Titre : Les enracinés #1
Auteur : Claire Norton
Édition : Robert Laffont
Genre : Historique
Pages : 432
Parution : 13 août 2026
Été 1912.
Dans un champ de blé, une charrette bascule, une femme meurt.
Mais les larmes n’ont pas leur place dans ce monde paysan, où la vie tient au travail incessant des bras et des saisons : à dix-sept ans, Marie Guillou doit taire sa peine et assurer la suite de sa mère, apprendre à son tour le labeur des champs, conduire la demeure familiale. Au sein de ce modeste hameau où vit sa famille, les jeunes filles n’ont pas la possibilité de se plaindre, encore moins d’aimer ou de rêver.
Pourtant, Marie sent en elle le désir d’une autre vie. Attachée à sa terre, émancipée par les romans qu’elle découvre à l’insu de sa famille et secrètement amoureuse, elle avance, silencieuse et révoltée. La guerre qui approche, bouleversant un peu plus encore l’ordre établi, va l’amener à faire des choix qui vont changer son destin, et celui de son village.
Merci Robert Laffont
Dès l’annonce de ce livre, il me tardait de le lire, une histoire qui se passe dans la campagne bretonne dans les années 1912… C’était clairement pour moi.
Je m’attendais à être touchée par cette histoire qui s’annonçait très forte, j’en ressors complètement bouleversée…
Sois aussi solide que cette terre qui nous porte, mais garde toujours la tête haute et le cœur libre.
Dans cette histoire, nous sommes plongés dans la campagne bretonne au début du siècle. D’ailleurs, l’histoire commence par un drame, le décès de la maman de Marie, qui meurt lors d’un accident de moisson. Nous sommes directement plongés dans cette façon de vivre, dans la dureté. Personne ne doit montrer ses émotions, ses peines, ses douleurs. Le travail et la terre n’ont que faire des humeurs, il faut travailler, continuer, avancer.
Dans cette histoire, nous suivons plus particulièrement Marie, cette jeune femme qui doit prendre la place de sa mère, que ce soit dans les champs ou à la maison. Et Marie est incroyable, elle est forte, intelligente, courageuse, elle m’a énormément touchée. Elle va réussir à tout maintenir à flot, la maison, aidée de sa grand-mère, et les champs, même une fois que les hommes sont partis à la guerre. Elle m’a épatée, elle met beaucoup de choses en place pour s’en sortir, elle et tous ceux du village. D’ailleurs, tout le monde l’écoute et la respecte, elle, la p’tite Guillou, qui pourtant est l’une des plus jeunes du village. Marie est un peu différente des autres filles de son âge, elle est passionnée par la lecture, se perd dans les mots, c’est d’ailleurs ce qui la sauve après le décès de sa mère. Son cœur, lui, est partagé, il balance entre deux hommes, deux hommes complètement à l’opposé, deux hommes mobilisés qu’elle n’est pas sûre de voir revenir, mais elle tient, coûte que coûte.
Ce livre, c’est aussi un peu l’histoire de Théophile, le frère doux et rêveur de Marie. D’Ambrouise, le frère de sa meilleure amie, homme de la terre, sûr et toujours de bon conseil. De Louis, le fils du propriétaire des terres, homme de lettres, futur notaire, il n’est pas du même milieu que les autres, mais son cœur est pris par Marie.
C’est finalement ça qui m’a un peu surprise dans cette histoire, je pensais rester auprès de Marie, à Kerlozé pendant ma lecture. Mais ce n’est pas le cas, on suit aussi les hommes partis au front dans les tranchées. Ces passages m’ont vraiment bouleversé, ils sont très durs, il faut le savoir. Mais je trouve ça nécessaire, c’est aussi un devoir de mémoire de parler de la vie de ces poilus. On retrouve peu de livres sur la Première Guerre mondiale, du moins, j’en ai eu peu entre les mains.
Alors c’est ça la guerre ? Des hommes en rouge trop voyants, qui tombaient les uns après les autres sous des balles et des obus qu’on ne voyait même pas ? Des hommes sans haine, parfois faits de douceur et de rêves, dont la seule erreur était de se tenir debout, ici ?
Bien sûr, l’autrice parle également de la difficulté de ceux qui sont restés. Principalement les femmes, qui doivent maintenant tout porter à bout de bras, s’occuper des bêtes, des terres et de la maison. Il y a évidemment aussi les rationnements et les réquisitions d’animaux, de denrées et même d’argent. C’est la solidarité qui leur permet de tenir, l’entraide entre ces paysans des campagnes.
Ces récits m’ont touché personnellement, c’est mon histoire, l’histoire de mes ancêtres. Descendant de paysans bretons, j’ai entendu ces récits. Même si c’était davantage sur la Seconde Guerre mondiale, je retrouve beaucoup de points communs avec ce que ma grand-mère a vécu entre 1939 et 1945. En plus, l’histoire est implantée pas très loin de chez moi, alors, forcément, ça renforce encore l’immersion.
Je me suis attaché à chaque personnage, tant l’immersion est forte, j’avais l’impression d’être à leurs côtés, dans les champs, à marcher avec eux et à observer la terre, ou dans les tranchées aux côtés des hommes, dans la peur et le froid. Mon cœur s’est serré pour ces héros, tout ce qui leur arrive m’a touché, et j’ai eu la gorge nouée à plusieurs reprises. J’ai tout vécu à leurs côtés, les joies, les peines, la peur, l’espoir.
C’est un livre qui parle beaucoup d’injustices, entre les classes sociales et surtout les injustices de la guerre. Un sujet qui me touche encore une fois, qui me met hors de moi et qui a sans doute rendu ma lecture encore plus prenante.
La plume de l’autrice est magnifique, forte en émotions, des personnages si bien décrits que j’ai eu l’impression que c’étaient mes amis, ma famille. Elle décrit vraiment bien les coutumes et les façons de vivre de l’époque. Elle a réussi à me faire remonter le temps, une immersion totale pour moi. Le travail de recherche est incroyable, tout correspond vraiment à ce que j’ai entendu sur ma région dans ces années-là.
Dans chaque geste, chaque explication, il y avait quelque chose de plus qu’un simple savoir-faire : la transmission d’une histoire, d’une mémoire, d’un lien familial.
Il y a des livres qui vous marquent plus que d’autres, ce livre en fait partie. Je savais que j’allais aimer, une histoire sur la campagne bretonne au début du XXᵉ siècle, ça me parlait forcément. Mais je ne m’attendais pas à prendre une telle claque, à être autant bouleversée par cette histoire. Je me suis attachée à chaque personnage, ils m’ont tous touchée, bouleversés même. On suit particulièrement la jeune Marie qui se retrouve à devoir prendre la place de sa mère, décédée dans un accident de moisson. Marie est une jeune femme incroyable, forte, courageuse, battante, intelligente, elle porte tout à bout de bras et elle le fait incroyablement bien, attirant le respect des plus anciens. Mais nous suivons aussi son frère, Théophile, le frère de sa meilleure amie, Ambroise, et Louis, le fils du propriétaire des terres que sa famille cultive. On va d’ailleurs suivre ces hommes au cœur des tranchées pendant la Première Guerre mondiale. Moi qui pensais rester auprès de Marie à la campagne, je ne m’attendais pas à me retrouver au cœur des combats. C’est fort, c’est très dur (attention aux personnes sensibles) mais c’est un devoir de mémoire tellement nécessaire. Nous voyons aussi les conséquences de la guerre dans les campagnes, les rationnements, les réquisitions, l’absence des hommes pour les gros travaux. Bref, l’immersion est totale pour moi, autant au niveau historique qu’émotionnel. J’avais l’impression d’y être, de suivre les pas de ces héros tous aussi forts et courageux les uns que les autres. De toute façon, dans les campagnes à cette époque-là, on ne montrait pas ses émotions, on avançait, toujours droit devant. Ce sont des choses qui ont résonné en moi, dans les récits de ma grand-mère, même si pour elle, c’était la Seconde Guerre mondiale, j’y ai retrouvé beaucoup de choses. Ce qui m’a encore plus touchée, moi la petite fille de ses paysans bretons qui ont traversé bien des épreuves. Une lecture qui m’a touchée en plein cœur, qui a résonné en moi, je vais avoir du mal à m’en remettre et en même temps, il me tarde de lire la suite… Un livre qui restera gravé en moi pendant un bon moment, merci à l’autrice d’avoir abordé ces thèmes que j’ai rarement vus, avec, en plus, un travail documentaire incroyable.