Absolute batman tome 3 : l'atelier du diable

Par Universcomics @Josemaniette

 La preuve que le temps passe vite : nous voilà déjà au troisième volume des aventures d’Absolute Batman, clairement devenu la locomotive des ventes chez DC Comics, aussi bien en version originale qu’en français. Et ce nouveau tome continue de nous montrer à quel point cet univers peut s’éloigner habilement de ce que nous connaissons. On démarre avec un numéro spécial écrit par Al Ewing, qui répond à une question finalement assez légitime : dans un monde où de plus en plus de héros dotés de super-pouvoirs apparaissent, peut-on imaginer la naissance d’une version déformée de la Ligue de Justice ? La réponse se trouve dans ces pages et elle n’est pas forcément du goût de Bruce Wayne. On découvre également la version Absolute d’Oliver Queen, un personnage que vous connaissez tous très bien, mais qui prend ici une tout autre dimension (tragique). Nous retrouvons ensuite un homme sinistre qui ne rit jamais, au cœur de l’autre numéro spécial de ce volume. Direction l’asile d’Arkham et son propriétaire, le docteur du même nom. L’heure est venue de vendre, et l’acquéreur n’est pas exactement celui auquel on pouvait s’attendre. Celui qui se fait appeler Jack Grimm, et qui semble traverser les époques, est en réalité le Joker de cet univers. Et autant dire qu’il est très loin de ressembler à celui que nous avons l’habitude de lire. Ici, le personnage est un véritable monstre, dans tous les sens du terme. Une créature qui fait directement écho au tome précédent, notamment aux tortures subies par Batman et aux étranges individus qu’il a rencontrés durant sa captivité. C’est d’ailleurs l’un des points communs de ses ennemis dans cet univers Absolute : ils ne sont plus vraiment humains. De quoi faire basculer le récit dans une horreur parfois assez radicale, mais qui est la marque de fabrique de la collection.

On le verra encore un peu plus loin avec Poison Ivy, elle aussi présentée sous un angle particulièrement surprenant. Une nouvelle preuve que, dans cet univers, même les personnages que nous pensions connaître peuvent encore nous réserver quelques surprises. Ivy dispose ici de pouvoirs très étendus qui la rendent particulièrement dangereuse. Elle s’inscrit elle aussi dans cette galerie de personnages qui, chacun à leur manière, ont décidé de s’attaquer aux grands conglomérats et à la puissance capitaliste, autre leitmotiv de l’univers Absolute. Quant à Batman, il va également croiser la route de Wonder Woman et partir avec elle faire un petit tour en enfer, dans l’espoir d’en ramener un artefact capable de venir en aide à Waylon, l’un de ses amis, victime tragique des événements du tome précédent (Killer Croc, quoi). Au final, si vous avez apprécié les deux premiers volumes, vous retrouverez ici tout ce qui faisait déjà l’intérêt de la série. Ça va vite, ça réinvente le mythe sans complexe et Nick Dragotta, au dessin, continue d’être explosif, avec cette petite touche années 1990 qui lui va si bien. Eric Canete aussi est très bon ! De son côté, Scott Snyder semble particulièrement à l’aise avec ce récit décomplexé où rien ne lui est vraiment interdit et où tout peut être réécrit. Au bout du compte, un nouveau tome intéressant, qui devrait encore affoler les compteurs de vente, mais qui ne changera probablement pas la donne pour ceux qui n’ont pas accroché jusque-là ou qui ont choisi de ne pas se lancer dans l’aventure.


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