Bonjour,
J’ai déjà eu la possibilité de lire 2 romans de Benoît Séverac : Silence et Little Sister ( vous pouvez retrouver les chroniques ici et là
4ème de couverture
«Vous devriez faire attention à vous, docteur Ollard. Vous pensez avoir tout compris à la condition des Maghrébines en France parce que vous avez rencontré une gamine et sympathisé avec elle ; mais nous, ça fait des années qu’on est au courant de ce qui se passe dans les cités, c’est notre métier. Nous savons qui fait quoi, et qui représente un réel danger».
Sergine Ollard est vétérinaire à Toulouse. Une adolescente désemparée, Samia, lui demande d’examiner un chien souffrant d’un mal mystérieux que son frère aîné, Nourredine Ben Arfa, cache dans une cave. Dans ce quartier gangrené par le trafic de drogue et travaillé par l’islamisme radical, la jeune vétérinaire va se trouver embarquée malgré elle dans un combat entre deux camps qui partagent la même culture de violence.
Le roman noir de la France d’aujourd’hui.
Mon avis
Voilà un livre pour lequel je vais avoir autant de mal à vous donner mon avis que j’en ai eu à le lire !
Pourquoi ?
J’ai vécu à Toulouse, alors certes je ne connais pas vraiment le quartier des Izard, mais par contre j’allais régulièrement au Mirail. A l’époque de Mohammed Merah, j’étais partie mais je suis dans le Tarn (si vous vous rappeler des événements, il est venu tuer « chez nous » – je passe tous les jours devant le 8ème RPIMa où il a tué des militaires
Alors ce bouquin ben, il me remue, il me dérange…il m’interpelle et m’inquiète car la situation n’a pas beaucoup changé, voir elle a empiré !!
Le titre
Tout commence par un chien passeur (vous savez comme les mules humaines qui ingèrent des sachets de drogues pour passer la frontière ) malade, une adolescente émue prête à affronter son frère pour sauver ce chien et une véto.
Malheureusement ce chien ne pourra être sauvé (c’est un enjeu de taille dans la cité
Et tout s’enchaîne !
L’histoire
Avec des phrases simples, sans fioriture, Benoit Séverac nous parle de la cité des Izard…fourmilière humaine dans laquelle les jeunes tentent d’exister. Oh il y a des gens biens mais ceux qu’on voit, ceux qu’on entend (nous qui sommes un peu loin
Les « cités », quel terreau fertile pour les dealers et les fanatiques !!
Dans ce roman on suit:
Nourredine… « petit » dealer de la cité qui cherche à prendre de l’envergure. C’est lui qui tient le marché de la drogue, c’est le leader des jeunes paumés des Izard. C’est sa manière à lui d’être, d’exister aux yeux des autres.
La place d’un chef est souvent un siège éjectable, on se fait des ennemis et il est donc nécessaire de faire des alliances ! Mais toute décision, tout choix a des conséquences, et Nourredine devra en payer le prix !
Hamid, lui c’est la religion, Daesh. Il est d’une famille modérée mais il se pose de nombreuses questions, il n’arrive pas à se situer dans la société dans laquelle il vit. « Heureusement »(ironie), l’Imam et son frère (revenu de Syrie) sont là pour lui montrer le chemin..à tel point qu’il en oubliera ceux avec qui il a grandit et « embrassera » les convictions salafistes … mais jusqu’où est-il vraiment capable d’aller ?
Face à ces jeunes il y a les flics (ceux qui sont sur le terrain mais aussi les autres). Ils se servent des uns pour découvrir où se cachent les autres. Ils ont toutes les informations en main dans leurs différents services mais « on ne mélange pas les torchons avec les serviettes » alors… « échec et mat » !
Enfin au milieu, entre le marteau et l’enclume, il y a Sergine qui fonce sans réfléchir pour sauver Samia. Elle est comme nous, elle ne connaît pas les tenants et les aboutissants de ce qui se passe dans la cité. Elle n’a qu’un objectif et elle fera le nécessaire pour l’atteindre. C’est grâce à elle et avec elle que nous, lecteurs, découvrons l’envers du décors.
Conclusion
Je suis contente d’avoir lu ce livre et d’être arrivée jusqu’au bout (j’ai pu savourer la note d’espoir final…et c’était nécessaire
Bonne lecture !! ❤