La ménagerie de papier – Ken Liu [30-30]

Par Albertebly
Aujourd’hui on parle SF avec un recueil de nouvelles dont j’ai rarement lu autre chose que des chroniques dithyrambiques, à savoir : La ménagerie de papier de Ken Liu !

J’écris encore une fois cet article dans le cadre de mon challenge 30 livres pour mes 30 ans. Si vous souhaitez découvrir le but de ce petit challenge que je me suis fixé et mes autres lectures faites dans ce cadre, je vous invite à suivre ce lien !

La ménagerie de papier, ça parle de quoi ?

Serait-il possible de décrypter les algorithmes de l’amour? Peut-être les tentaculaires compagnies de l’Internet y parviendront-elles un jour? Elles sauraient, alors, dire si deux personnes sont vraiment faites pour être ensemble. Et si l’immortalité nous était offerte, quelle trajectoire serions-nous amenés à suivre? Sans doute la route vers les étoiles s’ouvrirait-elle à nous? D’immenses vaisseaux se dirigeraient vers 61 Virginis pour y trouver… quoi? Mais les plus beaux des voyages sont peut-être ceux que l’on fait grâce à la mémoire, à l’aide de jouets nés des mains et de l’amour d’une mère : une merveilleuse ménagerie de papier.

Ce recueil de dix-neuf nouvelles, récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire en 2016, révèle le talent d’un auteur avec lequel il faudra compter à l’avenir. Abordant indifféremment la science-fiction ou la fantasy, Ken Liu a réussi un triplé historique pour le texte qui donne son titre au recueil : prix Hugo, prix Nebula et World Fantasy Award.

Un recueil de nouvelles qualitatif…

Alors, commençons par dire les faits, j’ai trouvé que La ménagerie de papier était, dans l’ensemble, un recueil de nouvelles qualitatif. Ken Liu y explore divers sous-genres de la science-fiction mais s’aventure aussi parfois sur le terrain du polar. De l’anticipation à l’exploration spatiale en passant par une sf qui touche presque au réalisme magique, ce recueil brasse large et il devrait y en avoir pour tous les goûts ! Comme c’était le cas pour L’homme qui mit fin à l’histoire, les thèmes de la mémoire, de l’histoire et de la mémoire collective reviennent régulièrement. Au-delà de ça, les thèmes abordés sont des thèmes assez classiques de la SF, de l’emprise des algorithmes sur nos vies à l’immortalité en passant par le thème de l’altérité…

En ce sens, j’ai trouvé ce recueil assez typique et peu surprenant dans ce qu’il propose. D’une part car j’ai trouvé la chute de certaines nouvelles assez prévisibles quand on côtoie un tout petit peu la SF (je ne suis pas du tout du tout spécialiste, je précise). D’autre part, La ménagerie de papier souffre du syndrome du recueil de nouvelles typique.

… Mais typique

J’avais beaucoup vu passer des avis de personnes dont La ménagerie de papier est le recueil de nouvelles favori. Un recueil, nous disait-on, qui échapperait au fameux défaut des recueils de nouvelles, à savoir l’inégalité des récits. J’ai, au contraire, trouvé que La ménagerie de papier s’inscrivait tout à fait dans ce schéma avec de bonnes nouvelles, des excellentes et des tout à fait oubliables. Je pense également avoir trop tardé à lire ce recueil, dont j’imagine bien que certaines histoires pouvaient être révolutionnaires il y a 10 ans mais qui aujourd’hui sont beaucoup moins surprenantes et originales.

A contrario, si vous deviez lire ce recueil pour une et une seule nouvelle, ce serait, évidemment, la nouvelle éponyme La ménagerie de papier. Probablement parce que les thèmes qui y sont abordés sont plus personnels à l’auteur, cette nouvelle m’a semblé plus incarnée, m’a totalement emportée et détruite. J’ai pleuré et il faut le dire, c’était magnifique.

Enfin, pour vous donner une idée de mon appréciation du recueil, je me suis dit qu’il serait plus visuel de vous proposer une tier list. Je ne vais pas rentrer dans le détail de chaque nouvelle, ça n’aurait aucun intérêt et ce serait vous divulgâcher des histoires qui sont trop courtes pour être racontées… Je ne pense pas que la tier list vous avancera beaucoup si vous n’avez pas lu le recueil, bien qu’elle montre bien que c’est un recueil typique avec du bon et du moins bon, mais je me dis que si vous l’avez lu, ça peut vous intéresser de comparer nos avis, nouvelles par nouvelles ! Enfin bref, voilà mon classement personnel ! :

Voilà, c’en est tout pour aujourd’hui, recueil de nouvelles oblige, je ne vais pas rentrer dans le détail de chaque texte pour ne pas trop vous en dévoiler. La ménagerie de papier aura été, dans l’ensemble, une bonne lecture mais pas le coup de cœur attendu. Je pense vraiment que le timing n’était pas bon et que j’aurais beaucoup apprécié ce recueil plus tôt dans ma vie de lectrice. Aussi, je me dis qu’il peut être une bonne porte d’entrée vers le genre de la science-fiction si c’est un genre auquel vous aimeriez vous initier ! Grand.es amateur.ices de SF, je ne vous conseillerai pas de passer votre chemin non plus parce que ça reste plaisant et bien foutu. Je pense que vous prendrez plaisir à lire ce recueil, bien qu’il ne révolutionnera pas, je pense, votre façon d’envisager le genre !


Sur ce, on vous dit à la prochaine pour une nouvelle chronique de notre challenge 30 livres pour nos 30 ans. On s’attaquera cette fois-ci au plus gros livre de la liste, à savoir Brothers de Yu Hua… Souhaitez-nous bonne chance, on parle quand même de plus de 900 pages !

Amicalement vôtre,
Votre bonne vieille Tata Alberte