Nuit par Bernard Minier

Par La Bouquinerie Imaginaire

Résumé :

Kirsten Nigaard, policière norvégienne, découvre le corps d’une femme étrangement disposé dans une église. Dans sa poche un bout de papier avec deux mots notés : Kirsten Nigaard… Son enquête va la mener jusqu’à un personnage, que Martin Servaz, membre du SRPJ de Toulouse, n’avait pas vu depuis longtemps : Julian Hirtmann. Mais Martin apparaît sur plusieurs clichés… Va-t-il retrouver la personne que Hirtmann tiens en otage depuis plusieurs années ? Et qui est ce petit garçon qui apparaît aussi sur certains clichés ?

Enfin la suite !

Pour ceux qui suivent le blog depuis le début vous savez que pour moi Minier est un des meilleurs auteurs de policier français. Et j’ai pu enfin lire quelques semaines après sa sortie la suite tant attendue. Bien entendu on retrouve le style d’écriture de Minier, avec un suspense qui augmente de page en page et une envie de lire la suite incroyable.

Les personnages :

Avant de lire ce qui suit, sachez que si vous n’avez pas lu les premières aventures de Martin Servaz, certaines informations dévoilées dans les tomes précédents peuvent être données, à vous de voir ! Par ailleurs, je ne vais parler que des deux antagonistes de la série ainsi que du personnage qui fait son apparition dans ce tome. Mais il en existe des dizaines d’autres et il faudrait un article pour parler de tous donc à vous de les découvrir en lisant les romans de Minier ! 

  • Martin Servaz :

Commençons Servaz puisqu’il s’agit du personnage principal. C’est un policier de la vieille école mais un policier pas comme les autres. Il s’était d’abord engagé dans un cursus de littéraire en faisant une classe préparatoire (hypokhâgne puis khâgne) avant de se réorienter de manière à devenir policier et enquêter sur la mort de sa mère. Il est passionné par la musique et plus précisément par celle de Mahler dont il aime le côté sombre et dramatique. Cela s’allie avec sa misanthropie. Il a une fille qu’il aime plus que tout mais à qui il est incapable de le révéler et qui est elle aussi en classe préparatoire littéraire. Elle lui reproche souvent de trop être investi dans son travail. Ses collègues le respectent énormément par tout ce qu’il a déjà accompli et il a réussi à former une équipe soudée et unie…

  • Julian Hirtmann :

C’est le grand méchant de tous les livres de Minier où Servaz est le héros. Il était procureur de renom avant de tomber pour le meurtre de sa femme ainsi que son amant. Il fut ensuite envoyé dans un hôpital psychiatrique pour avoir tué un grand nombre de jeunes filles. D’apparence, Hirtmann peut avoir l’air tout à fait normal. Mais il prend un malin plaisir à manipuler les gens. Il partage avec Servaz une passion pour Mahler ce qui fait de cela un point commun supplémentaire, en plus de leur misanthropie.

  • Kirsten Nigaard :

C’est une policière norvégienne, elle est très réservée et très peu patiente comme on peut le voir au début du roman. C’est une personne très mystérieuse dont nous en apprenons tout au long de l’histoire…

L’intrigue :

Comme tout roman policier, le livre commence par la découverte d’un macchabée. Puis, nous sommes surpris par la tournure que prend l’histoire : Servaz a un accident. Alors certes, on pourra critiquer le fait que l’accident a lieu au bout de 50/60 pages et qu’il n’y a aucun suspens sur l’issue de la scène : Servaz en sortira quoi qu’il arrive vivant, sinon que se passerait-il les 300 pages restantes ? Mais le point fort de cette péripétie, c’est que Minier va plonger son personnage dans cette situation et qu’il va regarder comment il s’en sort. On va donc découvrir un nouveau Servaz évolué et bouleversé par les événements. En ce qui concerne la suite du roman, les personnages sont comme d’habitude pourris jusqu’à la moelle. Malgré cela, on s’y attache quand même à cause des raisons qui les ont mis dans cet état-là.

Il y a aussi, l’intrigue secondaire, celle sur Gustav, le petit garçon. Les plus assidus dans la lecture des tomes précédents, auront vu le coup venir, auront deviné certaines choses avant que Servaz n’en soit sûr. Encore une fois, c’est classique et on le voit venir, mais on s’en veut de ne pas y avoir pensé à la fin du tome précédent tellement c’était évident.

Et puis il y a la fin. Ce qui fait qu’un roman est réalisé par Minier ou non. Cette capacité qu’à l’auteur à nous surprendre, que ce soit de manière splendide comme dans Une Putain d’histoire, ou alors d’une façon tellement subtile… Certes, on n’est pas autant ébloui et bouche bée que dans certains de ses précédents ouvrages, mais la réalisation est belle. Et c’est cela qui compte au final…

Mon avis :

Je pense qu’il ne s’agit pas de son meilleur roman. Aussi, je commence à avoir peur que le prochain ne soit trop prévisible, que Minier ne soit pas capable de se renouveler et que le sentiment que j’avais eu dans N’éteints pas la lumière se répète (je reconnais que ce livre reste tout de même meilleur que le précédent) … C’est le seul bémol que je peux apporter à ce livre. Cependant, il n’est pas mineur, donc je me sens obligé de le préciser.

En dehors de cela, toutes les qualités de l’écriture de Minier sont présentes : les références culturelles et les descriptions réalistes mais qui reste de l’ordre du raisonnable ce qui ne laisse pas de temps mort. Ses personnages sont toujours aussi attachants et Servaz est plus tiraillé que toujours (ce qui le rend encore plus réaliste).

Par ailleurs, les descriptions sont une fois de plus efficace : belle, d’une longueur suffisante et elle permette à Minier d’installer son récit dans l’ambiance nécessaire. Un policier demande de l’angoisse et du suspense, ses personnages, et surtout ses décors sont justes parfaits pour cela. Que l’on prenne les chalets autrichiens immenses du chef d’orchestre vivant seul, ou la visite sur la plate-forme pétrolière : rien ne manque ! Encore une fois, chapeau bas monsieur Minier !

Petit plus :

Comme à chaque fois, l’histoire se passe dans les montagnes. Mais cette fois-ci, l’auteur nous fait encore plus voyager : les Alpes autrichiennes, la Norvège et même un petit tour sur une plateforme pétrolière. Les descriptions étant très réaliste c’est un plaisir de se laisser embarquer dans l’histoire !

Ma note : 9/10

Je mets comme note 9 même s’il y a un peu plus de prévisibilité que sur ses premiers romans. Mais l’histoire est toujours là, l’intrigue est toujours aussi efficace et les descriptions toujours aussi belles alors que peut-on demander de plus si ce n’est la suite ?!

Titre : Nuit

Auteur : Bernard Minier

Éditions : XO éditions

Année de parution : 2017

Genre : Policier/Thriller

Nombre de pages : 528

ISBN : 9-782845-638273

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