Ina Mihalache – Autoportrait en chienne **

Par Laure F. @LFolavril

Éditeur : L’Iconoclaste – Date de parution : mars 2018 – 200 pages

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Ina Mihalache a la trentaine, elle aborde l’âge où sa mère est tombée enceinte d’elle. Pour pallier l’angoisse et la pression qui s’emparent d’elle, la jeune femme décide d’adopter un chien. Un désir de chien plutôt qu’un désir de bébé. Et pourquoi pas ? Un être qui l’aimera pour ce qu’elle est, quoi qu’il arrive. Ainsi, la jeune femme adopte Truite.

Parler de sa chienne c’est aussi un moyen pour l’auteure de se confier, d’écrire sur soi. Évoquer ses souvenirs d’enfance et d’adolescence au Québec. Depuis toujours, Ina rêve de la France, elle peaufine son français dans l’espoir ardent d’y vivre plus tard, reniant carrément ses origines québécoise, toujours honteuse de la prononciation de ses parents. Elle travaille son vocabulaire, tchatte avec des inconnus français au milieu de la nuit.

Un curieux roman, sorte d’autobiographie animale – confessions intimes et réflexions sur l’attachement animal – qui m’a tour à tour agacée, fait sourire et attendrie. Une écriture pêchue, vive et alerte, bourrée d’humour, qui se déguste sans déplaisir.

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« Or, j’aime que ses cinq kilos de Truite pèsent de tout leur poids sur moi. Le temps s’arrête, je suis son sanctuaire. Je sais qu’elle ne s’y attardera pas longtemps parce que je ne suis pas d’un parfait moelleux. Mais tant qu’elle y reste, je suis vernie. Elle est à moi, je suis à elle, je la contiens, elle me captive. Notre fusion inter-espèces me donne une raison d’être. »