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" data-attachment-id="32634" caption="caption" />Finaliste du Prix du Roman Fnac 2026
Finaliste du Prix Talent Cultura 2026
Sélectionné pour le Prix du roman ELLE
En deux mots
Un black-out. Puis plus rien. Lisenn, enceinte, livrée à elle-même avec ses belles-filles qui la détestent. Des mois de chaos. Et puis, un procès hors norme : 254 femmes accusées d’avoir survécu. Rym, avocate, plonge dans le silence de sa cliente pour comprendre. Un roman choral, quatre périodes pour dire la catastrophe, des prémices aux conséquences.
Ma note
★★★ (bien aimé)
Ma chronique
Quatre romans pour le prix d’un
Un matin ordinaire. Rien ne laisse présager la catastrophe qui vient. Plus tard viendra le procès de 254 femmes. Cette dystopie qui court sur quatre périodes parle de violence et de courage, de peur et de sororité. Un roman saisissant, bouleversant.
« Ça n’a pas commencé avec fracas ; aucun éclair, aucune rage, nul coup de tonnerre. » Juste une panne de courant, un matin de printemps. Lisenn, enceinte, se réveille dans une maison privée d’électricité, avec Garance et Cézanne, les filles adolescentes de son mari Sam, resté à Paris. Deux ados qui la méprisent ouvertement, une grossesse fragile, un chien pour seule compagnie fidèle : voilà le décor. Un décor qui va très vite se transformer en piège.
Car la panne ne se résorbe pas. Elle s’étire. Les jours passent, l’eau manque, les téléphones restent muets. La catastrophe est là, distillant une peur de plus en plus forte.
Puis le roman bascule dans le temps. Quatre périodes s’entrelacent : Avant le Désastre, Le jour du Désastre, L’ère du Désastre, Le Procès. Une construction en puzzle, savamment agencée, qui ne perd jamais le lecteur car chaque chapitre indique clairement son époque. On découvre ainsi une seconde héroïne, Rym, avocate parisienne, elle-même bloquée loin des siens quand tout s’arrête. Des années plus tard, c’est elle qui défendra Lisenn, accusée d’avoir tué son mari, dans un gigantesque procès où 254 femmes comparaissent ensemble, jugées pour des actes commis en pleine survie.
Pour passer du confort ordinaire à l’enfer, il n’aura pas fallu longtemps. « Un mois et dix-sept jours. C’est précisément le temps qu’il a fallu à la société pour s’effondrer. Soixante-neuf mille cent vingt minutes pour passer d’un quotidien plein de règles de savoir-vivre à l’enfer. Jusqu’alors, nous avions gardé espoir. Bien sûr, il y avait eu des casses jusqu’au sein du village ; bien sûr, il y avait eu des vols, des rumeurs d’émeutes, et il y avait sans doute encore la guerre quelque part. Mais ce matin-là, quand nous avons découvert le corps affaissé sur un trottoir, le visage visqueux de sang, à l’orée du village, j’ai compris que nous étions condamnés. »
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont les femmes du roman se révèlent. Livrées à elles-mêmes, elles ne s’effondrent pas : elles s’organisent, protègent, résistent. Lisenn, si fragile en apparence, devient un roc pour des belles-filles qui la haïssaient. Et quand le monde d’après se reconstruit, quand les hommes reviennent, cette autonomie conquise dérange. Le procès n’est alors plus seulement judiciaire : il devient le symbole d’une reprise en main patriarcale, d’un ordre ancien qui refuse de céder la place. Claudie O. Wetterwald tisse ainsi une réflexion fine sur la sororité, sur les violences faites aux femmes, sur ce qu’une société est prête à pardonner ou non selon qui a survécu et comment.
L’autrice excelle dans le quotidien qui vacille, dans ces petits détails domestiques qui, mis bout à bout, dessinent l’effondrement d’un monde entier. Le rythme alterne intime et collectif, murmure et fracas. On tourne les pages avec l’envie irrépressible de savoir ce qui s’est vraiment passé, ce que Lisenn cache, pourquoi elle se tait. Le suspense est habilement distillé, la dystopie joliment construite. Ce roman qui parle de courage et de dignité face à l’adversité vaut vraiment le détour.
Ce qui dort sous le camélia
Claudie O. Wetterwald
Éditions du Gros Caillou
Roman
450 p., 21 €
EAN 9782494202399
Paru le 27/08/2026
Où ?
Le roman est principalement situé dans la région de Bourgoin-Jallieu et Lyon.
Quand ?
L’action se déroule dans un futur plus ou moins proche.
Ce qu’en dit l’éditeur
« Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. »
Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire.
Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre.
Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus. Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre.
Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.
Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O. Wetterwald nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.
Les critiques
Babelio
Blog Livresse du noir
Les premières pages du livre
« Prologue
Rym
Avant le Désastre | Le jour du Désastre | L’ère du Désastre | Le Procès
Été| Automne | Hiver | Printemps
Ils vont la brûler vive.
C’est la pensée qui m’a traversée lorsqu’elle s’est avancée sur l’estrade centrale et qu’elle a pris place à la barre. Elle fixait l’œil de la caméra et son regard se répercutait en 16/9 d’un bout à l’autre du stade, immobile, froid. Déterminé.
Lisenn n’a pas tremblé, contrairement à moi. J’ai rassemblé mes notes, passé une main dans mes cheveux pour vérifier qu’aucune mèche n’échappait à l’attache sur ma nuque. Je me suis éclairci la voix avant de m’avancer au-devant d’elle. « Regarde-moi, l’ai-je suppliée mentalement. Je t’en prie, regarde-moi. Ils te tueront. »
L’accusée n’a pas daigné entendre cette supplique silencieuse. Elle n’a pas esquissé un mouvement quand le président a énoncé l’acte de poursuite, ni lorsqu’il a demandé, en se tournant vers elle :
— Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ?
— Oui.
Elle n’avait pas parlé très fort, mais sa voix avait résonné à travers le silence anxieux qui régnait dans les gradins. J’ai laissé échapper un imperceptible soupir de consternation avant de me reprendre.
Ils vont la brûler vive.
Cette fois, pas de doute. C’est ainsi que mérite d’être traitée une femme qui a éliminé son mari.
De même que les deux cent cinquante-trois criminelles assises à ses côtés.
1
Lisenn
Avant le Désastre | Le jour du Désastre| L’ère du Désastre | Le Procès
Été | Automne | Hiver | Printemps
C’est arrivé pendant la nuit, comme dans un rêve.
Ça n’a pas commencé avec fracas ; aucun éclair, aucune rage, nul coup de tonnerre. Pas de cris ni de sirènes. Le matin qui a suivi, tout était très calme, au contraire. Paisible, sans aucun éclat, sauf peut-être celui des rayons du soleil qui perçaient à travers le fin interstice entre les volets de la chambre. Peut-être est-ce ce qui a fini par me tirer du sommeil.
Ou bien ce silence étrange.
Cela faisait des nuits que je peinais à dormir d’une traite jusqu’au matin sans être dérangée par des douleurs à l’estomac ou des nausées. Le seul avantage qu’avait l’absence de Sam dans le lit était que je pouvais me lover à sa place, dans le faisceau de lumière qui faisait comme une éclaboussure sur les draps frais.
Quelque chose d’indicible dans l’air m’a immédiatement indiqué que j’avais raté mon réveil, pourtant je ne me sentais pas pressée. Je voulais profiter un dernier instant de ce matin paisible. J’ai quand même basculé sur le côté pour tendre la main vers mon téléphone, ce traître qui avait failli et dont la batterie avait fondu dans le courant de la nuit.
— Merde !
Encore un branchement hasardeux de ma part qui allait entraîner un retard des filles que j’aurais probablement à justifier auprès de leur prof principale, laquelle ne me portait pas dans son cœur depuis que j’avais oublié que je m’étais proposée pour accompagner une sortie scolaire.
Je me suis extirpée du lit, tirant Basile du sommeil en sursaut. Sa truffe tiède est immédiatement venue se loger dans ma main. J’ai expédié le rituel de caresses matinal et je me suis précipitée au rez-de-chaussée.
Dans la cuisine, le four n’affichait pas l’heure et la machine à café refusait de fonctionner. Il régnait une semi-pénombre dans la pièce, tout juste percée par le rectangle clair de la porte-fenêtre et par de petits points lumineux provenant des volets électriques. Bizarrement, ils ne s’étaient pas ouverts automatiquement comme ils le faisaient chaque matin. J’ai pesté en tentant en vain de mettre la main sur la télécommande, avant d’abandonner pour aller servir sa ration de croquettes à Basile.
Un bruit derrière moi, provenant du canapé qui séparait la pièce en deux, m’a fait sursauter.
— Cézanne ?
Dans l’obscurité, impossible de deviner laquelle des deux sœurs se trouvait là.
— À ton avis ?
C’est la voix de Garance qui a répondu. Elle a redressé la tête derrière le dossier. La lumière de son téléphone formait un halo bleuté autour de son visage.
— Il y a eu une coupure de courant, ai-je dit bêtement.
— Tu crois ? a rétorqué Garance en faisant glisser son doigt sur l’écran de son smartphone.
— Tu as une idée de l’heure qu’il est ?
— 7 h 18.
Bon. Partir à temps était toujours jouable. Les filles pouvaient peut-être même encore attraper leur bus, m’épargnant une virée au collège et au lycée à moitié déguenillée.
— Cézanne ne s’est pas réveillée ?
Garance a poussé un soupir exaspéré qui équivalait sans doute à quelque chose comme « Est-ce que tu la vois, idiote ? ». Mais elle a retenu son fiel et s’est contentée de répondre :
— Sa batterie doit être à plat, elle ne tient plus.
— Tu peux lui demander de se lever ? Et vérifier l’horaire de passage des bus ?
— Aucune chance, a-t-elle répliqué avec un reniflement dédaigneux.
J’ai senti une chaleur envahir ma nuque. Avant que mon cerveau n’ait eu le temps de formuler une réponse adéquate, elle a poursuivi :
— Pour le bus. Il n’y a plus de réseau.
Et pour appuyer son propos, elle a fait défiler son index de haut en bas sur l’écran de son téléphone.
— Tu es connectée au WiFi ?
Elle a levé les yeux au ciel.
— Ni WiFi ni 5G. J’ai tout essayé.
— Ce doit être une coupure générale dans le quartier…
Je ne savais pas trop ce que cela voulait dire. C’était généralement le genre de chose que répondait Sam lorsque nous perdions toute connexion, ce qui arrivait quelques fois l’an en raison d’un arbre tombé sur une ligne.
Garance a balancé ses longues jambes de danseuse par-dessus l’accoudoir et a jeté qu’elle allait réveiller Cézanne en quittant la pièce. J’en ai profité pour aller passer un jean et un tee-shirt propres, puis faire une toilette sommaire avant que l’espace de l’unique salle de bains fonctionnelle ne soit envahi par les vapeurs de parfums, d’effluves chargés d’hormones et de gel douche à l’huile d’argan.
Quand je suis revenue dans la cuisine, Cézanne portait un jogging blanc immaculé et avait noué en arrière ses longs cheveux blonds et brillants. On aurait dit un mannequin en transit entre deux villes du monde. Et ça, c’était avant même le petit déjeuner.
Elle m’a toisée en appuyant sur le bouton de la bouilloire et a poussé un soupir à fendre l’âme en réalisant qu’elle ne marchait pas.
— Attends, ai-je dit en sortant une casserole.
Dieu merci, la cuisinière fonctionnait au gaz en bouteille. Mais elle m’a dit de laisser tomber avant de partir s’enfermer dans la salle de bains. De son côté, Garance zonait toujours sur son portable. Je ne pouvais pas l’en blâmer, j’aurais probablement fait la même chose si le mien avait présenté à ce moment-là un peu plus d’efficacité qu’une brique. D’ailleurs, je n’arrêtais pas de le sortir de ma poche pour appuyer machinalement sur le bouton de démarrage.
J’ai fini par le balancer sur la table de la cuisine et j’ai décidé de sortir sur la terrasse humer l’air frais. Le jardin était baigné d’une douce lumière de début de printemps. J’ai franchi le portail en me félicitant d’avoir omis de le fermer la veille et fait quelques pas, longeant l’unique maison voisine jusqu’au bout de l’étroit chemin, au coin où on stockait les poubelles. Juste histoire de tâter le terrain, comme pour m’assurer qu’aucune catastrophe ne s’était abattue sur le quartier durant la nuit.
En apparence, ce n’était pas le cas. Et pourtant, en me tournant vers notre maison, j’ai à nouveau ressenti cette impression bizarre, comme si l’entièreté de la planète avait soudainement disparu et que nous étions les seules à exister encore. Comme dans ces romans troublants où l’on réalise à mi-lecture que le héros est mort.
Je suis rentrée en frissonnant et j’ai enfilé un chandail à grosses mailles grises. Garance avait exhumé du fond d’un placard une vieille cafetière italienne qui m’avait appartenu, à l’époque où j’habitais un minuscule studio d’étudiant parisien, et avait entrepris de broyer du grain avec un pilon en prenant garde à ne pas abîmer ses ongles parfaitement polis.
Elle ne m’en a pas proposé une tasse, et je n’ai pas offert mon aide pour nettoyer la zone sinistrée.
À 7 h 57, elle est allée elle-même tambouriner à la porte de la salle de bains, d’où Cézanne est sortie en arborant un look preppy que j’aurais été bien en peine d’imiter à son âge. Pour sa part, Garance n’usait que de peu d’artifices. Elle n’en avait pas besoin pour en imposer à ses condisciples.
Étant donné l’heure, il ne fallait pas compter se rendre à pied à l’arrêt de bus pour les filles. Je les ai fait monter en voiture et les ai conduites jusqu’à l’arrêt, à quelques minutes de notre domicile.
Il n’y avait personne sous l’abribus. Garance et Cézanne se sont extirpées du véhicule avec à peine un merci au coin des lèvres. J’ai fait demi-tour un peu plus loin dans la rue et, à la dernière minute, en repassant devant elles, j’ai baissé ma vitre.
— Vous êtes sûres de vouloir y aller ?
J’avais essayé de dissimuler la pointe d’angoisse dans ma voix.
— Bien sûr, a fait Garance. Pourquoi on n’irait pas ?
Évidemment, elle savait pourquoi. Mais Garance était trop mature, trop au-dessus de telles considérations pour tenir compte d’un sombre pressentiment ou d’une série d’infortunes.
Je me suis planquée au coin de la rue pour ne pas avoir à subir l’humiliation de leur regard sur moi si elles constataient que je veillais encore sur elles, en dépit du ridicule de la situation.
En dépit surtout de leur haine viscérale à mon égard.
Le bus est finalement arrivé. Elles y sont montées en affichant un sourire éclatant, sans un regard en arrière.
2
Lisenn
Avant le Désastre| Le jour du Désastre | L’ère du Désastre | Le Procès
Été | Automne | Hiver | Printemps
Mon père a déposé sur le sol le dernier carton. J’étais déjà occupée à défaire ma valise et à suspendre mes vêtements dans le minuscule renfoncement qui servait de penderie. J’ai ignoré son regard perplexe qui faisait le tour de l’unique pièce, comme pour bien marquer une dernière fois sa désapprobation.
— Tu veux un café ?
Je me suis penchée sur une caisse, sur le bout de plan de travail de ma kitchenette, pour extirper ma toute nouvelle cafetière italienne, dénichée la veille au bazar du coin de la rue parmi bien d’autres trésors.
Il a acquiescé, et j’ai entrepris d’utiliser l’appareil pour la première fois de ma vie. Cette première fois sentait la liberté et le café bon marché. Je savais qu’il était peiné par ma joie et un peu inquiet de me laisser dans ce qu’il considérait manifestement comme un taudis. Je m’étais bien gardée de préciser que, de tous les logements que j’avais pu visiter ces dernières semaines, celui-ci était de loin le plus salubre et le plus vaste.
Je nous ai servi deux tasses grâce au service à fleurs que j’avais hérité de ma grand-mère maternelle, et on s’est assis sur des cartons de livres pour savourer notre café. Je ne parvenais pas à m’arrêter de sourire.
— Tu es bien sûre de toi ? Il n’est pas trop tard pour rappeler Christophe.
Christophe, c’était le cousin de mon père. Il habitait en région parisienne, du côté d’Évry, et avait offert de me louer une chambre dans sa maison, en arguant qu’elle ne se trouvait qu’à quarante-cinq minutes de Châtelet. Ça, c’était sans compter le bus pour se rendre à la station de RER. Malgré tout, l’argument avait fait mouche auprès de mon père, prompt à acquiescer à toute idée qui lui semblait valable pour me convaincre de renoncer à louer un studio à Paris. Comme si cette information avait eu un sens pour lui. Il n’y connaissait rien, et moi guère plus.
Mais il y avait bien une chose dont j’étais certaine : il était hors de question que je renonce à mon indépendance et à mes envies de vie citadine.
J’ai hoché la tête.
— T’inquiète ! Je me sens super bien ici.
Je ne mentais pas. Je sentais déjà que cet endroit-là était fait pour moi. Ce quartier plein de vie et d’odeurs de frites, les clameurs joyeuses qui montaient jusqu’à ma fenêtre, les boutiques à deux balles et les cafés où traînaient les vieux dès 11 heures du matin. À deux pas d’ici, on trouvait les premiers bars branchés pour étudiants fauchés et, à peine plus loin encore, le canal Saint-Martin.
J’avais dégoté un stage de six mois près de la gare Saint-Lazare. Ce que je toucherais ne suffirait même pas à couvrir mes frais de location, mais j’avais économisé les trois années précédentes pour me permettre cette folie : mon appartement à Paris.
Lorsque mon père est parti, quelques heures plus tard, je l’ai serré dans mes bras et l’ai embrassé sur les deux joues.
— Merci, papa.
Il a hoché la tête et je l’ai regardé regagner son petit utilitaire garé un peu plus loin, les épaules basses. Ça m’a fichu un coup au moral, mais pas trop longtemps. Il fallait que je me dépêche de déballer mes cartons pour aller explorer mon nouvel horizon.
3
Lisenn
Avant le Désastre | Le jour du Désastre| L’ère du Désastre | Le Procès
Été | Automne | Hiver | Printemps
Après avoir déposé les filles, j’ai tenté de travailler un peu sur ma presse typographique à pédale, laquelle, datant de 1869, ne nécessitait pas de branchement. Mais, gênée par les haut-le-cœur provoqués par ma grossesse et les pensées parasites qui se frayaient un chemin dans ma cervelle, je n’ai pas été d’une grande efficacité et je n’ai pas tardé à renoncer.
J’ai pris une douche rapide – froide – et avalé une tartine avant de décider d’aller faire un tour un peu plus loin que le bout du chemin. Le village se situait à quelques kilomètres de la maison. Je me suis rendue à l’épicerie, sur la place centrale, où j’espérais recueillir quelques informations.
Les lumières étaient éteintes. J’ai d’abord cru qu’elle était fermée, avant de réaliser que la coupure de courant dépassait les limites géographiques de notre « quartier », si on peut qualifier ainsi le groupe de quatre maisons excentrées et entourées de verdure où se situait notre domicile.
J’ai poussé la porte et j’ai été soulagée de constater que je n’étais pas totalement seule. Une dame était occupée à scotcher des affichettes cartonnées sur les parois des frigos tandis que le caissier expliquait à un client au panier plein que la livraison de journaux n’avait pas eu lieu ce matin-là.
— Moins 30 % sur les produits frais et moins 70 % sur les surgelés.
J’ai sursauté. L’épicière m’a désigné du pouce les rayonnages éteints derrière les portes vitrées.
— Profitez-en. Ça me ferait mal au cœur de devoir tout jeter.
J’ai acquiescé et j’ai attrapé quelques yaourts dans le frigo derrière moi.
— Vous savez ce qu’il se passe ?
Elle a haussé les épaules et continué à noter les promotions exceptionnelles du jour sur des étoiles en papier orange fluo.
— Chez nous, ça a sauté à 3 heures du matin. Mon fils était en train de jouer sur son ordinateur quand tout s’est éteint. On a cru que c’étaient ses branchements qui avaient tout fait disjoncter, mais en arrivant ce matin…
— Ma femme vient de rentrer de Bourgoin, l’a interrompue l’homme à la caisse. Elle m’a dit que là-bas non plus, il n’y avait plus de jus. Impossible de bosser, alors elle a repris la route. Heureusement qu’elle a pas traîné, il paraît que ça commençait à bouchonner sévère ! En même temps, tu m’étonnes, tout le monde a dû vouloir rentrer chez soi. Ça me rappelle quand on était gosses et que le car pouvait pas passer nous chercher pour nous amener à l’école à cause de la neige. Une journée offerte, en quelque sorte !
J’ai acquiescé poliment. C’était peut-être aussi le cas à Lyon. Et au-delà ? Si Sam ne parvenait pas à nous joindre d’ici la fin de la journée, ni les filles ni moi, il ne tarderait certainement pas à sauter dans un train pour venir s’assurer que tout allait bien.
Mais les trains circulaient-ils encore ? Sans doute que non… J’ai reposé le carton de pizza surgelée que j’avais à la main. Pas d’électricité, cela signifiait pas de four.
— Ça ne va pas tarder à rentrer dans l’ordre, ai-je avancé. Il doit bien y avoir des solutions d’urgence pour ce genre de cas, des groupes électrogènes ou des batteries de secours.
— Sûrement pour les hôpitaux et les lieux publics, a fait la vendeuse. Pas pour une épicerie comme la nôtre.
— On en vend à Casto, a repris le type au panier plein. Mais c’est pas donné, pas sûr que ça en vaille la peine.
J’ai mis quelques articles au hasard dans mon tote bag, une salade, du fromage, de la farine, des biscuits fourrés au chocolat, du café moulu et des œufs, et je me suis avancée vers la caisse.
— Par car… Merde. Vous prenez les chèques ?
L’homme derrière la caisse a levé un regard las et interrogateur vers sa femme.
— Exceptionnellement, a-t-elle acquiescé dans un soupir.
J’ai quitté l’épicerie plus démoralisée que j’y étais entrée. Je me demandais comment on allait se débrouiller si la situation venait à s’éterniser. Je n’avais pas tellement de ressources personnelles en l’état actuel des choses. C’était Sam qui conservait le chéquier du compte commun. Peut-être que les filles… Peut-être que je parviendrais à dénicher vingt ou trente euros en fouillant dans l’un de mes vieux sacs à main.
D’une main, j’ai défait le bouton de mon jean pour laisser plus de place au léger renflement de mon abdomen. Je me suis souvenue que j’avais prévu d’aller m’acheter quelques vêtements de grossesse, afin d’être plus à l’aise. Comme par superstition, je n’avais voulu effectuer aucun achat avant le fameux cap des trois mois. C’était un peu idiot, mais l’idée de retarder ces achats m’a fichu un nouveau petit coup au moral. Il faut dire que je me sentais assez isolée, ces derniers temps. Je n’avais pas encore eu l’occasion de sympathiser avec les gens du coin, depuis le déménagement. Les travaux avaient occupé la majeure partie de mon temps quand on avait entrepris de rénover le vieux corps de ferme que l’on habitait à présent. Et puis, il y avait eu les nausées, la fatigue et le lancement de mon atelier de reliure et d’impression letterpress. Les mois avaient filé, je m’étais habituée à la solitude de la grande maison. Enfin, je crois.
Dans l’immédiat, cependant, j’avais plutôt besoin de vie. D’agitation, d’un semblant de normalité dans cette étrange journée. J’ai poussé la porte du café qui jouxtait l’épicerie, et j’ai été servie : la plupart des tables étaient occupées, sûrement par des habitués qui bavassaient joyeusement. Certains avaient même entamé une partie de cartes.
J’ai reconnu le pompiste de la station-service et les deux types de la voirie qui s’étaient chargés des travaux sur la route au bout de notre chemin, l’année précédente. Je commençais seulement à réaliser combien tout le monde était affecté par cette panne. Pourtant, ici, c’était comme la récré. Une parenthèse inattendue, presque cocasse. Les sourires ne reflétaient pas tellement l’inquiétude, sauf peut-être chez ceux qui redoutaient l’impact d’un jour de travail manqué dans leur activité professionnelle.
J’ai failli commander un café, puis je me suis souvenue, juste à temps.
— Un jus d’abricot, s’il vous plaît.
Le patron du bar m’a servie et je me suis installée sur un petit bout de zinc, un peu gênée. J’ai tendu l’oreille pour recueillir des bribes d’informations. Certains y allaient de leur théorie, de la plus évidente à la plus fumeuse. La plupart, en réalité, ne semblaient pas savoir grand-chose. J’ai seulement eu confirmation que nous n’étions pas les seuls à être affectés par « la Panne », que nous ne tarderions pas à renommer « le Désastre ». Il en allait de même à Lyon et à Grenoble. Les trains n’avaient pas circulé de toute la journée dans la petite ville la plus proche de chez nous, et les grandes surfaces avaient gardé leurs stores baissés.
C’était assez dingue de voir à quel point tout semblait paralysé par une simple coupure de courant. J’aurais aimé pouvoir dire, le cœur léger, que j’allais en profiter pour jardiner un peu, me plonger dans un bon bouquin ou même récurer les placards de la cuisine. Peut-être même m’accorder une sieste, la tête de Basile posée sur mon ventre. Si seulement Sam avait été là. Si j’avais su qu’il allait rentrer.
J’ai terminé mon jus de fruits et j’ai fini par me résoudre à rentrer à la maison, retrouver mon chien et le silence.
Lorsque j’ai entendu la clé tourner dans la serrure, aux alentours de 16 heures, mon cœur a fait un bond. C’étaient les filles, qui rentraient plus tôt que prévu. Leurs profs avaient donné leurs cours dans un semblant de normalité jusque-là – chauffage et lumière en moins dans les salles de classe, heureusement que le printemps était clément cette année. Puis le cours de techno de Cézanne avait été annulé, et elle avait marché jusqu’au lycée pour attendre sa sœur et rentrer avec elle.
— Il manquait la moitié de la classe. Et beaucoup sont partis à midi, a expliqué la cadette en tartinant du chocolat sur une grosse tranche de pain. C’était vraiment une journée bizarre.
J’ai essayé d’en savoir plus, mais autant tambouriner à la porte d’un mausolée. Les filles de Sam n’étaient jamais bavardes en ma présence. Elles n’ont pas tardé à s’enfermer dans leurs chambres. Quelques instants plus tard, j’ai entendu Garance travailler ses gammes, les vibrations du violoncelle traversant le parquet au-dessus de ma tête.
Elles ne se sont pas jointes à moi pour le dîner. Je me suis fait une assiette de pâtes, dont j’ai abandonné la moitié à Basile, dans la pénombre. J’étais en train de fouiller dans un tiroir de la cuisine, à la recherche d’une lampe-torche, lorsqu’un bruissement m’a fait sursauter. C’était Garance, une bougie éteinte à la main. J’ai tourné le bouton de la gazinière pour qu’elle allume la mèche, et elle m’a remerciée du bout des lèvres.
Juste avant de s’enfermer à nouveau dans son antre, elle a eu un bref instant de faiblesse :
— Dis, tu crois qu’il va pouvoir revenir ? Si la situation s’éternise ? Il n’a reçu aucun de nos messages, à Cézanne et moi…
« Il », c’était Sam. Son père. Je ne lui ai pas dit que cette angoisse avait emprisonné ma poitrine toute la journée. Je me suis contentée d’acquiescer.
— Bien sûr. Il ferait n’importe quoi pour être auprès de nous.
J’ai cru la voir hocher la tête dans l’obscurité qu’aucune de nous n’avait encore animée d’un bout de chandelle, puis elle s’est enfermée et j’ai fait de même.
Ce n’est que plus tard dans la nuit, réveillée en sursaut, que j’y ai pensé. L’idée ne m’avait pas traversé l’esprit. Les bougies, depuis longtemps éteintes, avaient laissé traîner dans l’air un mélange de parfums déroutant – cannelle et jasmin, violette et citronnelle. J’ai tâtonné du pied jusqu’à trouver une pantoufle, puis l’autre, et je me suis précipitée dehors, vers ma voiture.
La nuit était noire comme du charbon. Un bip rassurant a éclairé ma course lorsque j’ai déverrouillé la portière à distance. L’habitacle illuminé m’a semblé un îlot accueillant en pleine tempête. J’ai démarré le moteur et immédiatement branché mon téléphone grâce au cordon d’alimentation dans le véhicule. Après une minute de stress et d’angoisse, le symbole indiquant que l’appareil chargeait est apparu sur l’écran.
J’ai remercié le Ciel et patienté encore un peu avant d’appuyer frénétiquement sur le bouton de démarrage. Nos visages rayonnants sont apparus, à Sam et moi. Le cliché datait de notre voyage de noces. Nous étions à bord d’un bateau de pêche, près d’une île au large de la Malaisie, le teint brûlé par le soleil, le rire presque visible au coin de nos bouches. J’ai attendu encore, le cœur battant, que le signal indiquant une connexion quelconque se manifeste.
Ce n’est pas arrivé.
Si la situation m’a semblé inconfortable, voire angoissante à ce moment-là, je ne me doutais pas de la tournure que prendraient les événements, à une vitesse vertigineuse. À cet instant, je faisais seulement semblant d’envisager le pire, mais je ne croyais pas réellement possible que la coupure soit généralisée à l’ensemble du pays, ni même que Sam puisse être dans l’incapacité de nous rejoindre. Je n’envisageais pas un instant qu’une simple panne de courant aurait un tel impact sur nos vies.
La réalité n’a pas tardé à me rattraper après quelques nouvelles excursions édifiantes au café, et j’ai pris conscience de l’épaisseur de mon ignorance sur le fonctionnement des choses.
Je n’aurais pourtant jamais cru me retrouver un jour aussi démunie. Ce n’était pas comme si j’avais eu une existence privilégiée, pas au point en tout cas de manquer autant de sens pratique. J’avais fait ce qu’on appelle un beau mariage. Si Sam avait une situation enviable et était issu d’une bonne famille, je n’appartenais pas à son monde.
J’étais la petite dernière. L’enfant de réparation, en réalité. Mais la colle était bon marché et n’avait pas pris. Ma mère, cette douce écervelée au cœur ardent, avait quitté le nid peu avant mes sept ans. Elle venait de rencontrer un musicien qui partait faire le tour de l’Asie. Elle était partie avec lui.
Tous deux avaient désormais expatrié leur idylle en Martinique, et si ma sœur Laurène n’avait jamais pu lui pardonner de nous avoir en quelque sorte abandonnés, Ludo, mon grand frère, et moi avions laissé le temps faire son œuvre et déjeunions avec elle une fois par an, lorsqu’elle passait un jour ou deux en région parisienne. Je ne m’en faisais pas pour elle. C’était une amoureuse de la mer, et je l’imaginais plutôt faire la planche toute la journée sur l’eau, laissant le soleil brûler sa peau et toute inquiétude passagère. Elle n’était pas du genre stressé. Pas suffisamment, jugeait Laurène.
J’étais plus inquiète pour ma sœur et pour mon frère, qui étaient les deux personnes à qui je tenais le plus au monde, juste derrière Sam. Je tentais malgré tout de me rassurer : tous deux étaient nettement plus débrouillards que moi et vivaient dans la même ville depuis le divorce de Ludo. Leurs enfants, mes trois neveux et ma nièce, allaient à l’école ensemble, et je devinais sans mal qu’ils se réuniraient très vite pour affronter ce qui était en train d’arriver. Sans doute étais-je même leur principal souci.
Toujours est-il que je m’étais figuré être une personne capable, moi aussi. J’avais vécu seule pendant mes études, j’avais réussi à décrocher des petits boulots par moi-même, je savais visser une ampoule, faire la vaisselle, chasser une araignée, même, s’il n’y avait pas d’autre recours. Mais il m’apparaissait soudain que, depuis ma rencontre avec Sam, le confort de me laisser porter par la vie avait fait de moi cette espèce d’incapable déconnectée du monde réel.
C’est ainsi qu’au-delà de l’angoisse qui s’est emparée de moi dans les heures qui ont suivi la panne, tout dans la maison m’est soudain devenu hostile.
Plus de téléphone, plus de télé, plus de four ni d’eau chaude : ça, c’était l’évidence, même pour moi. Mais qui aurait cru que le Désastre aurait un impact sur tant d’autres choses ? Que la circulation ferroviaire serait complètement interrompue, que, faute d’onduleurs fonctionnels, nos panneaux solaires se révéleraient parfaitement inutilisables, que la moitié des volets pilotés par notre assistant vocal resteraient désormais clos, plongeant certaines pièces de la maison dans une semi-pénombre permanente ?
Nous n’avions pas réussi à mettre la main sur les manivelles d’urgence, si tant est qu’elles nous aient bien été livrées lors de la pose, mais j’avais au moins la satisfaction d’avoir omis, la veille de la panne, de fermer complètement les volets de la baie vitrée donnant sur la terrasse. Ainsi le soleil qui dardait ses rayons de plus en plus tôt dans la cuisine et la salle de séjour au rez-de-chaussée apportait-il un semblant de gaieté dans la tourmente.
J’avais beau être hébétée par la situation, il était clair désormais qu’elle était sérieuse. Catastrophe naturelle, attaque nucléaire… Dès le lendemain de la panne, chacun y était allé de sa théorie, et les hypothèses les plus épouvantables avaient été évoquées sur un ton badin dans le village, comme pour en conjurer la crédibilité. Au fil des jours, c’est l’éventualité d’une guerre électronique qui est revenue le plus souvent dans les échanges.
Garance, Cézanne et moi nous sommes gardées d’émettre un avis sur la question, ou même de chercher à avoir cette conversation.
Et je crois que nous n’étions pas les seules à préférer ne pas savoir. Au bout d’un moment, le silence avait fini par remplacer les débats stériles. Car, quelle que soit la théorie retenue, il fallait désormais nous faire à cette réalité.
Au matin du quatrième jour, un nouveau problème s’est posé lorsque j’ai tenté de tourner le robinet de l’évier de la cuisine pour servir une gamelle d’eau à Basile.
J’ai couru dans la salle de bains pour essayer celui de la douche, en vain.
— Merde !
Cézanne, qui était occupée à se brosser les cheveux devant le miroir, s’est écartée vivement lorsque je me suis précipitée vers le lavabo.
— Hé ! a-t-elle protesté. Ça va pas bien ?
— On n’a plus d’eau, ai-je chevroté.
Elle a haussé les sourcils et est retournée à sa coiffure, faisant glisser la soie moirée de ses cheveux comme un rideau sur ses épaules. J’ai eu une soudaine envie de les attraper et de secouer si fort que sa tête aurait heurté la glace.Petite conne.
Aussitôt, j’ai pressé les paupières pour effacer cette pensée puérile. « Ce n’est qu’une gamine, me suis-je forcée à me souvenir. C’est toi, l’adulte. C’est à toi de trouver une solution. »
Un vertige m’a contrainte à m’appuyer un instant contre le mur derrière moi. La piscine. Nous disposions d’une grande quantité d’eau, maintenant que j’y pensais. Nous n’avions pas opté pour un traitement au chlore mais au sel. »
Extraits
« Un mois et dix-sept jours. C’est précisément le temps qu’il a fallu à la société pour s’effondrer. Soixante-neuf mille cent vingt minutes pour passer d’un quotidien plein de règles de savoir-vivre à l’enfer. Jusqu’alors, nous avions gardé espoir. Bien sûr, il y avait eu des casses jusqu’au sein du village ; bien sûr, il y avait eu des vols, des rumeurs d’émeutes, et il y avait sans doute encore la guerre quelque part. Mais ce matin-là, quand nous avons découvert le corps affaissé sur un trottoir, le visage visqueux de sang, à l’orée du village, j’ai compris que nous étions condamnés.
On ne s’était même pas donné la peine de le cacher. »
« C’était comme si tous les États avaient choisi de se replier sur eux-mêmes, du moins à en croire les nouvelles diffusées sur la plateforme ou dans les rares journaux autorisés.
Le black start, le grand redémarrage, avait été très progressif et avait duré des mois. D’abord, certains avaient réussi à rétablir une autonomie à l’échelle locale, grâce à des moulins, des groupes électrogènes rudimentaires ou des panneaux solaires artisanaux capables de produire quelques kilowatts. Puis des micro-centrales hydrauliques et des parcs éoliens avaient commencé à fleurir à différents endroits et, enfin, une première centrale hydroélectrique avait été remise en état, signant la fin officielle du Désastre. Les centrales nucléaires, quant à elles, redémarraient tout juste, progressivement. »
À propos de l’autrice
Claudie O. Wetterwald © Photo Elsa Rodrigues
Claudie O. Wetterwald est une autrice française passionnée par l’écriture et les mots. Son entrée remarquée dans le monde littéraire intervient en 2022 lorsqu’elle reçoit le coup de cœur unanime du jury du concours d’écriture des Éditions du Gros Caillou, un concours parrainé par l’écrivain Vincent Ravalec. Son œuvre romanesque s’inscrit dans le domaine du suspense et de la fiction. Son premier roman, La fille d’encre et de lumière, paraît en 2023. Il figure dans la sélection du Prix des lecteurs Gouttes de Sang d’Encre 2024 ainsi que dans la sélection du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2025. Son second livre, Ce qui dort sous le camélia (2026), est un roman d’anticipation et de sororité qui retrace, à travers le procès de 254 femmes accusées après un mystérieux « Désastre », les choix de survie, les dilemmes moraux et les failles d’une société en plein effondrement. (Source : FNAC)
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