Je tiens tout d’abord à remercier la plateforme Simplement.Pro et l’auteur Vincent Gaufreteau pour ce partenariat.
Pourquoi ce livre ? J’étais un peu intimidée en atterrissant sur cette plateforme qui relie directement un auteur à son public. C’est encore un autre principe que NetGalley, et les deux sont aussi bons. Bref, ce livre fut le premier que j’ai osé demander directement à son auteur, quelle ne fut pas ma joie de voir que ma proposition fut acceptée.
J’ai pourtant mis du temps à me plonger dedans. Pas parce que c’est mal raconté ou sans intérêt, au contraire parce que l’auteur prend le temps de poser les bases de son intrigue, présentant l’histoire de la Chimeterre ou de ses différentes Maisons et institutions. Pour un livre court, un peu plus de deux cents pages, j’ai apprécié que l’auteur entre autant dans les détails, donnant au lecteur l’accès à un univers soigneusement construit et savoureux. L’ensemble est davantage porté sur la diplomatie et la politique que sur l’action. Par la menace qui gronde au Nord de la Chimeterre, dans une forêt dense que peu d’hommes civilisés ont foulée, le jeu politique est mis en branle. Qui aura les épaules assez solides pour contrer cette menace grondante ? Qui aura le courage ou l’inconscience de s’opposer à l’Aurochs rouge ? Il faudra atteindre la fin de ce premier ouvrage pour déterminer la fin de ces rouages… Cette fin est justement grandiose. Si ce qui précède n’est que jeu politique et découverte de cet univers mystérieux, l’auteur contrebalance en équilibrant l’ensemble par des rebondissements, une tension allant crescendo et une explosion finale, où seuls pertes et désespoirs embrasent le cœur des hommes. Je vous avoue volontiers que j’ai été comblée à tout égard par ce premier tome. Le système politique, bien que simple, est digne d’un Trône de ferde George R. R. Martin. Malgré tous les noms et institutions, on se repère très facilement grâce aux explications. Quant à l’action, celle-ci se révèle savoureuse, sans deus ex machina et autres procédés qui viendraient gâcher l’horreur de la situation dans laquelle sont plongés les personnages, que nous avons appris à apprécier tout au long de la lecture.
Ces fameux personnages ne sont pas centaines, l’auteur concentre le regard du lecteur sur quelques figures clés. Je pense d’abord et avant tout à Aegorn qui, j’en prends conscience en rédigeant cette critique, ouvre et clôt le bal. Seigneur de la Maison Gardenor située au Nord de la Chimeterre, ses troupes sont en première ligne, confrontée dès les premières pages à la menace croissante. Aegorn doit protéger son royaume mais également sa famille, ses réactions tendent à le rendre humain et non comme un seigneur idéalisé. Il est épaulé de sa compagne Alena, qui détient un pouvoir tout à fait surprenant, mystérieux et délicat, même si ce don s’apparente davantage à une malédiction qu’autre chose. Les dernières révélations à son sujet donnent particulièrement envie d’en apprendre davantage !Le Flamar Menbès est également un personnage fort, bien que son côté « incassable » soit légèrement irréaliste. Il incarne la force et l’espoir de son institution, lui dont le potentiel et la bravoure ne cessent de surprendre les gens qui l’entourent. Le sort que lui réserve l’auteur m’a énormément plu, et là encore j’ai hâte de voir ce que la suite lui réserve !D’autres personnages viennent renforcer la crédibilité de l’ensemble, comme le gradé Brystar, un solide gaillard qui se plie à n’importe quel ordre de son seigneur, Ymaric, jeune seigneur de la Maison Louve venu prêter main forte dans le Nord, Apone, et j’en passe. Tant de personnages que j’ai adorés découvrir et qui me manqueront.Finalement on en apprend bien peu sur l’Aurochs rouge. Derrière ses troupes, il est grandement respecté et semble détenir une profonde autorité. Toutefois ses desseins sont gardés secrets, l’auteur ouvre une porte en donnant un indice mais ne formule rien de plus, me donnant l’impression que j’étais une voyeuse frustrée !
Enfin, la plume est géniale. Elle offre une douceur sans borne dans ce monde brutal, violent. Elle permet de nous échapper dans un tout autre univers, âpre et difficile, avec une facilité confondante. Une fois plongé dans l’intrigue, on se sent comme sur un nuage, un confort difficile à quitter.
J’avais le sentiment d’être dans une œuvre de Fantasy de grande envergure, qui a su conserver une simplicité relevant mieux encore son originalité. Si l’ensemble reste humble, je n’hésite pas à l’appréhender comme une saga qui mérite sa place auprès des plus grandes du genre.
18/20
Les autres titres de la saga :1. L'Aurochs rouge- saga en cours -