Un narrateur, au bord de la folie et sous l’emprise de la morphine, rédige les souvenirs de son aventure cauchemardesque avant peut-être d’en finir avec la vie.
Durant la Première guerre mondiale, à bord d’un navire marchand voguant sur le Pacifique arraisonné et fait prisonnier par les Allemands, notre héros réussit à s’échapper à bord d’un barque. Un matin au réveil, il constate que son embarcation s’est échouée sur une gigantesque plaque de boue, une île inconnue émergée des profondeurs de l’océan. Sur cette île, il trouve un monolithe couvert d’inscriptions indéchiffrables et une créature difforme, mi-poisson mi-humaine, qui semble vénérer une entité nommée Dagon. Le narrateur comprend qu’il a découvert les restes d’une race préhumaine et que cette race est en train de renaître. Terrifié, il s’enfuit quand l’île sombre à nouveau sous les flots. De retour à la civilisation, il sombre dans la folie et la paranoïa, hanté par la peur que ces créatures ne reviennent un jour dominer le monde.
Le texte est trop court pour qu’on frissonne réellement et n’a valeur que de clef pour entrer dans l’œuvre de l’écrivain puisqu’on y trouve les bases de tous les prochains romans de Lovecraft : Un narrateur devenant fou après avoir été confronté à des évènements ou des visions extra-humaines, certaines vérités étant trop terrifiantes pour être comprises ou acceptées par l’esprit humain. En découvrant les traces d’une civilisation antérieure à la nôtre, l’idée que l’on se fait de l’Homme est modifiée, sa supposée grandeur rabaissée. L’horreur résidant dans la découverte que cette ancienne civilisation, portée par des Dieux maléfiques, menacerait de revenir parmi nous pour reprendre le pouvoir quand son heure viendra, réduisant les hommes à des créatures hybrides, mi-poissons, mi-humaines, soit une régression vers un état primitif ou monstrueux.