À l’adresse du bonheur – Lorraine Fouchet

Par Rowenabookine

Titre : À l’adresse du bonheur

Auteur : Lorraine Fouchet

Édition : Le Livre de Poche

Genre : Contemporain

Pages : 336

Parution : 1er mars 2023

En lisant le journal, le médecin Pierre Saint-Jarme constate que Ker Joie, la maison de famille vendue dix ans plus tôt, est de nouveau sur le marché.
Il se précipite pour la racheter. Trop tard. Alors, il la loue, le temps d’un week-end, pour réunir la tribu sur l’île de Groix et organiser l’anniversaire d’Adeline, sa mère. Mais Pierre n’est pas le seul à lire les journaux… Un accident survenu il y a trente-sept ans s’invite à la fête. Tandis qu’Adeline souffle ses quatre-vingts bougies et pioche des moments précieux dans le bocal à émotions, les fracas du passé tracent vers l’île.
Et si vous pouviez racheter votre maison d’enfance? Ce roman ravive les souvenirs, parle du serment d’Hippocrate, de rancune tenace, et surtout d’amour. Il appelle à éclairer la nuit pour ceux qu’on aime, et réveille le parfum des vacances et des recettes de grand-mère.

Je continue de profiter de l’été pour vider ma PAL. J’avais acheté celui-ci il y a quelques années au salon du livre de Vannes. Il était grand temps de le sortir. C’est mon troisième livre de l’autrice (avec plusieurs qui traînent encore dans ma PAL, car je vais la voir chaque année à Vannes, tellement j’aime échanger avec cette autrice).

J’ai adoré les deux premiers livres que j’ai lus, mais j’avoue avoir trouvé celui-ci un cran en dessous. C’est sûrement personnel, parce que les éléments qui m’ont un peu éloigné de l’histoire sont très personnels.

Moi aussi, je vais lâcher une bombe, et la déflagration s’entendra jusqu’à la pointe du Raz.

Déjà, Lorraine Fouchet a écrit ce livre en pleine période de Covid. En tant que médecin, elle a été en première ligne et elle a choisi d’en parler dans ce livre. Ce n’est pas une période que j’ai envie de retrouver dans un roman, je trouve ça plutôt oppressant, et ça, je n’ai pas aimé du tout. Surtout qu’elle aborde ce sujet en parlant surtout des difficultés des médecins, des commerçants… À part une petite histoire positive créée grâce au confinement, eh bien, ça m’a un peu freiné dans ma lecture.

La deuxième chose qui m’a freiné, c’est un des héros, celui que l’on voit en premier en plus, alors ça partait un peu mal. Pierre Saint-Jarme est, je trouve, détestable. Il est perclus de jalousie envers tout le monde, impose des choses à son fils majeur et ne se comporte pas super bien avec sa femme, je trouve. Je l’ai trouvé très hautain, rien d’appréciable dans ce personnage, même dans son passé d’adolescent, il était déjà insupportable.

Heureusement, la famille Saint-Jarme a des membres beaucoup plus attachants. Ceux que j’ai préférés sont ceux de la dernière génération, les petits-enfants d’Adeline. Noémie, Arthur et Martial cassent un peu la dynamique de la famille Saint-Jarme, ils sont rafraîchissants, je les ai adorés. J’ai surtout apprécié les pièces rapportées dans la génération des enfants, finalement. Clarisse, la femme de Pierre, est gentille, douce et bienveillante, elle m’a même fait un peu de peine, je dois dire. Et François, le mari de Servanne, est lui aussi gentil et bienveillant.

Groix de bois, Groix de fer, si je mens je vais sur la grande terre.

J’ai trouvé la famille Saint-Jarme assez particulière, Adeline la matriarche, paraît froide et a des préférences parmi ses enfants. Pourtant, sous ses airs de matriarche froide et dure, elle est très ouverte d’esprit pour ses 80 ans, et accepte les invités surprises à son anniversaire avec beaucoup de bienveillance. Elle défend aussi beaucoup ses petits-enfants et les pièces rapportées de ses enfants, parfois au détriment de ces derniers. Et ça, j’ai bien aimé, j’ai eu du mal à la cerner, et je l’ai finalement beaucoup appréciée.

J’ai adoré retourner à Groix, bien évidemment, c’est toujours un plaisir de retrouver Groix et la plume de l’autrice. Ici, nous sommes dans une maison familiale qui domine le port. D’en haut, on voit les bateaux arriver et repartir, les gens sur le port, les allées et venues. La maison est presque un personnage à part entière, j’ai beaucoup aimé. On emprunte les sentiers côtiers, les petites rues de Groix, on croise les Groisillons… Bref, il faut vraiment que j’aille découvrir cette île.

Une autre petite chose qui m’a gêné dans ma lecture, c’est l’histoire de vengeance, je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler, mais sans ça, j’aurais peut-être aimé davantage.

Nous lançons nos dés chaque jour sur la piste et regardons ce que la chance nous attribue. Certains ont des cornets en maroquinerie fine à leurs initiales, d’autres joueurs n’ont que leurs mains calleuses, mais au final nos dés s’immobilisent et nous sommes égaux devant la mort.

J’ai passé un très bon moment avec ce livre. C’est le troisième que je lis de cette autrice et j’avoue que, pour le moment, c’est celui que j’ai le moins aimé. On y parle de Covid (l’autrice l’ayant écrit à cette période, j’ai un peu de retard dans mes lectures de cette autrice). Du coup, ça m’a un peu refroidi, ce n’est pas quelque chose que j’aime retrouver dans mes lectures. J’ai aussi eu beaucoup de mal avec certains personnages, surtout Pierre, que j’ai détesté du début à la fin. Globalement, j’ai eu du mal avec la famille Saint-Jarme, sauf la dernière génération, ils cassent les codes et osent changer les choses. J’ai aussi aimé les pièces rapportées, bien plus que les enfants Saint-Jarme qui ont, je trouve, une mentalité pas très saine. J’ai aussi eu du mal avec la matriarche Adeline, mais j’ai changé d’avis au fil de ma lecture, elle est finalement très ouverte d’esprit et bienveillante derrière son masque de dureté. J’aurais aimé m’attacher plus aux personnages, mais je suis resté plutôt en surface malheureusement. Il y a aussi une histoire de vengeance, que je n’ai pas trop appréciée, ça casse le côté douceur et un peu feel-good de l’histoire, sans ça, ça aurait été mieux pour moi. J’ai bien sûr adoré retrouver Groix, son ambiance, ses habitants, les sentiers côtiers, les petites rues de l’île. La maison des Saint-Jarme a aussi une place importante dans l’histoire et ça, j’ai beaucoup apprécié. J’ai aussi adoré retrouver la plume de l’autrice, les sentiments qu’elle dégage, les beaux messages qu’elle fait passer et l’humour. La magie a un peu moins opéré avec ce livre qu’avec les autres, ça arrive. J’ai néanmoins passé un bon moment à Ker Joie au côté de la famille Saint-Jarme et de leurs secrets.