Dans un restaurant très couru de Zurich, le député Isaak Kohler tire à bout portant sur un professeur d’université, Adolf Winter, sous les yeux de nombreux témoins. Condamné à vingt ans de prison, Kohler fait appel à un jeune avocat sans le sou, Spät, pour réexaminer son dossier qui semblait clair, à ceci près qu’il veut que Spät enquête en partant de l’hypothèse que le meurtre a été commis par quelqu’un d’autre !
Un début de scénario franchement emballant, l’assassin, le mort et le verdict connus dès les premières pages, un écrivain que je connaissais favorablement, tout ce qu’il faut pour me plaire. Sauf que là, j’en ai plus que bavé et si tout autre aurait abandonné, je suis du genre entêté quand je lis et je vais jusqu’au bout quoi qu’il m’en coûte.
La grande partie du roman provient du rapport consigné par l’avocat, les observations et les souvenirs d’un homme devenu carrément obsédé par cette affaire. Au fil de son enquête, il découvre une justice immorale et pervertie qui chamboule sa vision de la vie. Le roman explore ainsi les défaillances du système judiciaire et les ambiguïtés morales des personnages, particulièrement pour Spät qui finira par vouloir tuer pour rétablir ce qu’il croit être la vérité. Le ton du roman marie ironie et absurdité, un humour grinçant face à l’absurdité de certaines situations. Quant au fond, il s’agit d’une quête désespérée de vérité dans un monde où celle-ci est souvent inaccessible ou manipulée, posant la question : jusqu’où peut-on aller pour rétablir la vérité ?
Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas rien ! Le roman est certainement bon mais il me tombait des mains quasiment à chaque page, même si vers la fin ça s’arrange. Ce qui m’a le plus assommé, ce sont les digressions, les longueurs (« Ce n’est pas seulement mon récit qui s’embrouille, mon rôle aussi devient trouble »), les passages limite incompréhensibles.
C’est vraiment agaçant ces romans dont je devine qu’ils sont bons mais qui me sortent par les yeux ! Je me sens idiot et c’est une belle leçon d’humilité.