Summer – Monica Sabolo

Par Mélanie @Lismoisituveux

En plein cœur de la rentrée littéraire, le nouveau roman de Monica Sabolo, Summer (J.-C. Lattès, août 2017), est plébiscité par la critique. Distinction supplémentaire, synonyme de reconnaissance de la part du milieu littéraire, on retrouve ce livre dans la première sélection du Goncourt 2017.

Les recommandations au sujet de ce livre, glanés sur Internet, parmi les blogs et autres articles, m’ont convaincue de le lire. Qui plus est, ce que suggère le résumé mis en avant par l’éditeur est suffisamment évocateur pour capter mon attention…

Quelle est donc cette histoire qui semble captiver et séduire les lecteurs…?


Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?
Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.
Comment vit-on avec les fantômes ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.

Près de vingt-cinq ans après la disparition de sa sœur près du Lac Léman, Benjamin Wassner est rattrapé par le passé. Il suffit parfois d’un rien pour qu’il refasse violemment surface. Depuis ce jour d’été où Summer s’est comme volatilisée, Benjamin s’est construit avec cette absence. Mais l’absence, le poids de la culpabilité, ont fait de lui un homme dépressif, sans repères, errant au sein d’une famille puis d’une société desquelles il s’est toujours senti en marge.

L’histoire est centrée sur Benjamin. Hanté par le souvenir de sa sœur, il lui est ainsi impossible d’avancer. Trop de questions laissées sans réponses, trop de souvenirs refoulés. Depuis peu, en consultation psy, il convoque sa mémoire des années passées sans sa sœur, du jour de sa disparition jusqu’à aujourd’hui. Avec à la clé le besoin impérieux de savoir, de comprendre. Ses souvenirs, comme de précieux indices, constituent le fil conducteur de l’histoire. C’est notamment à travers son regard que l’on entrevoit le portrait de sa famille. Un père avocat de renom. Une mère sublime. Une famille entourée, parfaite au premier abord. Et, enfin, Summer, lumineuse et insaisissable jeune fille…

L’action se déroule sur un périmètre resserré, autour de Genève et du lac Léman. La nature est omniprésente tout au long de l’histoire. Le personnage de Benjamin évoque très fréquemment tout ce qui a trait à l’univers aquatique, dans ce qu’il a de plus beau mais aussi de plus noir et étouffant. Au-delà de poser le décor de l’histoire, l’évocation de ces éléments servent parfaitement la narration. Ils renforcent alors cette sensation d’oppression que l’on ne peut s’empêcher de ressentir à la lecture, traduisent le mal-être vécu par le personnage. Le tout confère au livre une atmosphère trouble, sous tension, qui invite le lecteur à rechercher, à vouloir la vérité, comme le jeune homme.

Finalement, derrière le vernis brillant des apparences se cachent parfois des non-dits, des secrets, même au sein des familles que l’on pense être des plus respectables. Mais les mystères peuvent avoir des conséquences destructrices. C’est ce que Monica Sabolo nous rappelle habilement, avec ce roman…

En bref : Un livre sombre et envoûtant. Un coup de cœur évident.