Rat city tome 2 : du spawn techno futuriste au menu

Par Universcomics @Josemaniette

On va essayer d'être foncièrement honnête avant d'aborder le tome 2 de Rat City : si vous n'avez pas lu le premier ou si jamais vous l'avez survolé de manière très distraite, au point que vous avez oublié l'essentiel de l'intrigue, vous allez être complètement perdu et probablement vous demander ce que vous êtes en train de voir. Voici donc une suite qui impose d'avoir bien à l'esprit les épisodes précédents, ne serait-ce que pour appréhender les motivations et les rebondissements liés à chaque personnage. Rat City entre en effet dans une phase particulièrement mouvementée (et sa conclusion). Erica Schultz développe son intrigue autour de Peter Cairn et de Quinlan, tout en faisant ressurgir les conséquences de leurs choix précédents. Ici, les personnages n’ont plus vraiment le luxe de regarder derrière eux : leur passé est justement en train de leur tomber dessus. Peter, séparé du monde des vivants et prisonnier de l’Entre-Deux, se retrouve dans une position inhabituelle. Celui qui semblait jusque-là capable d’affronter les situations les plus désespérées doit désormais subir les événements sans pouvoir réellement les contrôler. Une situation d’autant plus problématique que son absence laisse le champ libre à ceux qui poursuivent leurs propres ambitions. Quinlan, de son côté, se retrouve confronté à son histoire personnelle. Ses décisions passées cessent d’être de simples éléments de caractérisation pour devenir le moteur d’une partie du récit. Pendant que chacun tente de comprendre ce qui lui arrive, la Progéniture continue d’avancer ses pions. La menace change progressivement d’échelle et le conflit ne se limite plus à une simple opposition entre Peter et ses adversaires. Les différents protagonistes se retrouvent pris dans un engrenage où les vieilles rancœurs, les intérêts personnels et les forces infernales finissent par se rejoindre. C'est le cas avec Arif, dont le jeune frère (Fidan) a été abattu par un camarade de peloton de Peter, quand ce dernier était encore un mercenaire, sans qu'il ne lève le petit doigt. Du coup, la vengeance le rattrape, avec un Arif lui aussi transporté dans cet Entre-Deux, là où les personnes bientôt mortes mais pas encore trépassées, peuvent régler des comptes, tout en servant de pions potentiels à la Progéniture. Même histoire avec Viktor Neekay, l'ancien président de P.T.S. qui finit également dans cette sorte d'arène virtuelle, où le sang va couler… 

La vengeance sert de fil rouge à ce second tome. Une vengeance qui n’a plus grand-chose d’humain lorsqu’elle commence à être au service de machinations surnaturelles. Rat City joue alors efficacement une idée simple : dans cet univers, rien ne disparaît vraiment. Chaque décision laisse une trace, chaque trahison appelle une réponse et chaque dette finit par être réclamée. En cela, on est bien chez Spawn, même si la série est capable de tenir à distance la matériau de base pour vivre sa vie sans rien demander. Au bout du compte, Peter Cairn parvient à sortir sort de l’Entre-Deux avec une nouvelle détermination, mais se échoue aussi sec en enfer, où il va devoir se battre à nouveau, cette fois avec Becker, un de ses anciens collègues (celui qui a tiré sur le jeune Fidan, vous suivez ?). Le tout sous les yeux de la reine des lieux, Viscerator, tandis que la Progéniture se révèle être la descendance de Malebolgia... Au dessin, Zé Roberto continue de nous épater. Non seulement il est à la barre depuis le début et ne souffre pas les retards ou les baisses de forme, mais il poursuit dans la même veine, c'est-à-dire des planches truffées de violence, de détails, du dynamisme. C'est vraiment l'homme de la situation, l'artiste qu'il fallait, et une grande partie de l'identité de Rat City repose dans ses crayons (ou stylet, pour le travail digital). Dommage que ce soit quand même un titre confus à force de duels et de combats ininterrompus dans ce second tome, car Rat City a un potentiel fascinant évident et réinvente utilement le mythe de Spawn. On le conseillera alors aux initiés, les novices pourraient être effrayés. 


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