Justice League of America tome 0 - Année Un

Par Criticomics @Criticomics

Après Crisis on Infinite Earths, la Justice League est réintroduite sous une forme inédite : la Justice League International. Une nouvelle formation mettant en avant des héros jusqu'alors secondaires, même si l'on remarque la présence de Batman et Martian Manhunter. Cependant une interrogation demeure : qu'en est-il de la Justice League telle que nous la connaissions auparavant, où est-elle dans ce nouvel univers ? 
En 1988, soit un an après la création de la JLI, Peter David se décide de donner de nouvelles origines à la Ligue des origines dans le numéro 32 du second volume de Secret Origins. Dans ce numéro, la Ligue des origines est différente de celle pré-Crisis ; Superman, Batman et Wonder Woman ne font plus partit du rooster tandis que le personnage de Black Canary est mis en avant comme l'un des membres fondateurs de la Ligue. Dix ans plus tard, la JLI a disparue pour laisser place à la JLA de Morrison où sont de retour les membres fondateurs de la Ligue pré-Crisis avec cependant quelques modifications (Barry Allen et Hal Jordan étant morts, ce sont Wally West et Kyle Rayner qui ont pris leur place). Cependant, Mark Waid semble être intéressé par ce numéro 32 de Secret Origins et se décide à le compléter et à le complexifier. Ainsi né la maxi-série JLA : Year One composée de douze numéros dessinée par Barry Kitson racontant la première année d'activité de la Ligue, composée donc de Flash (Barry Allen), Black Canary, Aquaman, Green Lantern (Hal Jordan) et Martian Manhunter et qui vous ait proposé dans ce tome 0 de la collection Justice League of America.

Chose intéressante, Waid décide de présenter la formation de la Ligue dans les premières pages (contrairement à Geoff Johns qui choisissait de faire ça durant tout un arc). Ici nous voyons les héros se réunir via des extraits de journaux télévisés que regardent de mystérieux personnages. Waid présente de manière courte la formation de la Ligue tout en développant le regard des populations civiles sur cet avènement d'une nouvelle génération de super-héros. Car oui il s'agit bien d'une nouvelle génération puisque la JLA prend la place de la JSA qui est ici présentée via le personnage de Black Canary. Si l'on pouvait se demander l'intérêt de choisir ce personnage dans le rooster originelle de la Ligue, il est assez simple : Dinah sert surtout a faire le lien entre deux générations de super-héros, un peu à la manière de Silk Spectre (personnage inspiré de Black Canary soit dit en passant) dans Watchemen. JLA : Year One est à l'opposé de ce que nous a proposé Johns avec les New 52 : Waid fait ici le choix de nous présenter la première année d'activité de la Ligue de manière intimiste. Si nous suivons certes Green Lantern, Flash ou Black Canary, se sont surtout Hal Jordan, Barry Allen et Dinah Drake qui sont mis en avant. D'ailleurs, le premier numéro de cette maxi-série est très intéressant : l'auteur prend quatre pages au début pour nous montrer la formation de la Ligue via des écrans de télévision puis un peu moins de neuf pages à la fin pour nous montrer un combat face à une créature extra-terrestre. Le reste du numéro (une vingtaine de pages) présente les membres de la Ligue au quotidien. Mais ce n'est pas tout. En plus de présenter la vie de tous les jours des membres de la Ligue, l'auteur met également en avant le début de leur relation commune. C'est ainsi que nous voyons les héros apprendre à se faire confiance, quelque chose de compliqué lorsque vous vous rendez compte que l'un de vos co-équipiers est capable de lire vos pensées...



Mais qui dit Justice League dit aussi action et même si nous ne sommes pas dans une optique aussi proche d'un blockbuster comme dans les origines des New 52 de la Ligue, Waid se décide de nous conter des affrontements équipes entre les héros et des adversaires venues non seulement de la Terre comme Solomon Grundy mais aussi venus de l'autre bout de l'univers comme les Appellaxian (les extra-terrestres responsables de la formation de la Ligue dans la continuité pré-Crisis) qui forment ici la principale menace que la Ligue aura à affronter dans cette histoire. D'autre part, Waid nous prouve aussi qu'il a une excellence connaissance de l'univers DC (quelque chose qu'il nous avait déjà monté avec Kingdome Come publié deux ans plus tôt) en faisant intervenir un nombre très important de héros et vilains dans son histoire, en passant bien entendu par les plus connu comme Superman, Batman ou la JSA mais aussi les plus obscures comme la Doom Patrol et leurs ennemis, les Brotherhood of Evil, deux équipes particulièrement mises en valeur par Waid. Car au-delà d'être une histoire sur la première année d'activité de la Ligue, cette intrigue tourne autour de l'univers DC alors que la JLA connaît sa première année d'activité ce qui diffère des autres origines de la Ligue où nous ne suivons que les péripéties de la JLA et nous ne voyons jamais le monde qui les entoure (exception faites à DC New Frontier). C'est ici le cas ce qui rend la lecture d'autant plus intéressante. Du côté des petits défauts, on pourrait trouver qu'un certain nombre des sous-intrigues ne sont pas des plus intéressantes et s'insèrent assez mal dans le contenu globale à mon goût comme celle tournant autour de Vandale Savage même si cette dernière permet de renforcer la partie tournant autour des populations civiles. Il s'agira bien là du seul reproche que je ferai à l'ouvrage en matière de l'histoire. Côté dessin, nous avons droit à un graphisme très agréable à voir. Peut-être que le style de Brian Augustyn aura mal vieilli aux yeux de certains mais ce n'est pas mon cas même si je comprend tout à fait cet avis au vu de certaines planches dans le premier numéro lors de la présentation de J'onn J'onzz.

Ce tome 0 de Justice League of America est pour moi l'une des meilleures lectures que j'ai eu cette année, sans aucun doute grâce à un scénario méticuleusement construit qui offre une nouvelle genèse à la JLA de manière intelligente qui permet de faire une révision des personnages présents dans le DC Universe. J'attends donc désormais avec impatience la suite de la collection que nous promet Urban et où nous aurons droit à la série de Grant Morrison mais sur laquelle est également passée Mark Waid. JLA Year One est à mon goût une lecture obligatoire pour tout amateur de la Ligue qui souhaiterait découvrir d'une façon différente les débuts de la plus grande équipe de l'univers DC Comics.