Madjid Müller, le narrateur, tueur à gages de son métier, accepte avec réticence un nouveau contrat car il comporte une clause inhabituelle, exécuter Robert Cuenot un pédophile, sous les yeux de celui qui fut sa victime quand il était enfant, Damien Battant, professeur de science politique. Outre le fait que le pédophile est aujourd’hui un vieil homme à moitié gaga en EHPAD, le client se chargera lui-même de lui couper la bite avant que Madjid ne le supprime ! C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup : on va rigoler.
Maintenant que vous avez la tonalité générale de ce polar bien barré, si le contrat paraît assez aisé à Madjid, tout va se compliquer au fil des pages et, juste pour vous donner un léger aperçu des nombreux rebondissements du scénario, d’emblée, alors que Damien s’apprête à faire ce qu’il s’était promis d’accomplir, c’est Robert le petit vieux qui le tue par inadvertance ! Et Madjid de se retrouver avec un cadavre imprévu sur un bras et un vieux qui perd les pédale sur l’autre… C’est le début d’une série de rebondissements déjantés, mêlant humour noir et situations absurdes.
Le roman est très bien écrit, des phrases courtes et incisives, des remarques tranchées (« Nous nous sommes tant extasiés devant Bocuse ! Un prétentieux imbu de lui-même, comme beaucoup de grands chefs cuisiniers ») et des punch lines (« N’oublions jamais que dans trotskiste il y a kyste, à savoir une poche fermée remplie de matière semi-solide »), des réflexions sur Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon, le roman file à belle allure et peut s’avaler cul sec !