Animarex de Jean-François Kervéan – Un style pompeux à mille lieux des mes habitudes !

Par Laura Darcy @MlleDarcySky

Editions Robert Laffont – Année 2015
288 pages

Toujours pour diversifier un peu plus mes lectures, et très intriguée par certains livres de la rentrée littéraire 2015, j’ai demandé sur le site NetGalley à recevoir en ebook « Animarex ».
Je remercie les éditions Robert Laffont d’avoir validé ma demande et de m’avoir permis de découvrir cet ovnis.

Trois cents ans après sa mort, Louis XIV et le grand amour de sa jeunesse, version métaphysique et « rock’n’roll » !

« Un roman historique, quel enfer. Quelle idée à la con. Tout a été dit sur Quatorze. » Eh bien non : en cette année de tricentenaire, qui sera marquée par de nombreuses célébrations, Jean-François Kervéan réinvente à sa manière iconoclaste la jeunesse du roi en explorant la passion amoureuse qu’il vécut, à vingt ans, avec Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin et soeur d’Olympe, sa favorite officielle. Pour Marie et pour la seule fois de son long règne, Louis voulut abdiquer. C’est aussi à cause d’elle qu’il plongea dans l’unique dépression de sa vie. Et par amour pour elle qu’il lança avec la munificence que l’on sait les grands travaux qui firent de son siècle le Grand Siècle et de son règne, en même temps que la naissance de « l’esprit français », le symbole suprême de la monarchie à la française. Raconter un amour comme celui de Louis et Marie, princesse insoumise éprise de belles lettres et de sentiments vrais là ou la cour n’était qu’ambitions, calculs et trahisons, c’est traquer l’or du temps dans ce qu’il a de plus précieux, sauter par-dessus les siècles parfois à la hussarde pour approcher, ne serait-ce que fugacement, l’âme d’un homme, fût-il roi. Fût-il le Roi-Soleil. Anima rex, l’âme du roi.
Quête irrévérencieuse de la vérité intime de Louis XIV, irradiée de désir autant que de solitude, Animarex dépoussière avec une vitalité contagieuse les figures figées et convenues du monarque absolu le plus célèbre de l’Histoire. Un roman insolent, moderne, comme ce Grand Siècle dont il ranime toute la splendeur et la férocité.

Louis XIV est l’un des Rois de France les plus connus pour avoir régné sans partage sur le royaume. Malheureusement, ma culture est défaillante car je ne connais que très peu de sa vie à part, les quelques grandes lignes vues et revues dans les manuels scolaires. C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai voulu découvrir les jeunes années du Roi.

Jean-François Kervéan a fait un choix original et audacieux pour narrer ce roman. Le lecteur n’est pas mis dans la peau de Louis XVI, ni dans celle de l’écrivain narrateur mais dans celle d’une autre entité, très flou qui raconte la vie de Louis XVI comme il l’a perçoit. Parfois, cette entité erre et se retrouve presque à philosopher sur la vie du Roi et parfois, elle est au plus proche des événements comme si elle les vivait. Ce style de narration est très particulier, il bouscule les codes bien établis. Et autant vous dire que lorsqu’on est habitué à une manière, passer à une autre perturbe beaucoup.

Ce narrateur extérieur, omniscient se veut être une survivance de l’âme de Louis XVI qui viendrait prendre corps dans la plume de l’auteur afin de restituer ces mémoires.
L’écriture se veut poétique, raffiné à l’extreme ce qui a eu pour conséquence de rendre le style pompeux, obscure et compliqué à lire. A aucun moment, j’ai réussi à entrer dans l’histoire, à m’intéresser véritablement aux personnages et très vite, j’ai décroché.

J’ai fait un effort sur moi-même pour continuer la lecture, ne pas abandonner en cours de route surtout alors que j’ai eu la chance de pouvoir le découvrir grâce aux éditions Robert Laffont.
Cependant, le style décalé à l’écriture moderne m’a choqué plus qu’emporté. Et j’ai fini par lâchement abandonné ma lecture.