L’Oeil de Jack, une « galerie BD » pas comme les autres

Par Un_amour_de_bd @un_mour_de_bd

Ce Week-end, je suis allé à la rencontre de Ludovic Monnier, un des deux fondateurs de l’association « L’Oeil de Jack » et sa galerie BD.

Pour nous la présenter, Ludovic a accepté de tenter l’interview.
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J.V. Peux-tu nous présenter « L’Oeil de Jack” et les valeurs que vous défendez ?
L. M. Avant tout, L’Oeil de Jack, est une association. J’insiste sur ce point car je ne veux pas que ce soit perçu comme une galerie. La galerie est le moyen de développer les activités et non pas l’entité propre.

C’est une “association de promotion de la bande dessinée et l’illustration”, qui est née de la volonté et de la réflexion de Sabrina de Backer et de moi-même. Sabrina a un parcours dans l’évènementiel. Elle a organisé un gros festival en Isère (L’écran s’écrit) qui traitait de l’adaptation des romans à l’écran. Il s ‘avère que le père de Sabrina est dessinateur. Forcément, elle baigne dans ce métier depuis toujours.
De mon coté, j’ai un parcours tourné vers le marketing, la vente. Je suis aussi passé par une galerie spécialisé BD. Quand on s’est rencontré avec Sabrina, on s’est dit qu’on voulait créer une Assiociation de PROMOTION des artistes. Pour nous, cela signifie “donner de la visibilité”, grâce à l’événementiel, à des dessinateurs BD ou jeunesse qui en manquent.

En Mai 2013, nous avons créé un premier évènement autour de l’univers de Peter Pan, à Paris, dans un lieu partenaire. Avec un succès honorable, ce fut notre tremplin. Suite à cet évènement, les artistes nous ont demandé pourquoi ne pas en profiter pour vendre des oeuvres au public ? Pour nous, une association à but non lucratif ne pouvait pas rimer avec de la vente.
On y a réfléchi et considéré que la vente d’oeuvres originales est une source de revenus complémentaires pour l’artiste. On a donc créé, en septembre 2013, la galerie virtuelle de “L’Oeil de Jack” avec 6 artistes.
Aujourd’hui, on représente une quarantaine d’artistes. On communique beaucoup et sur tout supports pour parler de BD. Face à la production éditoriale, qui est très dense, toute visibilité est bonne à prendre.

On prend une marge en dessous des marges pratiquées habituellement (25%). On a développé l’auto-financement de l’association. Ce qui nous permet de rentrer de plus en plus d’artistes, d’améliorer l”assurance des oeuvres et de continuer nos événements.

Précision importante, nous aimons les dessinatrices, dans ce métier profondément masculin(dessinateur de BD).

J.V. Depuis février 2016, vous avez un “lieu physique”. Qu’est ce que cela a changé ?
L. M. Cela a tout changé ! Avant, nous avions une expo tout les 3 mois. On est passé à six expositions a venir jusqu’à fin juin, sur 3 mois. On a considérablement accéléré !
Cela nous frustrait beaucoup de ne pas faire autant d’expos que souhaité et donner une chance à plus d’artistes. C’est notre volonté d’aider des jeunes qui en sont à leur première ou seconde BD.
On peut alterner des expos avec un artiste relativement connu, et une expo d’un jeune avec une prise de risque.

J.V. Comment se fait la sélection des auteurs ?
L. M. Comme une métaphore, L’Oeil de Jack, est un train. Pour qu’il avance, il faut qu’il y ait des personnes dans la locomotive. Apres, on peut coller des wagons.
Dans les critères de sélection, on va prendre des personnes qui ont de la notoriété (comme notre parrain Mohamed Aouamri et Roberto Ricci..). Le fait d’avoir ces quelques personnes connues nous permet de ramener des auteurs moins connus. On ne peut pas, économiquement, ne parier que sur des jeunes émergeant. On doit sélectionner ces deux types d’artistes et faire en sorte que cela s’équilibre.
Parfois, les artistes viennent nous se présenter. Parfois, nous allons au devant d’eux.
Il faut aussi que le courant passe ! On est “associatif” et collaboratif. On a envie d’avoir en face des personnes qui nous comprennent. Julie Rocheleau, Edouard Cour, José Roosevelt sont en adéquation avec notre état d’esprit. Ce sont des coups de coeur réciproques !

J.V. Tu détailles les expositions à venir ?

L. M. La première nous tient particulièrement à coeur. Dans la plupart des cas, on essaie de combiner une expo avec une sortie d’album. Ce n’est pas le cas avec « Virginia », une magnifique trilogie éditée chez Casterman, scénarisée par Séverine Gaultier et dessinée par Benoît Blary.
Le contact s’est d’abord fait par Benoit, une dessinateur au style graphique très intéressant, en couleur directe. A la lecture de la trilogie, on a senti tout le potentiel de cette histoire, qui n’a pas connu le succès qu’elle aurait mérité.

On enchaîne sur un jeune dessinateur (Mathieu Thonon), publié chez Akileo. La seconde partie de son diptyque “Brane Zero” vient de sortir. Mathieu est clairement inspiré par les jeux vidéos et les mangas. Il fait partie de cette nouvelle génération qui arrive sur le marché et qui a besoin de visibilité. On a estimé que cela méritait un petit événement autour de son travail.

La troisième exposition sera consacrée à Fédérico Ferniani, pour « La voie du sabre ». On a senti beaucoup d’enthousiasme sur le talent graphique de Fédérico, de la part de notre entourage et des collectionneurs. Ca méritait une expo !

Ensuite, il y aura une expo de Stéphane Bileau, sur la série “Elfes”, édité chez Soleil. Séphane est un coup de coeur. Avant tout, c’est quelqu’un d’adorable. C’est typiquement du “Soleil”, et le lectorat s’y retrouve.

Nous enchaînons avec Edouard Cour. Apres le succès pro et public de “Hérakles”, il présente “O Senseï”, qui raconte l’histoire d’un fondateur d’un art martial. On est dans un style très différent de Hérakles. En même temps, Edouard a monté son niveau. Il a travaillé en grand format, à l’encre. L’enthousiasme autour de son travail ne fera que croitre !

Après, nous recevons notre québécoise préférée, Julie Rocheleau. Nous avions fait une expo autour de la “Colère de Fantomas”, qui s’était très bien passé. Julie est une artiste qui ne cesse de nous surprendre, d’évoluer. Elle est tout sauf consensuelle. Elle ose des choses, provoque, stimule… Pour moi, c’est une artiste énorme.
On est très fier de faire une nouvelle expo avec des planches de son dernier album “La petite Patrie”, ainsi que des planches tirées de la “Colère de Fantomas”.

Pour finir notre programmation trimestrielle, nous recevrons Laura Iorio et Roberto Ricci, qui ont travaillé à 4 mains sur “Le coeur de L’ombre ». Les planches, en couleurs directes, sont très belles. On est très content d’organiser cette expo pour eux.

Informations pratiques

l’Oeil de Jack
4, rue Ernest Renan, 75015 Paris,
Métro Pasteur ou Sèvre Lecourbe
Le mercredi sur rendez-vous
Jeudi de 11h à 19h
Vendredi de 11h à 19h
Samedi de 11h à 19h

Prochaines expositions

Du 14 au 20 avril : « Virginia » de Benoît Blary
Du 28 au 3 mai : « Brane Zero » de Mathieu Thonon
Du 5 au 10 mai : « La voie du sabre » de Fédérico Ferniani
Du 19 au 25 mai : « Elfes » de Stéphane Bileau
Du 26 mai au 1er juin : « O Sensei » d’Edouard Cour
Du 9 au 15 juin : « La Petite Patrie » de Julie Rocheleau
Du 23 au 29 juin : « Le coeur de L’ombre » de Roberto Ricci et Laura Iorio