont pu rentrer dans la course (dont l'agent de l'auteur très actif depuis lors). Mais ce n'est pas très glorieux de ne jamais avoir donné signe de vie, ni de n'avoir jamais pris le temps de m'informer de la publication à venir (j'ai appris la chose par hasard sur fb en début d'année).
Voilà, avant de dire merci à Florence Lottin des éditions Pygmalion (parce qu'il s'agit de cette personne rencontrée en 2015) pour le travail accompli sur cette superbe nouvelle édition, je tenais à dire ce que j'avais sur le cœur depuis quelques mois. Rapporteur d'ouvrage est déjà une activité pas très évidente. Mais quand on se retrouve face à ce genre silence méprisant, ça ne donne pas très envie de continuer à se décarcasser... On va dire que mes mails ont terminé leur route dans les courriers spam...
Celles et ceux qui m'ont contacté ces derniers temps pour tenter de placer leur manuscrit dans des maisons d'édition comprendront maintenant ma décision de ne plus le faire.
Voilà, maintenant que c'est dit, on va pouvoir revenir au sujet le plus important : le livre.
Le thème est captivant. Steve Alten occupe un espace laissé vacant depuis la disparition de Michael Crichton : le roman de monstre. L'auteur vulgarise juste comme il faut les détails techniques auxquels sont confrontés ses personnages.
À l'époque de sa sortie en 1999, on nous vendait le livre comme le parfait mélange entre Les Dents de la mer de Peter Benchley et Jurassic Park de Michael Crichton. D'ailleurs, le prologue [d'origine] du livre lorgne bien de ce côté-là.
C'est captivant, ça se lit très vite et l'auteur n'épargne rien à son héros. La suite, La Terreur des abysses, est parfaitement complémentaire avec ce premier opus, puisqu'elle relance de manière très intelligente l'intrigue, en nous racontant en détail la nature de la mission secrète de Jonas lors de sa première rencontre avec la femelle mégalodon. Intrigue qui permet d'ouvrir la porte à d'autres créatures marines oubliées...
Gros potentiel puisque les romans de monstres de qualité se font plutôt rares depuis Les Dents de la mer de Bentchley, la saga Jurassic Park de Crichton, Relic et Le Grenier des enfers de Preston-Chrild et Les Ruines de Scott Smith.
À ce jour, il existe cinq romans publiés aux USA, le sixième est annoncé pour fin juillet.
Dans le même style, Steve Alten a écrit un one-shot, The Loch, mettant en scène un jeune biologiste amené à découvrir les secrets du Loch Ness.
C'est donc une version remaniée que nous propose les éditions Pygmalion. Nouvelle traduction de Thibaud Eliroff sur cette histoire revue et corrigée par Steve Alten en 2015, et l’insertion d'un nouveau prologue de 89 pages, Meg : Origines. Et à la fin, une information qui fait chaud au cœur : "À SUIVRE..."
Je croise les doigts pour que le succès soit au rendez-vous et pour que les éditions Pygmalion s'intéressent à la bibliographie abondante de Steve Alten.
D'ailleurs, si nous voulons voir d'autres romans de l'auteur traduits en France, il faut faire en sorte que la parution de cet opus soit un immense succès.
J'ai déjà les précédentes éditions dans la biblio, les versions US également, mais je me suis quand même procuré cette édition dès sa sortie.
Merci de faire du buzz autours de ce livre, il le mérite !

Présentation de l'éditeur : À la fin du Pliocène s'éteint le plus gros et le plus féroce prédateur de toute l'histoire : le Carcharodon megalodon. Dix-huit mètres de long pour vingt tonnes, l'ancêtre des grands requins blancs a dominé la chaîne alimentaire marine pendant des millions d'années. 
De nos jours, en Californie, le professeur Jonas Taylor, paléobiologiste et ancien pilote de submersible pour la Navy, tente en vain d'oublier sa dernière plongée. Il ne peut effacer de sa mémoire ce qu'il a cru voir, ce qui a causé la mort de deux hommes, ce qui a ruiné sa carrière militaire : la tête du monstre, triangulaire, horrifiante, et son étrange éclat luminescent. 
Lors d'une conférence, il défend sa théorie : les megs peupleraient toujours les profondeurs. Ridiculisé par ses pairs, seule une descente dans la fosse des Mariannes pourrait prouver ses dires. Mais réussira-t-il à s'échapper une nouvelle fois du gouffre de l'enfer ?
Frédéric Fontès, www.4decouv.com