Noir sur la ville 2017 - J-10 - Si on parlait de Frédéric Paulin ?

Par Loiseaulivre

Noir sur la ville arrive à grand pas.

J-10 avant le lancement des hostilités.

Concernant le programme , je vous laisse consulter l'excellent site de la Fureur du noir ICI.

Vous y trouverez tous les renseignements utiles pour passer trois jours de folie.

Me concernant, j'ai dix jours pour vous présenter quelques d'auteurs invités.

Commençons par un auteur que j'affectionne particulièrement. J'ai eu l'occasion de le découvrir grâce au recueil de nouvelles noires "Rennes, ici Rennes".

J'ai poursuivi avec "Maillot noir", autre recueil de nouvelles du collectif d'auteurs Calibre 35 dont je vous livre ici la chronique faite en 2015 pour le Cri de l'ormeau.

Après Rennes ici Rennes, paru en 2013, le collectif Calibre 35 récidive avec Maillot noir. Une belle préface de Jean-Bernard Pouy donne le départ des hostilités.

Que l'on soit fan de la petite reine ou pas, ce recueil de nouvelles noires nous mène directement sur le podium. Nous voici au cœur d'une étape de 179 kms : Rennes/Mûr-de-Bretagne, sur un vélo, dans les coulisses du tour ou sur le bord des routes jamais très loin des caravanes qui passent...

8 auteurs du collectif rennais ont décidé d'abandonner leur tricycle et d'enfiler le maillot noir, celui destiné au dernier du classement dans les années 50. De manière très personnelle et avec une bonne dose d'imagination, ils mouillent leur maillot et remportent l'étape avec humour, noirceur, sueur et labeur.

Entre usurpation d'identité, tandem de tendres jumeaux, prise de bec pour un baiser, dope en stock, prise d'otage pour un fromage, amour vache et philosophie délirante sur la petite reine, il n'y a qu'un pas et un seul prix. Celui de la victoire ou de la mort.

Un bien agréable moment de lecture !

Ma dernière lecture en date n'est pas la moindre.

"Le monde est notre patrie", paru en 2016 chez Goater Noir.

Je remets la chronique car ce bouquin a été un gros coup de foudre.

Sous un titre qui claque et qui a du sens ( il représente la devise des mercenaires se cache une histoire noire à souhait, celle de Maxence Stroobants, un géant à l'oreille coupée, mercenaire aguerri dirigeant une boîte de sécurité militaire privée.

Stroobants Secure SA fournit ses services à des dignitaires, des organisations internationales ou encore des lobbyistes assoiffés de marchés juteux. Cette société sillonne les zones en conflit, à fort risque sécuritaire comme le Mali, le Niger ou encore l'Irak.

Les opérations menées par les contractors de Stroobants sont d'ordre paramilitaires. Escorter, sécuriser, défendre les intérêts économiques et politiques de pays ou de sociétés privées au risque d'être impliquer dans des scandales. Car la guerre est un marché en or, qu'elle soit de haute ou de basse intensité et chacun veut en tirer profit quitte à se brûler les ailes. Et ce n'est pas forcement sur le terrain que la mort rôde, la mère patrie semble bien plus dangereuse.

Les nouvelles sociétés de sécurité tiennent une place majeure dans le roman, mais l'histoire ne se résume pas à un débat sur ce sujet. C'est aussi et surtout des portraits de mercenaires, le lien " à la vie, à la mort " qui les unit lors des missions, l'amour bien difficile à caser parmi ce chaos et la trahison au demeurant inacceptable.

" Selon moi, le degré d'intensité d'un conflit reflète l'incapacité du politique à préciser ses objectifs mais surtout son incapacité à atteindre ses objectifs sur le terrain. C'est là que nous, entreprise de sécurité et de défense, intervenons. C'est là que nous sommes devenus nécessaires. Un mal nécessaire. "

Roman d'une grande qualité tant au niveau de l'écriture, que du scénario.

Frédéric Paulin maîtrise parfaitement son sujet, s'y ballade avec aisance et permet ainsi au novice comme au connaisseur de l'accompagner dans ce monde pas très choupinou.

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas eu de coups de foudre. C'est chose faite avec ce roman noir qui, soit dit en passant, n'est pas un livre " pour les mecs ", c'est un livre écrit par un mec qui n'a jamais dit que c'était un livre pour les mecs...CQFD

Et je ne vous apprends rien en disant qu'il existe des filles qui n'aiment pas les histoires d'amour. Il y a même des filles qui n'ont jamais lu Cinquante nuances de grey, qui n'aiment pas le rose et qui préfèrent Thompson et Jonquet à Musso ou Chattam...Il y en a même qui aiment le rose et Thompson et qui boivent de la bière en lisant Musso ou qui lisent peut être Orwell et " Martine petite maman " en dansant la samba ? RE CQFD parce qu'il y en a marre de ces personnes qui rangent la littérature dans des cases et le Genre avec.

Son petit dernier, paru en septembre 2017 va certainement faire parler de lui.

Polar engagé, écolo, social, son titre laisse augurer une super ambiance.

"La peste soit des mangeurs de viande"

Manufacture de livres septembre 2017