Green lantern blackest night : petite histoire moderne pour tout comprendre

Par Universcomics @Josemaniette

 Avec l'arrivée de la série Lanterns sur HBO, mais aussi la republication de la saga Blackest Night au format DC Paperback chez Urban, voici de quoi résumer l'ensemble de la mythologie moderne et comprendre les enjeux de "la nuit la plus noire", pour les novices (et pas que !). Il y a de cela des milliards d’années, les Gardiens de l’Univers, qui ont établi leur résidence principale sur la planète Oa ont créé une sorte de police intergalactique chargée de veiller sur l’ensemble du cosmos : le Corps des Green Lantern. Ses membres sont recrutés selon un critère essentiel : leur capacité à surmonter la peur, sous toutes ses formes. Ils sont également dotés d’un anneau vert capable de transformer leur volonté et leur imagination en constructions bien réelles. Une arme formidable, donc, à condition d’avoir suffisamment de volonté et un minimum d’imagination. Dans le cas contraire, on dispose tout de même d’un joli anneau lumineux à revendre sur Leboncoin ou les forums. Un Terrien reçoit l’un de ces anneaux : Hal Jordan. D’autres lui succéderont, parmi lesquels Guy Gardner, John Stewart et Kyle Rayner. Tous ont pour mission de protéger le secteur 2814, celui qui abrite notamment la Terre. Hal Jordan a été choisi par l’un des plus grands représentants du Corps, Abin Sur, qui s’est écrasé sur notre planète alors qu’il était mortellement blessé. Avant de rendre son dernier souffle, il a néanmoins eu le temps de transmettre son anneau et son héritage à son successeur. Sinestro, originaire de la planète Korugar, est alors considéré comme l’un des plus grands Green Lantern de l’univers. Il reçoit pour mission de devenir le mentor de Hal Jordan et de lui transmettre son expérience. Les deux hommes deviennent rapidement amis. Mais, comme souvent dans les grandes histoires d’amitié, il suffit d’un petit détail pour que tout parte en vrille : Sinestro est un dictateur. Il règne en effet d’une main de fer sur Korugar et utilise les pouvoirs du Corps pour maintenir sa population sous son joug. Les Gardiens finissent par découvrir la vérité et bannissent leur ancien champion. Sinestro n’apprécie évidemment que très moyennement la décision et entreprend de se venger. Il découvre alors le moyen de canaliser la lumière jaune, celle de la peur, et crée son propre Corps à partir des criminels et des êtres les plus terrifiants de l’univers. C’est le début de la Sinestro Corps War, l’un des grands affrontements fondateurs de la mythologie moderne de Green Lantern. La bataille est gigantesque et les pertes considérables : des centaines de Lanterns périssent. Mais Sinestro échoue finalement. Hal Jordan et les autres héros parviennent à le vaincre, tandis que l’Anti-Monitor, qui s’était allié à Sinestro, est projeté à travers l’espace par Superboy-Prime après avoir été grièvement blessé. Mais c'est loin d'être fini !

La victoire des Green Lanterns a un prix. Traumatisés par l’ampleur du conflit, les Gardiens d’Oa modifient le Livre d’Oa et autorisent désormais les membres du Corps à employer la force létale contre leurs ennemis lorsque la situation l’exige. Une petite révolution pour une organisation qui, jusque-là, avait fait de la maîtrise de soi l’un de ses principes fondamentaux. Et surtout, les Gardiens découvrent alors une prophétie beaucoup plus inquiétante : la Nuit la plus noire. Le spectre émotionnel, cette grande tapisserie sur laquelle repose toute la partition de la vie, commence à se fragmenter. À la lumière verte de la volonté et à la lumière jaune de la peur vont bientôt s’ajouter plusieurs autres couleurs et plusieurs autres émotions. Les Red Lanterns d’Atrocitus incarnent la rage. Larfleeze, seul représentant de la lumière orange, personnifie l’avarice. Les Blue Lanterns portent l’espoir. Les Zamarons développent leur propre Corps lié à l’amour, sous la bannière de Star Sapphire, ancienne compagne de Hal Jordan. Et, plus mystérieuse encore, la tribu Indigo canalise la compassion. Sept couleurs, sept émotions, sept factions dont les intérêts sont loin d’être toujours compatibles. La prophétie annonce qu’une guerre entre ces différents Corps finira par éclater. Une guerre de la lumière qui doit, à terme, conduire à quelque chose de bien plus terrible encore : The Blaaackest Night ! Pendant que les différentes factions commencent à se développer, les ténèbres, elles, préparent tranquillement leur entrée en scène. Sur une planète du secteur 666, le cadavre de l’Anti-Monitor est enfermé dans une gigantesque Batterie de Pouvoir noire. C’est là que Black Hand, l’un des ennemis historiques de Hal Jordan, va devenir l’instrument d’une force encore plus ancienne. Il est ressuscité (après un suicide) et transformé en premier grand héraut des Black Lanterns. La Mort elle-même semble désormais avoir trouvé sa couleur. Puis des anneaux noirs commencent à apparaître. Ils parcourent l’univers à la recherche de morts susceptibles d’être ramenés à la vie. Et c’est ici que l’idée de Geoff Johns devient particulièrement efficace : les Black Lanterns ne se contentent pas de ramener quelques cadavres anonymes. Ils ressuscitent ceux qui comptent. Les amis, les ennemis, les parents, les anciens compagnons d’armes, tous ces personnages disparus au fil des décennies de publications DC et dont la mort avait laissé une cicatrice chez les survivants. Autrement dit, l’ennemi ne se contente pas de venir vous tuer : il prend le visage de quelqu’un que vous aimiez. C’est toute la force de Blackest Night : derrière le gigantesque crossover cosmique, les armées multicolores et les explosions capables de faire trembler plusieurs galaxies, Geoff Johns construit une histoire sur le deuil, la mémoire et l’impossibilité de faire définitivement ses adieux. Les morts reviennent, mais ils ne reviennent pas vraiment. Ils sont vidés de ce qui faisait d’eux des êtres vivants et transformés en armes contre ceux qui les ont aimés. Et lorsque les héros de l’univers DC commencent à voir revenir leurs proches, leurs anciens partenaires et leurs ennemis jurés, une question se pose : comment affronter quelqu’un dont le visage est celui d’un être que l’on a passé sa vie à regretter ? La réponse, évidemment, implique beaucoup de coups de poing, quelques explosions cosmiques et une quantité assez déraisonnable d’anneaux lumineux. Côté dessin, c'est fabuleux, grandiose, soigné, épique, avec Ivan Reis en état de grâce, notamment. Si vous n'avez jamais lu ces épisodes qui figurent parmi les incontournables de l'histoire de DC Comics, filez chez Urban Comics, jetez-vous sur les DC Paperback déjà parus, consacrés au(x) Green Lantern(s) de Geoff Johns.


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