Éditions Verticales – 2026
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« L’hiver n’est-il pas fait pour espérer que le printemps revienne ? » Un être littéralement à fleur de peau. Garçon ou fille ? Le mystère reste entier, lui-même ne le sait pas – iel est une fleur. Un être à fleur de peau qui a une mère hélichryse et un père homme-de-la-maison. À douze ans, des plantes lui poussent derrière les genoux. Les fleurs sauvages et les herbes folles colonisent son corps. L’enfant qui porte le nom du jasmin apprend tout sur les arbres, la sexualité des fleurs et des végétaux avec Albane, la fille de la bibliothécaire du bibliobus ; ensemble iels voyagent dans les livres de botanique. Iel marche pieds nus pour sentir la peau de la terre sous sa voûte plantaire, iel sème des fleurs et des plantes sur son passage.
« Pour écrire comme ça me pousse, écrire les démangeaisons et puis comme ça me vient de sous la peau, comme ça me transperce, comme ça me vient des profondeurs, de la plante des pieds, comme ça surgit à la surface, jaillit dans une secousse et cherche la lumière. La lumière là-haut. Et dans le même temps désire aussi l’obscurité humide des profondeurs, en bas. Écrire une histoire d’humus, de sève et d’eau, et de soleil. Ma peau. »
Une vie de jasmin est une vraie déflagration poétique et végétale. L’écriture est chatoyante & sonore. En une succession de courts chapitres, l’auteur déroule le fil d’une fable végétale engagée à la beauté dingue ; ils nous invite à interroger les marges, l’identité, le corps et ses métamorphoses, mais pas seulement ; il y est question de différence & de mauvaises herbes – invitation florale à révolutionner notre regard.
« Tu avais le parfum puissant d’un jardin
Et l’odeur de la vie
Des fruits, de la terre, du foutre, des fleurs »