Manifeste animaliste de Corinne Pelluchon

Par Folfaerie

D’abord un grand merci à Babelio pour ce masse critique qui m’a permis de lire ce livre, dont évidemment le titre m’avait indéniablement attirée mais qui, cependant, me paraissait un peu vague et fantaisiste.

Fantaisiste, le propos ne l’est plus du tout en fin de lecture. Car il ne s’agit ni plus ni moins  que de politiser la cause animale afin d’obtenir des résultats certains, en proposant des mesures susceptibles d’obtenir un large consensus, ce qui éviterait de « piétiner » sur certains dossiers pendant encore 10 ou 20 ans.

Quand on s’investit pour la cause animale, sur le long terme, on s’aperçoit que tout fonctionne par cycle : je ne donnerai qu’un exemple : le port de la fourrure : honni et ringard il y a 10 ans, redevenant à la mode aujourd’hui. Or, ce sont ces incessants revirements qui freinent les avancées et épuisent les militants qui ont l’impression de tourner en rond.

Par ailleurs, des causes ont certainement été perdues car bien que l’opinion publique soutienne la fin d’une pratique ou d’une activité néfaste aux animaux, rares sont les solutions alternatives proposées. Or, l’intérêt de se manifeste est de prendre en compte, et même d’anticiper la reconversion d’un grand nombre de salariés travaillant dans des domaines impliquant l’exploitation animale.

Enfin, l’auteur, (qui est philosophe, au fait) propose la mise en place de cursus, de formations sur la condition animale, le droit des animaux afin que chacun puisse prendre conscience des enjeux. Le volet éducatif est donc aussi important que le volet législatif.

Corinne Pelluchon prend en modèle le processus enclenché par le Président Lincoln lorsqu’il a voulu supprimer l’esclavage. Il est certain que l’on peut tirer des leçons bénéfiques de cet illustre exemple.

Car pour ne pas cantonner la cause des animalistes sur le plan purement intellectuel ou moral, il faut lui donner une dimension sociale et politique et appréhender de nouvelles stratégies, une approche novatrice qui a réellement suscité mon enthousiasme.

Car la société est en train de changer. Certes, lentement, mais de manière significative. La maltraitance animale pousse des citoyens à modifier leurs habitudes de consommation, changements ayant un impact de plus en plus lourd sur certains secteurs économiques, que plus personne ne peut nier. Il faut donc prendre le train en marche, car si ajoute cette prise de conscience à tout ce que les citoyens sont en train de se réapproprier en terme d’initiatives écologiques collectives, je me dis que le tournant est peut-être historique.

Au final, un coup de coeur pour ce »petit » livre d’une centaine de pages qui a le mérite de poser les fondations solides du travail à venir pour qui veut vivre et évoluer dans une société où la cause des animaux et la cause des humains ne seront qu’une.