Du côté des fantômes

Par Henri-Charles Dahlem @hcdahlem

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En deux mots

Olivia grandit au Guilvinec avec un secret de famille. Son grand-père a tué sa belle-mère, puis s’est suicidé. On lui a longtemps parlé d’un accident de voiture. Devenue étudiante à Paris, portée par son amour pour Naéma, elle décide d’enquêter. Elle veut savoir. Elle veut nommer.

Ma note

★★★ (bien aimé)

Ma chronique

Dire enfin les choses

Un fusil de chasse, un grenier, deux corps. Et des décennies de silence. Dans son deuxième roman, Anne-Fleur Multon transforme un féminicide familial en une enquête intime, brûlante et inventive.

Commentant Les nuits bleues, le premier roman d’Anne-Fleur Multon qui racontait les amours de deux jeunes femmes au temps du Covid, j’écrivais que ces deux personnages n’étaient pas vierges de leur histoire d’avant, et qu’il allait bien falloir affronter leur passé. Leurs familles n’avaient pas été effacées d’un trait de plume. Cette phrase annonçait déjà tout de ce second roman.

Cette fois, la jeune fille s’appelle Olivia. Après de brillantes études en Bretagne, elle monte à Paris, à l’école du Louvre. Elle loue une chambre de bonne sans chauffage, meublée au strict minimum, chez une logeuse pointilleuse qui encaisse le loyer en liquide chaque fin de semaine. Elle sait profiter d’un rapport de force qui lui est favorable pour mettre ses locataires sous pression constante.

Olivia s’incline. Elle se concentre sur ses études. Et elle se console dans de nouveaux bras, parce que Paris, pour la jeune Bretonne, c’est aussi la promesse de s’émanciper, de découvrir les clubs queer de la capitale.

Mais la mémoire ne s’arrête jamais à la gare Montparnasse. Olivia repense sans cesse à Naéma, son premier amour, resté là-bas, sur la côte. C’est elle, dans les souvenirs d’Olivia, qui la pousse la première à regarder en face ce que la famille a toujours tu : les circonstances exactes du meurtre de son arrière-grand-mère et du suicide de son grand-père.

Le roman s’ouvre d’ailleurs sur cette scène fondatrice, au bistrot où travaille Olivia. Une collègue balance une nouvelle affaire de féminicide. Une autre demande si ça s’est passé « dans sa famille ». Olivia bafouille, cherche des excuses à l’inexcusable, avant que Raph, avec une lucidité brutale et tendre, la corrige : « On peut pas tuer pas totalement quelqu’un, ma poulette. » Il faut rendre au crime son nom. Rendre à la victime, Raymonde, une existence avant sa mort.

Encouragée par un professeur, Olivia se lance alors dans une véritable enquête. Elle épluche les archives, cherche des témoignages, se heurte à la réticence d’une famille qui préfère le flou au vrai. Elle imagine, faute de mieux, ce qu’elle ne sait pas : la trajectoire du fusil de chasse, le trajet à pied de son grand-père jusqu’à la maison de la victime, les mots qu’elle a peut-être criés. L’imagination comme seul outil face au silence.

Quand la mère d’Olivia finit par parler, sa fille ne sait pas si elle aurait finalement voulu qu’elle se taise ou qu’elle ne s’arrête plus. Rien n’est simple, dans la transmission d’un secret pareil.

Anne-Fleur Multon écrit dans une langue qui pense plus vite qu’elle ne ponctue. De longues phrases sans respiration, comme pour épuiser une pensée avant qu’elle échappe. Des bifurcations, des blagues lancées au bord du gouffre, un mouvement constant entre le café qui coule et le sang qui a coulé, entre un souvenir d’enfance et une coupure de presse. Cette écriture donne au texte une dynamique rare, presque physique. Elle tisse ensemble la mémoire, le désir queer, la découverte du corps, les recherches sur les féminicides, la photographie. Chaque fil vient nourrir les autres, comme si comprendre ce crime-là supposait de comprendre aussi comment on aime, comment on hérite, comment on existe malgré le silence des générations précédentes.

Anne-Fleur Multon confie elle-même que cette histoire n’est pas la sienne, mais bien une fiction pensée pour interroger les effets d’un tel secret sur une famille. Une phrase de Monique Wittig, tirée des Guérillères, éclaire tout le projet : « Fais un effort pour te souvenir. Ou, à défaut, invente. » La littérature naît peut-être précisément de cette tension entre ce dont on se souvient, ce qui échappe, et ce que l’on invente pour donner forme au silence.

Du côté des fantômes 

Anne-Fleur Multon

Éditions de l’Observatoire

Roman

220 p., 21 €

EAN 9791070210253

Paru le 21/08/2026

Où ?

Le roman est situé en Bretagne, à Rosporden, Le Guilvinec et Quimper, puis à Paris.

Quand ?

L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Toutes les familles ont des secrets, et celui de la famille d’Olivia fait partie de ceux qu’on préfère ne pas déterrer. En 2001, son grand-père a tué sa belle-mère – la mère de sa femme – avant de se suicider. Olivia avait sept ans.

Douze ans plus tard, ayant quitté la Bretagne pour la capitale, devenue élève à l’École du Louvre, Olivia se penche enfin sur le passé familial. Un article à écrire pour le second semestre lui fournit le prétexte idéal pour chercher les réponses aux questions qu’elle n’a jamais osé poser. Qui est cette arrière-grand-mère dont personne ne parle jamais ? Et ce grand-père qui l’aimait tant, devenu meurtrier ?Entre la gestion de sa nouvelle vie d’étudiante, avec sa logeuse en qui elle n’a aucune confiance, ses services au café à côté des cours et sa découverte des soirées queer parisiennes, elle suit les traces de ses fantômes. Que lui ont-ils laissé ? Que faire de cet héritage ?

Avec Du côté des fantômes, tour à tour enquête familiale et roman d’émancipation, Anne-Fleur Multon s’intéresse à ce qui est tu et à celles qu’on tait et redonne ainsi voix aux grandes silenciées des arbres généalogiques.

Les critiques

Babelio

Les premières pages du livre

« Ce qu’il faut savoir, c’est que la mort était entrée là, qu’elle avait déjà fait son travail, et qu’il n’y avait pas de retour en arrière.

Elles étaient passées cette nuit certainement. Depuis le bar du Waikiki on ne voyait que ça.

M A R I O N J.  A S S A S S I N É E P A R S O N M A R I R E N A U D M.  P A R B A L L E S = F É M I N I C I D E

C’était de grosses lettres peintes en noir sur du papier A4 blanc. Sympa c’est joyeux ça met l’ambiance, a fait Titi comme pour une blague. Christian a répondu avec un sourire serré que c’était pas l’objectif et vu qu’il les engueule jamais les habitués, vu qu’il est toujours si également sympathique alors quand il est juste un peu sec ça suffit à ce qu’ils ferment leurs gueules. Souvent après ils fourrent leurs museaux dans leurs verres comme des gosses pris en faute et nous on voit les gamins qu’ils ont été il y a longtemps, avant qu’ils soient un peu violets au niveau des pommettes et le ventre serré par le polo.

Là-dessus je suis allée nettoyer les toilettes. D’habitude je le fais plus tard comme c’est pas franchement agréable de récurer la merde des autres, mais l’un dans l’autre il n’y avait pas de fenêtre sur la rue, dans les toilettes.

J’espère qu’il est en prison ce salopard a dit Raph à la place de bonjour quand elle est arrivée après le deuxième service. Elle a accroché son manteau à la patère, j’ai fait couler son café.

Du fond de la cuisine Nadia a répondu à Raph comme quoi c’était pas bien difficile de le savoir et zoupla, elle a fait éclore son téléphone dans sa paume, elle a jailli zim de derrière le lave-tasses, du bout de l’ongle tic tic elle a tapoté sur son écran et hop ! nous étions tous au courant que le type, là, Renaud M., n’était pas derrière les barreaux (Non ?!) car il était bien mort (Ah ! Y a une justice !) vu qu’il s’était foutu en l’air avant (Manque de couilles, ça).

Raph m’a dit :

— C’est pas un truc du genre qui s’est passé dans ta famille ?

— Pas du tout,

j’ai répondu

vraiment pas, mon papi s’est juste…

Et j’ai sorti les tasses encore bouillantes du lave-tasses sans faire gaffe, ce qui fait que je me suis sacrément brûlé le bout des doigts, et que donc je les ai un peu sucés et voilà pourquoi je n’ai pas pu finir ma phrase.

Après, j’ai précisé en déposant son café devant Raph, C’est vrai que mon arrière-grand-mère avait été, oui c’est pas faux il l’avait un peu, enfin pas vraiment vu que c’était un accident, et puis il était malade,

c’était lui qui faisait les câlins il avait tué tous les loups j’étais la seule qu’il emmenait pêcher j’étais sa préférée il m’avait fabriqué une maison de poupée on n’est pas un salopard quand on fabrique une maison de poupée

bref c’était sûr qu’il voulait pas, comme ce type-là, Renaud M. des collages, lui faire du mal ou je sais pas quoi, c’était un accident si c’était un accident c’était moins grave non, enfin certes il l’avait, mais pas totalement on va dire, et

— Tuée ? On peut pas tuer pas totalement quelqu’un, ma poulette, elle a fait Raph en avalant son expresso en une gorgée, et discrètement Nadia a déposé un chocolat devant moi (vu que j’aime pas le café).

C’était sympa. Je sais pas pourquoi mais ça m’a donné envie de pleurer. Après je pleure jamais, moi.

*

J’imagine une énorme flaque de sang sur le gros plancher du grenier de la maison.

Est-ce que vous le voyez, là ? Il est allongé, face contre le sol, le nez, ou ce qu’il en reste, dans son propre sang. Avec un fusil de chasse, je pense pas qu’on puisse se tuer très proprement. Je sais pas s’il a éclaboussé les murs mais le corps devait être éclaté. Par la tête ou par le ventre, sans doute.

C’est comme ça qu’on l’a retrouvé. Avec un fusil de chasse, dans le grenier de mon arrière-grand-mère.

Et vous la voyez, elle ? Il n’est pas le seul à s’être fait éclater, il y a, juste à côté, dans une flaque de sang mélangé, mon arrière-grand-mère.

Elle, elle a entendu quelqu’un entrer dans sa maison, c’était en fin d’après-midi, elle a suivi l’homme qui montait à son grenier. Elle a peut-être cru à un cambrioleur, elle a peut-être reconnu son beau-fils.

On les a retrouvés tous les deux.

L’histoire, c’est que comme tous les jours, il a appelé pour que je raconte ma journée. Il m’a dit Ma chérie, chante-moi une chanson – je sais plus ce que j’ai chanté, c’était il y a longtemps. Après, il a raccroché, la nuit était déjà tombée et pourtant il n’était pas seize heures, il est sorti de son bureau, il est sorti de sa maison et a marché jusqu’à la maison de mon arrière-grand-mère. Il devait avoir les clés, ils habitaient tout à côté, il les avait mises dans sa poche, les clefs, et le fusil dans une main.

Il est allé au grenier pour se suicider et quand Mamie Raymonde a ouvert la porte, mon grand-père l’a tuée, puis il s’est tué lui, ça a dû prendre deux coups de fusil.

Peut-être des cris ? Peut-être qu’elle a essayé de l’empêcher,

elle se jette sur lui, le supplie d’arrêter, de réfléchir, elle crie,

à l’aide, à l’aide, aidez-moi mon Dieu,

— elle était très croyante –

elle l’insulte, elle essaye de s’enfuir

ou alors elle a le temps de rien dire, elle a pas envie de dire quoi que ce soit, elle le regarde dans les yeux et il lui tire dessus.

Peut-être même qu’il était venu pour ça, pour lui tirer dessus, il lui devait de l’argent, ou bien il lui en avait demandé et elle avait refusé, ou alors il la haïssait depuis toutes ces années, des petites haines ajoutées les unes aux autres, des petites lâchetés, des petites méchancetés dites sans y penser qui avaient boursouflé la haine :

Quand même, tu aurais pu le demander, ce poste de directeur,

Vous viendrez déjeuner dimanche,

Moi je pense qu’un homme qui n’arrive pas à avoir des bébés, c’est, bon,

Vous viendrez déjeuner dimanche,

Tu n’as jamais eu vraiment d’ambition, en même temps avec une mère juste bonne à vider les poissons,

Vous viendrez déjeuner dimanche,

Vous viendrez déjeuner dimanche,

Vous viendrez déjeuner dimanche,

les deux corps, explosés par cet énorme fusil de chasse, disgracieux, vautrés sur le sol dans des mares de sangs mêlés, c’est comme ça qu’elle les a retrouvés ma grand-mère, son mari, sa maman, affalés, les organes à l’air, sur le plancher du grenier, à côté de ses vieux cahiers d’école et de filets de pêche usés.

À moi on m’a dit Ton grand-père et Mamie Raymonde sont morts dans un accident de voiture. Je ne me souviens pas vraiment d’avoir été triste. J’avais sept ans. À dix ans, on m’a dit Ton grand-père s’est suicidé. On n’a pas parlé de Mamie Raymonde. Le reste, je sais plus comment je le sais.

*

— C’est quoi, l’histoire, en fait ? elle a demandé Nadia par-dessus son épaule en lançant un double-crème.

— Je sais pas vraiment. Parfois, je me demande même si ça s’est vraiment passé, si j’ai pas tout inventé. Je n’y pense pas si souvent, ou si, un peu, quand même. C’était il y a longtemps.

J’ai avalé une gorgée de mon chocolat. Il était comme j’aime, laiteux, en poudre. Ici, on faisait pas de chocolat de luxe comme on voit dans les coffee shops. Ça goûtait le Poulain. J’aimais bien.

— En fait, je me demande comment ça s’est vraiment passé. Par exemple, est-ce que ça sentait la poudre. Ou comment il a appuyé sur la détente.

Nadia, Christian et Raph écoutaient fort. On n’avait rien de mieux à faire, aussi. À cette heure-là, le bistrot était presque vide. Je faisais tourner ma cuillère dans ma tasse.

— Pas tant de trouver le courage, ou pourquoi, mais véritablement comment. Il devait avoir un long bras, pour atteindre la gâchette d’un fusil de chasse. Ça devait être laborieux.

— C’est glauque, ton truc.

J’ai hoché la tête.

— Après je me dis qu’il devait savoir comment faire. C’était un chasseur, il était bien équipé, bien entraîné.

Quand j’étais petite, j’avais peur que le loup vienne me manger. Invariablement, ma mère me répétait N’aie pas peur, ton grand-père les as tous tués.

J’ai sorti de ma poche mon téléphone, j’ai fouillé dans mes dossiers. J’ai dit :

— C’est lui, là. Il venait d’être élu maire du Guilvinec. Il était plutôt beau, non ?

Nadia et Raph se sont jeté un regard que j’aurais pas dû voir, mais que j’ai vu quand même.

Quand je regarde les photos, je ne trouve pas qu’il ait franchement une tête de meurtrier.

— J’imagine les titres des journaux, ça devait être quelque chose, a lancé Christian sans se retourner, son grand corps regroupé tout autour du minuscule évier où fumait l’eau bouillante de la vaisselle.

Le bistrot était si petit que depuis le comptoir on voyait la cuisine. Presque on y était.

Parfois, une goutte d’eau rebondissait sur l’inox d’un faitout, d’une poêle ou d’une casserole comme sur la peau d’un tambour tendu, et nous éclaboussait. Elle était si chaude qu’elle pinçait la peau, une micro-brûlure. Christian plongeait ses bras nus dedans.

Des journaux. Il y en avait eu, forcément. J’ai pensé à Naéma. Ça faisait longtemps.

— J’avais une copine, au lycée. Elle aurait voulu qu’on aille voir aux archives, pour trouver des indices sur cette histoire. C’était pas une mauvaise idée. Je sais pas pourquoi on l’a pas fait.

« Découverte macabre ce matin au Guilvinec.

Un homme de cinquante-huit ans tue sa belle-mère et se suicide, Le Guilvinec endeuillé. »

On se demande toujours quel type de personne peut arriver à faire un truc pareil. À quoi les monstres ressemblent, quand ils naissent.

PARTIE I

ET BOUCHES COUSUES

— Mais comment tu sais que c’était dans le grenier ? On te l’a dit ?

On était au Petit Muret.

Devant nous, la mer. Sous nos culs, le sable. Dans nos dos, le Petit Muret et au-dessus, les villas des riches. Naéma disait Meuf, tu vois pas, un jour j’achète celle-là, je l’achète cash, meuf.

Celle-là, c’était celle de Didier Deschamps, qui faisait un peu californienne avec ses murs bas, ses toits plats et ses immenses baies qui réfléchissaient la mer. Naéma disait Meuf, je suis sûre que le mec il a une piscine intérieure.

Ici, on était assez fier que Didier Deschamps vienne en vacances sur notre côte. Ça faisait quelque chose de savoir que parmi tous les endroits cool que les riches pouvaient choisir, c’était là qu’il avait acheté une maison. On se sentait spécial. On voyait le même océan. On pouvait être comme lui.

— Oui, peut-être, certainement, j’avais répondu. On a dû me le dire, on me l’a dit j’en suis presque sûre.

Naéma s’était levée, et elle avait jeté un caillou dans la vague qui s’échouait là-bas. La marée montait. Notre petite plage allait bientôt être inondée.

— Parce que moi, tu vois, j’imagine tout de suite que ça se passait dans la cuisine. C’est central, une cuisine. Il ouvre la porte d’entrée, il a les clefs, il entre, son pas est connu, ton arrière-grand-mère s’affole pas, elle est dans la cuisine, elle est forcément dans la cuisine tu vois. Elle était où, dans sa maison, la cuisine ?

— La première porte à droite dans le couloir.

— Tu vois !

Naéma triomphait. Elle réfléchissait, elle marchait en cercle, shootait dans le sable et gesticulait avec ses bras.

— Elle était dans la cuisine, à faire ses trucs d’arrière-grand-mère, genre un lapin à la moutarde ou des tricots et lui il la trouve là, il la bute puis il se bute à son tour. Qu’est-ce qu’ils auraient été foutre dans le grenier en fin d’après-midi ?

— C’est vrai. J’ai peut-être inventé. J’arrive pas à me souvenir.

— T’as qu’à demander à ta mère. Elle doit le savoir où on les a retrouvés, c’est obligé.

— Ma mère ? Tu me vois demander ça à ma mère ?

— Putain, vous êtes graves dans votre famille.

— Ta gueule, j’ai répondu en lui souriant par-dessous.

J’avais pris sa main lourde ses ongles rongés je l’avais tirée à moi et elle s’était laissée tomber sur mon corps elle s’était emmêlée à mon corps et ça avait été tout, on avait autre chose à faire que de parler des gens crevés et de ma mère, … »

À propos de l’autrice

Anne-Fleur Multon © Photo Marie Rouge

Anne-Fleur Multon est née en 1993. Après des études de lettres à la Sorbonne et à l’ENS où elle travaille sur la littérature de jeunesse et le genre, elle décide de se consacrer pleinement à l’écriture. C’est pour elle autant une passion dévorante qu’un moyen d’aborder avec les ados les problématiques qui lui sont chères. Féministe convaincue, lesbienne, engagée dans la lutte pour les droits des personnes LGBT et bookworm assumée, ses romans sont à son image : vivants, ancrés dans leurs temps, et surtout, héroïquement adolescents. Elle est l’autrice de la série pour la jeunesse Allô Sorcières (2017-2018), chez Poulpe Fictions, illustrée par Diglee, et du thriller Young Adult C’est pas ma faute (2020), coécrit avec Samantha Bailly chez Pocket Jeunesse. Elle a aussi participé aux ouvrages collectifs La revanche des princesses (2019), Au cœur de la forêt (2019), chez Poulpe Fictions et Auzou et En quête d’un grand peut-être (2020). Avec Les Nuits bleues, elle a signé son entrée en littérature adulte. En 2026, elle publie Du côté des fantômes, son second roman,  (Source : Éditions de l’Observatoire / Agence Ariane Geffard)

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