Journal d’un berger nomade de Pascal Wick

Par Folfaerie

Pascal Wick est décédé en juillet dernier. Ce fut l’occasion pour moi de replonger dans son récit qui n’a pas pris une ride.
Un homme étonnant et singulier, que ce berger nomade, diplômé de deux doctorats en économie dont l’un obtenu aux USA, spécialiste des chiens de protection des troupeaux et fortement attaché à la cohabitation paisible et possible avec les grands prédateurs en France, comme ailleurs.
De la France, il nous emmène aux USA, dans le Montana et plus précisément à Absaroka, à la frontière du Montana et du Wyoming où Craig Johnson situera les enquêtes du shérif Walt Longmire !
Pascal Wick y mène un grand troupeau de brebis en transhumance, dans une nature presque vierge et fréquentée par de nombreux prédateurs.


Ce journal c’est évidemment une grande bouffée d’air frais, un appel à une vie libre, rythmée par les saisons et les contraintes de la nature, mais aussi un plaidoyer pour la faune sauvage.
Ce n’est pourtant plais clairement affirmé, Pascal Wick est non seulement viscéralement attaché à ses chiens, Brook et Maïza, mais aussi aux brebis dont il a la garde.


Et parfois, au détour d’une page, il effleure rapidement les quelques scrupules qui peuvent l’animer, conscient que c’est lui l’intrus dans cette nature grandiose, et que conduire un troupeau de brebis parmi des loups, des ours ou des coyotes, c’est tout de même très provocateur.


J’y ai pêché des informations et détails très intéressants, comme le fait que les biologistes du parc de Yellowstone étaient responsables de la mort d’ours pourtant protégés, ou encore du difficile apprentissage des chiens de protection (dont beaucoup chassent à leur compte !) ou encore, des conditions de vie peu enviables des brebis en transhumance, loin des clichés véhiculés par les éleveurs pour qui le pastoralisme est un art de vivre.
Un périple riche et intéressant, un mode de vie qui appartiendra bientôt à un passé révolu, qui en fait un témoignage précieux.