James propose une épopée de la survie et de la liberté, une quête pour Jim semée d'embûches et de personnages plus ou moins recommandables, une quête en compagnie d'un garçon Huck bien décidé d'accompagner son ami à réaliser son dessein, une quête dans laquelle le fleuve Mississipi jouera des tours à nos deux héros.
Percival Everett a respecté la trame du feuilleton proposée par Mark Twain : les scènes se succèdent avec un rythme haletant, sans transitions, une ambiance sombre et pesante, mêlée d'espoir et de voyages, de rencontres chantées et rarement enchantées, de solidarité aussi. Au-delà du scénario béton, le romancier mêle la forme et le fond : le langage oral et écrit comme forme d'émancipation, un radeau comme barque de fortune, le racisme qui se mesure par des punitions/sévices/crimes/outrages/gommages de peau, les absences et les retours, les intrusions philosophiques et oniriques, la colère de tout bousculer et le salut.
Restent un crayon comme trophée de l'indicible, un feu salvateur et vengeur, une amitié sincère malgré les petits secrets.
Dans James, Percival Everett a honoré l'âme de Jim : il était temps !
Éditions de l'Olivier
Traduction d'Anne-Laure Tissut J'ai lu James grâce à une LC prévue par Enna et Isabelle qui ont elles assure la publication dans les temps impartis. Merci Enna pour cette proposition qui a bien motivé mon envie de découvrir ce livre primé et qui le mérite.