Entre 1926 et 1938, l’écrivain fatigué des ambassades échange son costard de diplomate pour les fringues de l’écrivain voyageur. Méditerranée, mer des surprises, vient d’être réédité en poche. « Morand qui était avide d’avances faramineuses l’a écrit pour des raisons alimentaires et certains passages avaient déjà été publiés en 1933 dans Paysages méditerranéens. » Un recueil de récits de voyages idéal pour la période estivale…
Paul Morand nous offre un voyage littéraire autour de la Méditerranée, le plus souvent à bord d’un voilier, de Marseille à l’Egypte, en passant par la Corse (« Quand on a « trouvé » la Corse, on ne la quitte pas aisément »), Barcelone (« Je connais peu d’endroits aussi laids et aussi plaisants que Barcelone »), Cadix (« Ce n’est point par les terres andalouses mais par la mer qu’il faut aborder Cadix, ville aquatique… »), Tanger et Alger qu’il ne prisent guère (« Le seul endroit où je sois heureux dans cette ville [Alger] que je ne goûte pas, c’est au port, dans un de ces restaurants à poissons… »), Naples, Chio l’île aride, le Mont Athos, Beyrouth…
En quelques lignes ou phrases toujours fort bien écrites, l’écrivain vous torche un portrait des lieux, c’est cultivé et il y a parfois du Patrick Leigh Fermor, ou bien du lyrisme, mais c’est aussi sans avoir sa langue dans sa poche car il sait être cassant. Certaines remarques font sourire, lues aujourd’hui « c’est le seul endroit du monde [le mont Athos] entier où je n’ai pas entendu parler de la crise ».