Résumé :Aleksandr Volkov n'est pas un homme que l'on défie. Prince de la Bratva, destiné à prendre la succession de son père, le pakhan, il s'impose une maîtrise absolue de ses émotions depuis la mort tragique de sa mère, dont il se sent coupable. Alors, quand sa sœur est enlevée, il est prêt à tout pour la sauver. Il ne s'attendait pas à ramener dans le même temps une autre captive, ni à voir une part de lui depuis longtemps enfouie s'éveiller à son contact.
Drea Ortega a grandi au cœur du cartel de Los Zetas. Elle n'a jamais connu la peur, et la violence est un langage qu'elle maîtrise parfaitement. Pourtant, même elle sait qu'il vaut mieux se tenir à distance de la redoutable Bratva. Propulsée en territoire ennemi, elle ne s'attendait pas à croiser la route de quelqu'un comme Aleksandr Volkov, ni à voir ses certitudes vaciller, au point de ne plus imaginer sa vie sans lui.
Mais dans leur monde aucun répit n'est possible, et l'ennemi est peut-être plus proche qu'Aleksandr et Drea ne le pensent…
Mon avis :
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler que ce livre s’adresse à un lectorat averti en mesure de mettre une distance entre ce qui est présenté et la réalité. Ici, il n’est pas question d’une quelconque apologie de la violence ou des relations toxiques. Cette fiction décrit des relations évidemment problématiques, où la violence est omniprésente, la notion de consentement est inexistante. Cela dit, il ne s’agit pas de la juger ou de la comprendre (autant stopper les vagues avec ses mains), il s’agit d’apprécier (ou non) la façon dont l’auteur imagine cette histoire et la raconte avec ses tenants et ses aboutissants. Ses enjeux et ses dommages directs et collatéraux.
J’ai beaucoup aimé cette histoire, qui a une dynamique aussi farouche et féroce que dans le premier tome. Pour autant, à aucun moment, je n’ai eu l’impression que l’autrice réexploitait la même recette. On est vraiment sur quelque chose de différent, avec tout de même un point commun : une héroïne absolument badass (et, aussi, une grande violence dans les scènes de bagarre).
L’histoire commence avec l’enlèvement de la sœur d’Aleksandr Volkov, prince de la Bratva destiné à succéder à son père. En secourant sa sœur, il sauve par la même occasion Drea Ortega, une autre captive qui a grandi au cœur du cartel de Los Zetas. Bien que tout droit sortie du tome 1, cette intrigue est absolument secondaire ici. Ce tome 2 reste totalement indépendant, avec une histoire compréhensible sans avoir lu le précédent, même si les enjeux sont étroitement liés.
On est donc sur une romance dans l'univers de la mafia à base de kidnapping et de captivité (je vous l'ai dit, ce genre ressemble beaucoup à la romance historique !).
Rapidement, les deux personnages, dont on a les points de vue, sont absolument subjugués l’un par l’autre. On comprend aussi qu’ils partagent les mêmes aspirations et les mêmes kinks. Comme on est sur des pratiques qui touchent au non consensuel et qui nécessitent un consentement explicite, j'ai trouvé que c'était amené avec intelligence. Le fait que les deux personnages surpensent ce qu’ils ressentent et ce qu’ils veulent donne davantage de maturité aux fantasmes qui les habitent. Résultat quand les scènes explicites, ce n'est pas cringe (je trouve). En plus d'overthink, ils communiquent et verbalisent leur limite (safe word, point sur les VSS qui ne sont pas du délire du héros notamment).
Cela montre que, lorsque les choses sont bien écrites, ces dimensions explicites peuvent être abordées autrement, sans être malaisantes ni borderline sur le consentement. Je pense notamment à d’autres dark romances lues récemment où cette notion est complètement mise de côté, voire bafouée et bâclée sur la base du fantasme dans la domination. Ici, il n'y a pas de domination toxique pour briser la souveraineté psychologique de l'héroïne.
Après, je regrette la vulgarité, dans les scènes explicites comme en dehors. Cela dit, c’est vraiment une question de sensibilité personnelle, parce qu'on est face à deux personnages qui se ressemblent beaucoup et pour qui cette vulgarité ne pose pas de problème. Il n’y a pas de rapport de soumission qui ne soit pas accepté par l’autre. Et même s'il y a captivité au départ, on est sur deux personnages qui se ressemblent par le pouvoir dont ils disposent et par leur agentivité qui les mène vers leur désir sans contrainte.
Bref, on est face à deux personnages qui vont se reconnaître l’un dans l’autre. Les rebondissements vont les malmener et j’ai trouvé l’intrigue addictive jusqu’à ce qu’on obtienne enfin les réponses qui nous rassurent !
J’ai donc passé un bon moment, et hâte de lire la suite !
Au plaisir.