Pour le lecteur de 2026, découvrir une histoire où les super-héros sont abordés de manière ironique et où il est avant tout question de décomposer les archétypes pour faire sourire tout autant que vibrer, c'est quelque chose d'habituel. Capes s'inscrit dans cette manière de présenter les types à super-pouvoirs, comme des personnes très proches de nous, qui même s'ils ont des dons formidables n'en restent pas moins humains dans toute leurs actions ou réactions. Au centre du récit, nous trouvons une sorte d'agence qui reçoit des subventions pour ensuite intervenir sur le théâtre des méfaits de la super criminalité. Dès le départ, on fait la connaissance de plusieurs personnages très attachants, dont Bolt (qui est doué de super force et qui a une vie de famille bien réglée, à côté de ses activités super héroïques) ou le jeune Kid Thor, qui est l'héritier d'une lignée célèbre, dont l'un des ancêtres avait forgé un marteau de substitution au célèbre dieu scandinave. On trouve très vite d'autres personnages aussi drôle que bien construits, comme Capitaine Capitalism, Knock-Out (et sa fausse poitrine) ou encore les Jumeaux Météores, sans oublier le Génie, qui est à la tête de la structure : une sorte de télépathe au crâne surdimensionné, qui raconte à tout le monde qu'il a perdu ses pouvoirs au fil des ans, mais qui réserve une sacrée désagréable surprise à ses collègues. Le récit s'emballe lorsque le Captain Cosmic est de retour parmi ses amis, alors que tout le monde le croyait mort. Il avait disparu au cours d'un affrontement terrifiant contre le Chronodile, probablement le super vilain le plus fort jamais affronté jusqu'ici, et qui avait été finalement vaincu non sans de lourdes pertes, au cours d'un ultime assaut à l'issue jamais pleinement comprise. En réalité, on apprend qu'ils avaient été que projetés en avant dans le temps. Alors évidemment, tout le monde s'attend dorénavant aussi au retour de l'animal et à sa vengeance terrible !
Robert Kirkman le sait très bien : lorsque l'on attend la célébrité dans la cage d'ascenseur, elle prend parfois son temps et empreinte l'escalier. Raison pour laquelle les épisodes de la série Capes, que vous allez lire, ont été publiés en réalité pour la première fois il y a presque 30 ans. Trois premiers épisodes scénarisés par Kirkman donc, et dessiné par Mark Englert, qui a par la suite repris son travail en modifiant les couleurs, en retouchant certaines vignettes, voire même en se relançant dans la reconstruction des pages pour mieux coller à son style actuel. Car le bougre a progressé, comme normalement n'importe quel artiste qui atteint la plénitude de son art, par rapport à des années de jeunesse, encore acerbe. Les trois autres épisodes (de 4 à 6, donc) ont été en réalité publiés en tant que backup stories de la série Invincible puisque ce récit fait partie du même univers que le célèbre super-héros désormais diffusé sur Amazon. D'ailleurs, on le voit apparaître lors d'une scène de funérailles. Funérailles, car oui, les super-héros ne sortent pas tous indemne de cette aventure. Le méga combat contre le Chronodile, par exemple, se solde par une boucherie… ça fait partie de la manière d'écrire ce genre de comic book : prendre beaucoup de distance avec ce qui s'y passe, toujours conserver beaucoup de brio dans les dialogues et les différentes situations, mettre à la fois du tragique et de l'héroïque dans l'action tout en n'oubliant pas de proposer au lecteurs de l'entertainment pur et dur. C'est ce qui fait le succès à notre avis de Capes, qui sans révolutionner les codes du genre où s'inscrire au Panthéon des comics, a le mérite de nous faire passer un très agréable moment de lecture.
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