Dracula, Francis Ford COPPOLA

Par Melisende

Dracula

1992, 2h03
d'après Dracula de Bram STOKER
Réalisé par Francis Ford COPPOLA
Avec : Gary Oldman (Dracula),
Winona Ryder (Mina / Elisabeta),
Anthony Hopkins (Van Helsing),
Keanu Reeves (Jonathan),
Sadie Frost (Lucy),
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> Fiche IMDb <
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n 1492, le prince Vlad Dracul, revenant de combattre les armées turques, trouve sa fiancée suicidée. Fou de douleur, il défie Dieu, et devient le comte Dracula, vampire de son état. Quatre cents ans plus tard, désireux de quitter la Transylvanie pour s'établir en Angleterre, il fait appel à Jonathan Harker, clerc de notaire et fiancé de la jolie Mina Murray. La jeune fille est le sosie d'Elisabeta, l'amour ancestral du comte... epuis quelques années, le vampire - roi des créatures de la nuit - est à la mode, impossible de le nier. Bien avant les vampires scintillants de Stephenie Meyer ou les vampires torturés d’Anne Rice, la plus grande figure du genre est née sous la plume de l’irlandais Bram Stoker en 1897 : Dracula.
Après de nombreux films (en noir et blanc) le mettant en scène, c’est en 1992 que Francis Ford Coppola se lance dans l’adaptation de ce mythe… Alors, entreprise réussie ? Rendu fidèle ? Zoom sur ce film, interdit au moins de 12 ans lors de sa sortie en salle, aujourd’hui devenu un grand classique du genre…
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Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, sachez qu’avant de narrer les aventures du prince des vampires, l’œuvre de Bram Stoker met avant tout en avant l’histoire de Mina et Jonathan, deux jeunes amoureux qui souhaitent se marier dans le Londres de la fin du XIXe siècle. Malheureusement, le jeune homme - clerc de notaire - est envoyé en Transylvanie pour régler une affaire immobilière avec un certain Comte Dracula. De son côté, Mina passe du temps avec sa riche amie Lucy. Alors que Jonathan comprend qu’il est prisonnier dans le château du Comte, ce dernier voyage vers l’Angleterre où des évènements plus étranges les uns que les autres font leur apparition : un loup s’échappe du zoo, des tempêtes inattendues se lèvent et surtout… Lucy semble atteinte d’une maladie du sang bien inquiétante…
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Si l’adaptation proposée par Francis Ford Coppola respecte l’ambiance gothique et le mythe du vampire (capable de nombreuses transformations et possédant des pouvoirs extraordinaires) du roman d’origine, il y ajoute un élément totalement absent du texte de Bram Stoker et en fait la clef de sa production : « L’Amour est éternel ». Vous pouvez chercher, aucun signe d’histoire d’amour pour le prince des vampires dans l’écrit de 1897... Il faut croire que Coppola a eu une bonne intuition quand on sait aujourd’hui le succès des amours vampiriques impossibles…
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Une fois ce parti pris accepté, il n’y a plus qu’à se laisser porter par le film où évoluent d’excellents acteurs, à commencer par Monsieur Gary Oldman dans le rôle principal (ceux ayant grandi avec Harry Potter reconnaîtront peut-être le visage d’un certain Sirius Black…). Subissant de nombreuses transformations (merci les heures de maquillages), l’acteur nous offre un Dracula charismatique et marquant (quelle classe avec son haut de forme et ses petites lunettes rondes teintes en bleu !). D’autres grands noms ont été appelés pour lui donner la réplique : Winona Ryder dans le rôle de la naïve Mina, Keanu Reeves dans celui de Jonathan le fiancé et bien sûr Anthony Hopkins pour incarner le très célèbre chasseur de vampires, Van Helsing. Si la prestation de Winona Ryder n’est pas transcendante, elle reste une Mina acceptable (en revanche, fuyez la version française, le doublage de sa voix est atroce !). Entre son rôle de Danceny dans Les Liaisons dangereuses (de Stephen Frears) et celui de Jonathan ici, Keanu Reeves gagne, au début des années 90, les rôles de benêts de service… mais il faut avouer que cela lui sied plutôt bien. Quant à Anthony Hopkins, nul besoin de vanter son talent et son charisme, il reste le personnage secondaire le plus marquant du film… Les autres acteurs, plus ou moins importants pendant les deux heures de l’adaptation, remplissent leur rôle ; notons en particulier l’actrice qui incarne Lucy la dévergondée (Sadie Frost), rousse pour l’occasion, évidemment.
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Si les effets spéciaux ont aujourd’hui un peu vieilli, cette adaptation du mythe est esthétiquement intéressante et intelligente. Liées à une bande originale savamment orchestrée par Wojciech Kilar, les scènes à l’intérieur du château de Dracula ou dans le Londres gris de la fin du XIXe siècle, prennent toute leur ampleur.
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Sans aller jusqu’à « faire peur », cette adaptation offre une atmosphère lourde de tensions (sexuelles notamment… et oui, le vampire n’est pas une créature végétarienne chaste, à l’origine !) et quelques sursauts d’angoisse ; sans compter sur un bon aperçu de l’histoire de Dracula. Une bonne mise en bouche pour un soir comme Halloween…
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Quant au mythe du vampire, nul doute qu’il fasse encore couleur beaucoup d’encre, la littérature de ces derniers mois en est la preuve… et la dernière comédie musicale de Kamel Ouali, le témoin que les choses ne sont pas prêtes de s’arrêter… mais est-ce toujours une bonne chose ?