- Auteur : Collectif
- Serie : Osez...
- Genres : Erotique
- Editeur : La Musardine
- Collection :
- Publication: 24/ 01/ 2013
- Edition: Broché
- Pages : 256
- Prix : 8,20€
- Rating:
Résumé :
Quand romantisme rime avec érotisme
L'infidélité, les sexfriends, le libertinage, c'est très excitant, mais le sexe entre amoureux, ce n'est pas mal non plus, n'est-ce pas ? C'est en tout cas ce qu'ont voulu nous prouver les auteurs de la collection " Osez 20 histoires " dans ce nouveau volume, exclusivement consacré à l'Amour avec un grand A, décliné sous ses formes les plus chaudes dans 20 nouvelleS avec un grand S comme Sexy, Sensuelles, Salées, Sulfureuses, Sauvages...
Qu'on se le dise, les romans à l'eau de rose mielleux et nunuches n'ont pas le monopole du cœur : l'amour se marie très bien aussi avec la littérature érotique la plus débridée. Et sous ses airs de petit ange jovial et boudiné, Cupidon se révèle être un fieffé coquin !
Avis de TeaCup :
Je tiens à remercier Stéphane des éditions La Musardine pour cet envoi.
Ça faisait un moment que je n'avais pas lu de recueil de la collection " Osez 20 histoires ", et celui-ci me faisait de l'oeil !
Le recueil m'a un peu déstabilisé, car je m'attendais à des textes explicites, sinon on ne lit pas ce genre de recueil, donc explicite, cru voir bien X... mais avec des couples ou la notion d'amour serait centrale forcément des couples sexuelles quoi. Quel que soit la forme (trouple/homosexualité/hétérosexualité...) ou quel que soit la forme (BDSM, échangisme....), or, je n'ai pas vraiment eu ce ressenti. Plusieurs nouvelles, pour moi, flirtent de très très loin avec le thème. Donc en soit ce n'est pas gênant, mais j'avais presque l'impression de hors sujet.J'ai d'ailleurs trouvé intéressantes les nouvelles qui prenaient le thème à contrepied presque, je pense à la nouvelle de Aline Tosca par exemple même si je ne peux pas tout vous révéler.
On peut aussi noter la présence (sur-présence ?) de certains auteurs bien connue de la collection, Octavie Delvaux n'est pas présente 2 fois comme je l'ai déjà vu, mais 3. Julie Derussy aussi 2, tout comme Anne de Bonbecque.Si les thèmes changent il y a peut-être une unité de style du coup qui en ressort, il y a moins de diversité qu'habituellement à mon sens sur ce recueil et si ça déroute moins de passé d'une nouvelle presque romantique à une autre trash tendance vulgaire... eh bien c'était aussi moins distrayant, moins surprenant.
Passé ce constat, j'ai trouvé quelques belles nouvelles. Je ne vais pas faire une chronique par nouvelle, avec 20 ça serait vite super fastidieux et indigeste, je vais me contenter d'un petit top de nouvelles qui me marqueront sur ce recueil, quelle qu'en soit la raison.
J'en ai déjà parlé Octavie Delvaux est présente trois fois et elle a un chouette style, elle maîtrise vraiment le format court et érotique, ces histoires se tiennent bien et apportent un aperçu efficace sur ce qu'elle veut nous amener. Si je n'adhère pas toujours au fond (parce que ça me laisse indifférente ou autre), la forme est toujours parfaite en tout cas, ses textes sont bien travaillés et plaisants à lire. Donc on va d'une chute inattendue dans " Ça chauffe en cuisine ", à ce que je m'attendais typiquement à trouver dans ce recueil avec " En plein chœur " ; des couples, oui, pas forcément officiels, mais avec des scènes de sexe fortes où une part de sentiment vient se mêler à merveille. " En plein chœur " n'a rien de mièvre, c'est passionné et sexy, vraiment un joli moment de lecture, mon coup de cœur du recueil.
Dans la même lignée on retrouve le joli " Fraises alla putanesca " de Julie Derussy. Sa deuxième nouvelle, l'épistolaire m'a un peu moins parlé, mais on retrouve la même plume fluide.
Il y a aussi des moments charnières de couples, comme dans " Un jour, tu laisseras ta brosse à dents chez moi " dont le titre en dévoile assez pour que je n'insiste pas sur ce qui peut se passer dans cette nouvelle, pour le coup on nous raconte beaucoup l'histoire pour peu de sexe, ça basculait plus dans le " romantique " à défaut de romance vraiment, mais ça fonctionne bien à mon sens et les personnages sont attachants. Il y a aussi " Tierce Compagne " de Aline Tosca, bien cru, bien cash, mais avec une belle idée et interprétation de la thématique j'ai beaucoup aimé.
Quelques nouvelles me sont aussi passées plus au-dessus. Un peu comme si le thème était prétexte et qu'au fond ça aurait pu être un tout autre thème ça marchait quand même ? Je pense à la nouvelle de ChocolatCanelle ou aux nouvelles de Anne de Bonbecque. Après peut-être parce que je n'étais pas dedans, certaines m'ont semblé tout à fait avoir leur place, mais ne m'ont pas vraiment parlé, peut-être un peu lente à démarrer (sur un format si court c'est vite rédhibitoire ! ) comme " Le vol d'Icare " qui m'a laissé perplexe, le style de la scène de sexe et une certaine lenteur général. " Les amours de Malaville " aussi qui passe trop de temps à décrire de loin la situation et laisse le lecteur en dehors de l'histoire (à mon goût, toujours). Je n'ai pas ressenti de tension sexuelle qui monte graduellement.
Un recueil sympathique selon moi ou il m'a manqué plus de diversité, plus de rapport au thème pour ne pas avoir l'impression de prétexte à... sans en attendre quoi que ce soit de mièvre ou de " Harlequinesque " il y avait sûrement moyen d'allier ses deux thèmes sans partir trop d'un côté ou de l'autre, certaines nouvelles le démontrent avec brio et je retiendrais en particulier celles-là J. J'ai le " Osez 20 histoires de coup de foudre sexuel " qui m'attend, on va voir si j'embarque pour de bon ! 😉
Extrait :
"ÇA CHAUFFE EN CUISINE" de Octavie Delvaux :
L'attente devenait interminable dans l'appartement où régnait un silence de mort. La jeune femme se dirigea vers la chaîne hi-fi. Qu'étaient censés écouter les amoureux en pareille occasion ? Elle n'en avait aucune idée. Pourquoi pas de la musique de film ? Elle opta pour un CD qui s'ouvrait sur le concerto pour clarinette de Mozart joué dans Out of Africa.
Assise sur une chaise de la salle à manger, les coudes sur la table et le front entre les poings, Gabrielle attendait, désespérément, d'entendre le téléphone se déclencher. Elle avait éteint le feu sous le bœuf Strogonoff, qu'il faudrait réchauffer, à coup sûr, s'il tardait à arriver. Mais, tandis que son regard mélancolique se perdait parmi les facettes scintillantes du cristal, elle entendit sonner l'interphone. Aussitôt, elle courut appuyer sur le bouton porte, puis, dans le même empressement, elle alluma les bougies. Il lui restait un peu de temps pour étudier son image devant le grand miroir de l'entrée. Elle vérifia la couture de ses bas, le tombé de sa robe, opéra quelques retouches maquillage de-ci de-là. Sa haute taille, sa ligne mince, son visage fin aux traits élégants, illuminé par des cheveux blonds brillants, tirés en chignon vers l'arrière, lui donnaient des allures de star hollywoodienne. Elle avait du chien, comme on dit. Le moment était venu d'en tirer le meilleur parti.
pure en plus. Je ne sais trop laquelle je préfère.